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LES ARTISTES
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Alec Aliknak Banksland
Photo : Arts & Culture of the North.
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ALEC ALIKNAK BANKSLAND 1928-1998
Les préparatifs pour la pêche
Deux aigles
Alec Aliknak Banksland est né sur lÎle Baillie, près de Tuktoyaktuk. Il est le fils de Natkutsiak (Billy Banksland) et Topsy Ekiona. Sa soeur est lartiste Agnes Nanogak Goose (1925-2001). Durant sa jeunesse, sa famille a migré entre lÎle Baillie et lÎle Banks. Ils ont déménagé dans la région dHolman vers 1934. Ils faisaient partie des premières familles à sy installer. Il épousa Elizabeth Putuitok, une femme de la région. Ils eurent huit enfants. Putuitok apprit langlais au cours des cinq années quelle passa à lhôpital Charles Camsell à Edmonton, où elle était soignée pour sa tuberculose. Durant les années 50, ses talents de traductrice lui ont permis daider Aliknak à vendre ses sculptures aux visiteurs.
Les dessins dAlec Aliknak sont des interprétations méticuleusement détailées de la vie traditionnelle, et ses dessins au feutre sont entièrement colorés à la manière dun peintre. Il travaillait à la maison et ne sintéressait pas aux aspects techniques de la gravure de reproduction.
Daprès une entrevue avec la femme dAliknak, Elizabeth Banksland, faite par Darlene Coward Wight, à Holman, le 12 mai 2000.
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HARRY EGOTAK né en 1925
Deux hommes chassant un ours
Harry Egotak est né alors que sa famille vivait sur lîle Banks. Sa mère est lartiste Flossie Papidluk (1904-1994), son père le premier mari de celle-ci, Akoakhion. Les plus anciens souvenirs dEgotak sont de la région de lÎle Read alors que son père était toujours vivant. Ses parents voyageaient et campaient à différents endroits, se joignant à dautres groupes durant une année ou deux pour ensuite repartir de leur côté. La femme d Egotak est originaire dune petite île près de Berkeley Point. Ils se sont mariés en 1950, alors quils vivaient près de linlet Minto. Ils déménagèrent à Berkeley Point en 1953 et plus tard à Holman, ayant entendu parler du village frontalier et des nombreux Inuit qui sy installaient.
Egotak faisait partie de ce petit groupe de cinq artistes à faire des gravures au début des années 60. Il se souvient de lesprit dinitative du groupe comment ils se contentaient de ce quils avaient en labsence doutils professionnels dartistes graveurs. Ils commencèrent leurs expériences en gravure de reproduction dans un petit édifice derrière le magasin de la Co-op. Ils avaient remarqué que les peaux séchées des pochoirs en peau de phoque étaient plutôt rigides. Ils décidèrent donc denlever la fourrure et la graisse pour les assouplir. Ils découpèrent les images avec des lames de rasoir et utilisèrent des brosses à dents et des blaireaux pour appliquer lencre. Les bouts des blaireaux, trop doux pour la technique du pochoir, étaient coupés pour en rendre les extrémités plus rigides.
La première gravure dEgotak, Deux hommes chassant un ours, a été réalisée en mai 1962. On la voit avec son pochoir en peau de phoque. Les anciens graveurs shabituèrent à lutilisation de leurs pinceaux sur des petits bouts de papier. Quand ils ont débuté, il y avait peu de choix dans les couleurs dencre noir, bleu et blanc, et les images étaient imprimées en une seule couleur.
En 1964, le groupe commença à travailler avec de la pierre taillée. Ils utilisaient du calcaire venant de la carrière de linlet Minto.
Egotak a continué avec la Co-op, devenant son graveur dart le plus productif, jusquà sa retraite en 1987. Au fil des années il a reproduit des dessins pour tous les artistes dHolman : 172 gravures cataloguées et 17 non-cataloguées de 1964 à 1987, dont seulement trois furent des dessins de sa propre main.
Daprès une entrevue avec Harry Egotak faite par Darlene Coward Wight, à Holman, le 9 mai 2000.
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VICTOR EKOOTAK 1916-1965
En travaillant les peaux
La pêche en rivière
Victor Ekootak était un membre fondateur de la Holman Co-operative et un des premiers artistes à réaliser des dessins et gravures au début des années 60. Il était connu pour ses talents de dessinateur et il a créé pour la mission catholique une série de dessins sur du linoléum dépeignant les événements de la crucifixion du Christ. Les séries sont toujours aux murs de la Chapelle-musée dHolman. Les collections annuelles de 1965 et de 1966 comprennent douze gravures de Ekootak. Quatre de ses dessins furent imprimés quelques années plus tard. Sculpteur talentueux, il consacra ces talents à la gravure de la pierre en 1964. Sa mort soudaine, en 1965, fut un grand choc pour le Père Tardy et les autres pionniers de la gravure. Tardy écrira plus tard : « Avec la mort dEkootak, nous avons perdu le chef de nos artisans. » (Inuktitut, 1979)
Ekootak est né dans la région du Détroit du Prince Albert. Il épousa Nereonak qui devint très réputée pour ses tapisseries en peau de phoque. Ils passèrent beaucoup de leur temps dans la région de Read Island, au sud de la Péninsule Wollaston. Quand Ekootak se mit à travailler pour la Co-op en 1961, il faisait la navette entre Read Island et Holman. Quand le poste de Read Island fut relocalisé à Holman en 1962, la famille déménagea dans la communauté à bord du bateau de la Compagnie de la Baie dHudson.
Ekootak est le patriarche dune famille dartistes. Son beau-fils, Patrick Akovak Klengenberg (1944-1976), est un sculpteur, artiste et graveur dart; sa fille, Elsie Klengenberg, est une des principales artistes au pochoir à Holman. Les petits-enfants dEkootak, Helen et Stanley Klengenberg (1964-1999), sont bien connus pour leurs gravures et dessins.
Daprès une entrevue avec la fille dEkootak, Elsie Klengenberg, faite par Darlene Coward Wight, à Holman, le 9 mai 2000.
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Julia Manoyok Ekpakohak
Photo : Darlene Coward Wight. |
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JULIA MANOYOK EKPAKOHAK née en 1968
Enfants s'amusant à la garderie
Grand frère tirant sa soeur sur sa bicyclette
Pendant son enfance, Julia Manoyok Ekpakohak apprend à dessiner en écoutant sa grand-mère, Helen Kalvak. lune des artistes les plus connues de Holman. En soirée, sa grand-mère lui raconte des histoires et lui demande de faire des dessins sur papier. Julia se souvient que sa grand-mère lavait toujours encouragée à développer ses compétences artistiques comme moyen de gagner sa vie. « Elle me disait que si je me retrouvais un jour sans emploi et que je ne pouvais pas trouver les moyens de soutenir ma famille, je pourrais toujours vivre de mes dessins ».
Ayant appris à dessiner à lâge de huit ans, Julia se lance dans le domaine de la gravure en 1999. Elle apprend dabord les techniques du pochoir, mais elle se concentre actuellement sur la gravure sans acide. Julia préfère la gravure à cause de sa ressemblance au dessin. En plus dillustrer les histoires de son passé, les dessins et les gravures de Julia présentent souvent des images de la vie contemporaine à Holman, notamment des enfants qui samusent.
Julia enseigne actuellement le dessin à ses propres enfants et les encourage à poursuivre leurs efforts.
Daprès une entrevue avec Julia Manoyok Ekpakohak faite par Darlene Coward Wight, à Holman, le 8 mai 2000.
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MARK EMERAK 1901-1983
Chasse hivernale et estivale (Ukiomilo Aoyamilo Angoniaktut)
Le chaman cherche une réponse (Kilayok)
Le grand tourbillon deau (Kalaniyaatok)
Jeux dargent
Mark Emerak était déjà âgé quand il commença le dessin en 1966. Contrairement aux femmes qui avaient lhabitude de concevoir des patrons pour la confection des vêtements de peau, le fait de coucher ses idées sur papier était tout nouveau pour cet homme qui avait passé sa vie dans les terres, à chasser et à pêcher.
Des 900 dessins réalisés par Emerak de 1966 à 1983, 41 ont été traduits en pierre gravée, pochoir, ou lithographie. Emerak na jamais fait dimpression; son travail a été traduit en gravures par dautres. La transformation de ses uvres en gravures fut dailleurs réalisée pour le portefolio commémoratif de 1987 quatre ans après sa mort.
Emerak a vécu sa jeunesse dans la région de la Baie de Cambridge, sur la côte au sud-est de lÎle Victoria. Sa famille déménagea ensuite dans la région de linlet Minto, la chasse y étant meilleure. Après seulement une année de mariage, Emerak perdit son épouse pour un autre homme, lors dune épreuve de force, ce qui était, dans une certaine mesure, commun parmi les Inuits du Cuivre. Plusieurs graveurs illustrent les concours et véritables batailles qui déterminaient à l'occasion les mariages (Dispute pour une femme). Un peu plus tard, Emerak épousa Udyok, avec qui il eut dix enfants. Quand Udyok tomba malade au début des années 50, la famille déménagea à Holman et ils restèrent avec leur peuple après sa mort.
Limagerie de Emerak est un riche témoignage de sa vie sur la terre ferme. Même après linstallation de la famille à Holman, il a continué de chasser et de pêcher. Sa fille, Mary Uyaraktek, se rappelle que jusquen 1983, il restait seul à son campement près dun lac pendant de longs mois. Les dessins dEmerak représentent les changements de saisons et leurs influences sur le style de vie des nomades, et les habitudes traditionnelles de jeu et de travail. Les représentations des gens en groupes reflètent laspect communautaire de ce mode de vie. Le penchant dEmerak pour les compositions denses rend plus intenses les nombreux rites et tabous qui régissent la vie inuit sur la terre ferme. Il était particulièrement intéressé par les activités chamaniques comme linvocation. On le voit bien dans la gravure Chaman recherche une réponse (Kilayok).
Daprès une entrevue avec la fille dEmerak, Mary Uyaraktek, faite par Darlene Coward Wight, à Holman, en novembre 2000.
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Agnes Nanogak Goose
Image vidéo : Alex Poruchnyk.
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AGNES NANOGAK GOOSE 1925-2001
Dessin de grand format
Le jalon du Nord
Un vrai rêve (Hinnaktoktok)
Le garçon aveugle
La communauté de Holman fut particulièrement attristée par la perte, en mai 2001, de lune de ses plus éminentes artistes, Agnes Nanogak Goose. Agnes Nanogak Goose a été lune des artistes les plus connues à Holman. Elle y est un pilier dans le domaine de la gravure. Depuis 1967, moment où ses premières gravures ont été publiées, un total de 159 de ses dessins ont été traduits en gravures. Mieux connue des collectionneurs du Sud sous le nom inuit Nanogak, elle a aussi signé certaines de ses uvres du nom de famille de son dernier mari Wallace Goose. Durant les années 60, son fils, Billy Goose, utilisait le sceau distinctif dune oie pour marquer ses gravures et dessins pour la Co-op. Le fils de Billy Goose, Rex Goose, est un sculpteur et artiste graphique talentueux.
Les racines de Nanogak sont dans lArctique occidentale. Son père, Natkutsiak (Billy Banksland) venait de Nome, en Alaska et sa mère, Topsy Ekiona, a grandi dans la région du Delta du Mackenzie, près de Tuktoyaktuk. Son père travaillait comme pêcheur au harpon sur les baleiniers, et a navigué avec lexplorateur, Viljáhimir Stefánsson, alors que celui-ci tentait de découvrir le Passage du « Nord-Ouest » par louest. Natkutsiak et Ekiona se sont mariés et ont voyagé de lÎle Baillie dans la région de Tuktoyaktuk à lÎle Banks où il y avait un poste de traite grâce auquel ils ont gagné leur vie en faisant du trappage et des échanges.
Nanogak et son frère, Alec Aliknak Banksland, sont nés sur lÎle Baillie. La famille sinstalla à Sachs Harbour sur lÎle Banks, et en 1934, aménagea sur le site actuel dHolman dans la Baie Queen. Nanogak avait alors dix ans. Aucune autre famille ny vivait à ce moment-là. Tous les autres campaient à linlet Minto ou à Walker Bay. Nanogak se rappelle à quel point tout était différent, particulièrement le dialecte et lhabillement. Cétait une bonne zone pour la chasse aux phoques et la famille y est demeurée. La mère et le père de Nanogak sont décédés respectivement en 1943 et en 1949. En 1947, elle épousa Wallace Goose qui venait des régions de Tuktoyaktuk et Kugluktuk (Coppermine).
Le père de Nanogak dessinait quand elle était jeune, stimulant ainsi lintérêt pour les arts chez Nanogak et son frère, Aliknak. Intriguée par les dessins et gravures du début des années 60, Nanogak décida dessayer le dessin. Le Père Tardy rit quand il vit ses premiers croquis en 1964. Il lui dit que quelque chose manquait et il lencouragea à rapporter le dessin à la maison pour le terminer. Nanogak se rappelle quil ne voulait pas lui dire ce qui clochait. Un nouveau dessin dun visage humain souriant fut réalisé et montré à Tardy. Cette fois-ci, il sen déclara satisfait. Nanogak saperçut alors quelle avait oublié de dessiner les pupilles dans les yeux des visages précédents, comme sils avaient été aveugles. Tardy lui procura beaucoup de soutien, lui soulignant que ces descriptions fondées sur les histoires de sa jeunesse étaient riches et puissantes en expressions.
Les histoires et chansons pour les danses du tambour que Nanogak a apprises quand elle était enfant demeuraient ses thèmes préférés. Avec Jimmy et Nora Memorana, elle a enseigné ces chansons originaires du Delta du Mackenzie aux jeunes gens de la communauté. Encore aujourdhui, jeunes et adultes exécutent ces chansons de « style Western » et dansent au tambour lors des bals bihebdomadaires qui ont lieu au centre communautaire.
Les plus anciens dessins de Nanogak ont été faits au crayon à mine, mais quand les feutres sont devenus disponibles vers 1970, elle a pris plaisir à réaliser des uvres très colorées. Elle na dabord utilisé la couleur que comme élément de guidage pour les graveurs avant den faire bien vite une partie intégrante de ses dessins.
Nanogak est consciente du fait que ses images ont la capacité de raconter des histoires, et ça la frustre lorsqu'en 2001, l'atelier cesse d'offrir des services de gravure en raison de difficultés financières. Atteinte d'un cancer du poumon vers la fin de l'an 2000, elle ressent le besoin urgent de continuer son uvre, qui, selon elle « nous rappelle les histoires du passé ».
Une exposition des dessins dAgnes Nanogak Goose sera présentée au Musée des beaux-arts de Winnipeg à compter du 5 décembre 2002. Cette exposition comprendra une vidéo ainsi quun catalogue illustré.
Agnes Nanogak Goose a été interviewée par la conservatrice Darlene Coward Wight en novembre 2000.
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REX KANGOAK GOOSE né en 1965
Le hissage des baleines
Rex Goose est bien connu en tant que sculpteur, mais il est aussi actif dans le domaine des arts graphiques à Holman depuis 1978. Il vient dune famille dartistes. Son père, Bill Goose (1943-1989) dessinait et faisait des gravures au début des années 60, et sa grand-mère est la célèbre artiste Agnes Nanogak Goose (1925-2001). Enfant, il raconte avoir été « subjugué » par tous ces gens créatifs autour de lui. Son ambition était de devenir un artiste lui aussi. Ses dessins font lobjet de reproductions pour les collections annuelles depuis 1982.
Goose se spécialise dans les sculptures miniatures. Il les réalise dans de livoire, des ramures, de los de baleine, et plus récemment, dans de lalbâtre blanc, découvert à 100 kilomètres dHolman en 1997. Deux expositions consacrées à ses sculptures ont eu lieu à la galerie « Northern Images » à Yellowknife en 1994 et en 1996.
Daprès une entrevue avec Rex Kangoak Goose faite par Darlene Coward Wight, à Holman, en mai 2000.
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William Kagyut
Photo : Darlene Coward Wight.
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WILLIAM KAGYUT né en 1919*
Lours et la chasseresse
William Kagyut a fait des gravures et des dessins au début des années 60. Son intérêt pour la sculpture est né au cours des dernières années de ses dix ans (de 1953 à 1963) dhospitalisation à Edmonton. Une chanson de Kagyut, racontant sa maladie, est chantée et jouée régulièrement par le groupe de danse du tambour « Central-style » dHolman. La chanson lui vint en rêve alors quil était à lhôpital. Il a rêvé dun ancien qui lui dit quil allait guérir sil apprenait une chanson. Lancien la lui chanta trois fois et lui dit que lorsquil se réveillerait, il devrait chanter cette chanson pour être guéri. La chanson débute ainsi : « Je suis tellement content! Je guéris enfin de ma maladie. Jai été malade pendant bien des années. Je pourrai enfin rentrer à la maison. » Il se sentit beaucoup mieux après avoir chanté la chanson.1,2
Kagyut a utilisé ses talents de sculpteur à produire des pierres taillées pour la Co-op de 1964 à 1968. Il a aussi fait des dessins durant cette même période; quatre dentre eux ont été utilisés pour créer des gravures pour la première collection en 1965. Les dessins de Kagyut ont été utilisés pour en faire des gravures jusquen 1987.
Daprès une entrevue avec William Kagyut faite par Darlene Coward Wight, à Holman, en mai 2000.
* La date de naissance qui est sur le certificat de naissance de Kagyut est 1922, ce qui est faux.
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Helen Kalvak
Photo : Bernadette Driscoll Engelstad. |
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HELEN KALVAK 1901-1984
Sans titre (Deux personnes dansant)
Tir des canards
Pêche sous-marine
Ne faites pas tant de bruit
Jeu dans la maison de neige
Sa participation remontant jusquen 1961, Helen Kalvak est lune des membres fondateurs de la Holman Eskimo Co-operative. Elle dessinait jusquen 1978 quand la maladie de Parkinson la privée de lutilisation de ses mains. Entre 1965 et 1985, des gravures ont été faites à partir de ses dessins en vue de la collection annuelle. Un portefolio commémoratif de six gravures a été publié en 1987.1 En tout, 176 gravures de Kalvak ont été publiées; pour ce qui est de la quantité duvres publiées, elle devance tous les artistes dHolman. En 1975, Kalvak sest vue honorée par une admission à la RCA (Royal Canadian Academy of Arts/ LAcadémie Royale Canadienne des Arts). En 1978, elle a été faite Membre de lOrdre du Canada.
Kalvak est née à Tahiryuak Lake dans l'Île Victoria. Elle est la fille de Halukhit et dEnataomik, respectivement son père et sa mère. La famille a vécu dans la région du Détroit du Prince Albert avant de cheminer au nord à destination de linlet Minto pour y passer un an ou deux avec des familles locales. En hiver, ils habitaient dans des igloos sur la glace marine et chassaient des phoques grâce aux trous daération. En été, ils chassaient des caribous et pêchaient dans des lacs et rivières.
Le père de Kalvak était un angakuq reconnu; il a enseigné à sa fille une bonne partie de la sagesse et des facultés particulières des angakuq. Elle a appris en quoi le angakuq a des pouvoirs sur les animaux et comment ceux-ci finissent par devenir ses auxiliaires. 2 Les dessins de Kalvak sont inspirés par les histoires que ses parents lui racontaient. Les références aux compétences particulières pour la transformation des angakuqs et aux aides animaux sont à relever. Même si sa fille Nilga ne la reconnaît pas en tant que chaman, on dit que Kalvak avait quand même des capacités de guérison et un savoir esotérique quelle utilisait pour aider autrui.
Kalvak sest mariée avec Edward Manayok, un homme admiré de tous pour ses dons exceptionnels de chant et de danse du tambour. Les résidents plus âgés dHolman se rappellent encore des spectacles impressionnants présentés par Helen et son mari; ils portaient des parkas de danse en peau cousus par elle.3 Beaucoup de ses dessins et gravures dépeignent des danseurs du tambour qui portent des parkas traditionnels et des bonnets de danse à huard.
Lorsque la famille habitait à Walker Bay, Edward Manayok est mort subitement en 1960, peut-être dun anévrysme au cerveau. Peu de temps après sa mort, le talent artistique de Kalvak a été remarqué par le Père Tardy :
Je suivais alors des cours pratiques du langage des Esquimaux avec une superbe grand-mère, Helen Kalvak, et je collectionnais des histoires du passé. Des fois, en guise dune explication, elle faisait un dessin. Un jour, je lui ai demandé de me faire un parka dEsquimaux en peau de caribou; contrairement à la mode des Esquimaux, elle men a dabord fait un dessin.4
Elsie Nilgak parle des premiers dessins de sa mère :
Lorsquils essayaient de monter la Co-op, on a donné du papier à dessiner à ma mère pour quelle fasse des dessins. Elle dessinait lorsque nous étions à notre camp éloigné à Walker Bay [sur la côte au nord de linlet Minto]. Les dessins montraient la façon dont les gens shabillaient et vivaient auparavant. Elle faisait des dessins aussi pour des tapisseries en peau de phoque. Il y avait environ cinq femmes, dont ma mère, qui cousaient des peaux de phoques pour la Co-op. Je me rappelle encore de ses premiers dessins et de ses patrons pour des kamiks, des parkas, des moufles et encore dautres articles. Il y avait environ cinq femmes qui faisaient des vêtements et des tapis en peau de phoque. Je me rappelle dêtre allée par bateau à Holman en été pour vendre ses dessins et dy avoir acheté des fournitures artistiques pour les lui rapporter. Cétait après la mort de mon père [en 1960].
Les dessins de Kalvak ont été utilisés pour des expériences avec des pochoirs en peau de phoque en 1962. La production de Kalvak entre 1962 et 1978 (environ 1800 dessins) est une contribution incommensurable à lhéritage culturel et artistique de son peuple. Ces dessins font partie des archives établies à Holman par le Père Tardy pour sauvegarder lhéritage artistique des artistes.
Daprès une entrevue avec la fille de Kalvak, Elsie Nilgak, faite par Darlene Coward Wight, à Holman, le 11 mai 2000 (traduite en anglais par Mary K. Okheena).
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Elsie Klengenberg Image vidéo : Alex Poruchnyk. |
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ELSIE KLENGENBERG née en 1946
Trois frères apprenant ensemble
Grand et petit
Elsie Klengenberg fut une des premières artistes à apprendre et à développer la méthode du pochoir qui a, encore de nos jours, une grande incidence à Holman.1 Elle fait partie dune famille connue dans lArctique occidental pour des raisons historiques aussi bien quartistiques. Son père, Victor Ekootak (1916-1965), était un des artistes pionniers au début des années 60. Son mari, Patrick Akovak Klengenberg (1944-1976), est le fils de Jørgen Klengenberg et le petit-fils de Christian (Charlie) Klengenberg, un chasseur de baleine devenu trappeur.2 Deux des enfants dElsie, Helen et Stanley Klengenberg (1964-1999), sont aussi des artistes.
Elsie a grandi dans la région de Read Island mais déménagea à Holman en passant par Kugluktuk quand le poste de la Compagnie de la Baie dHudson fut relocalisé en 1962.3 Plusieurs autres familles de Read Island déménagèrent à Holman; alors que dautres se rendirent à Kugluktuk.
Elsie sintéressa aux activités artistiques de son père et de son mari. Cest le Père Tardy qui lencouragea à dessiner. Il achetait ses dessins au coût de 50 cents ou dun dollar. Sil en refusait un, elle revenait à la maison, en effaçait toutes les lignes de crayon et faisait un autre dessin à vendre. En 1980, elle a commencé à travailler à latelier de gravure et se fit aider par Mary K. Okheena dans son apprentissage de la technique du pochoir. Mabel Nigiyok commença lannée suivante et les trois créatrices travaillèrent en étroite collaboration à développer la méthode sophistiquée du pochoir en mylar transparent pour créer des couches de couleurs et une tonalité dans leur uvre.
Klengenberg sinstalla à Inuvik en 1995 afin de suivre un cours dart au Collège Aurora. Elle y resta un an. En automne 1997, elle participa à lAtelier panarctique des Femmes durant deux semaines à lÉcole dArts dOttawa et fut une des trois artistes féminines inuit invitées de lémission « Adrienne Clarkson Présente. »4 Elle a assisté, en compagnie de son partenaire, Joseph Haluksit, à une formation en joaillerie au campus Cambridge Bay du Collège Arctique de 1998 à 2000. Klengenberg anime des ateliers sur la technique du pochoir. En 1999, elle a fait une démonstration de ses talents au Musée des beaux-arts de Winnipeg, alors que lexposition Elsie Klengenberg : Légende de Uvajuq sy tenait. Elsie continue de créer ses gravures aux teintes délicates qui charment les visiteurs de la communauté.
Daprès une entrevue avec Elsie Klengenberg faite par Darlene Coward Wight, à Holman, le 9 mai 2000.
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PATRICK AKOVAK KLENGENBERG 1944-1976
La course de caribous
Dispute dune dépouille de phoque
Patrick Akovak a reproduit plusieurs de ses propres dessins de 1966 jusquà sa mort prématurée en 1976 alors quil navait que 32 ans. Ses dessins sont demeurés une source de gravures pour la Co-op jusquen 1987. Plusieurs de ses dessins dépeignent les légendes quil a entendues durant son enfance.
Akovak est né à Rymer Point au nord de Kugluktuk. Ses parents ont plus tard déménagé à Read Island où il a rencontré son épouse, lartiste Elsie Klengenberg. Ils ont pris le bateau de la Compagnie de la Baie dHudson et sont venus sinstaller à Holman en même temps que Bill Joss en 1962. Cest grâce aux encouragements du Père Tardy quAkovak a commencé à sculpter. Dans le catalogue de gravures de 1968, Tardy décrit Akovak comme étant « principalement un sculpteur, mais dernièrement il a commencé à dessiner et ses esquisses décrivent des modèles bien définis et font toujours preuve de beaucoup doriginalité. »
Akovak est le père de Helen et de Stanley Klengenberg et le frère de Mona Ohoveluk.
Daprès une entrevue avec lépouse dAkovak, Elsie Klengenberg, faite par Darlene Coward Wight, à Holman, le 9 mai 2000.
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STANLEY ELONAK KLENGENBERG 1964-1999
Transi et affamé
Dessin de Transi et affamé
Stanley Klengenberg représente la troisième génération dune famille artistique. Il fut le petit-fils de Victor Ekootak (1916-1965) et le fils dElsie et Patrick Akovak Klengenberg. Dès le milieu des années 80, on le considérait comme lun des artistes les plus prometteurs à Holman. En 1985, il a remporté un concours pour la commission dune affiche pour les Affaires indiennes et du Nord.1 Son suicide en 1999 est venu tragiquement mettre fin à ses jours. Sa passion pour lart est évidente dans lextrait suivant de son autobiographie. Ce passage date de lépoque de la commission pour laffiche :
En hiver, mes parents dessinaient; je me mettais à leurs côtés et je voyais des images du passé surgir devant mes yeux. En cette saison, jaurais été à lécole où le dessin a toujours été ma matière préférée
Lorsque javais environ 10 ans, jai apporté un de mes dessins à latelier pour la première fois. Je me souviens que jétais à la fois plein dattente et dappréhension. Dans lattente parce que jallais reçevoir de largent, et dans lappréhension parce quils pouvaient rire de mon dessin
Au lycée à Yellowknife, jai dû suivre des cours obligatoires, mais javais toujours des cours dart. Mme Fulton ma appris le modelé, la perspective et dautres choses dans ce genre.2
En 1982, un de ses dessins a été imprimé pour la collection annuelle pour la première fois. Quatre ans plus tard, sept de ses gravures avaient déjà été exposées. Puisque Klengenberg confiait limpression de ses images aux autres, il est important de voir son uvre dans sa forme originale, à savoir le dessin au graphite. Le dessin de sa gravure la plus connue, Transi et affamé, a été préparée au pochoir par sa mère Elsie.3
Lenvie nostalgique de Klengenberg de retrouver un mode de vie plus ancien et plus simple est explicite dans ses écrits autobiographiques de 1985 :
La période la plus heureuse de ma vie dont je me souviens, cétait quand javais 6 et 7 ans. À cette époque, dans les années 60, la vie était plus simple quelle ne lest aujourdhui dans les années 80
Même avec mon introduction à langlais et à la société du Sud, je choisirais encore maintenant lépoque où, rien que pour nourrir leurs familles, les hommes devaient prendre leurs attelages de chiens et partir à la chasse pendant plusieurs journées
Les difficultés de ces temps-là unissaient les gens en une communauté
Pendant mon enfance, mon père gagnait sa vie par la chasse. En hiver, il piégeait des renards, et au printemps et en été, il chassait des phoques
Puis on a habité à Holman, où la vie nétait pas toujours facile et mon père faisait des petits boulots en ville. Par moments, il était charpentier; à dautres, il travaillait à latelier. Ma mère et mon père étaient tous les deux des artistes habiles. La découpe de la pierre et la sculpture étaient les activités préférées de mon père.4
La mort de son père en 1976 a eu un effet considérable sur lui : « Le suicide de mon père en 1976 me laisse seul et vide encore à ce jour. Pour moi, cest lui linspiration de mon travail. »5
Sa mère, Elsie Klengenberg, a témoigné des capacités artistiques de son fils lors dune entrevue en 2000. 6 Lorsquelle dessinait à la maison, Stanley se mettait souvent à côté delle pour dessiner aussi. Il était capable de traduire ses idées sur le papier plus rapidement que sa mère. Avec ses mouvements rapides, il lui faisait penser à un oiseau de la neige.
Les dessins de lartiste trouvaient leur inspiration dans la vie de ses ancêtres, et dans le respect quil avait pour leur lutte constante pour la survie.
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Peter Malgokak
Image vidéo : Alex Poruchnyk. |
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PETER MALGOKAK né en 1954
Jeunes taureaux joueurs
Peter Malgokak est né dans la région de Berkeley Point, dans le campement tout à fait au nord du côté ouest de lÎle Victoria. Il est le fils de Malgokak et dAlikamik. Son frère, Joseph Kitekudlak, est aussi sculpteur. La famille a déménagé à Holman quand son père est tombé malade en 1966.
Peter Malgokak travaillait pour la Co-op durant son adolescence et débuta la sculpture en 1975. De 1977 à 1992, il a utilisé ses dons de sculpteur pour graver la pierre dont il tirait des gravures. À cause dune blessure au dos quil sétait faite alors quil travaillait sur un chantier en 1992, il a été contraint dabandonner la reproduction à partir de pierre gravée. Plusieurs dessins de Malgokak ont été publiés au cours des années. Il a maintenant repris le dessin et participe au développement social de la communauté.
Daprès une entrevue avec Peter Malgokak faite par Darlene Coward Wight, à Holman, le 18 novembre 2000.
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Susie Malgokak Image vidéo : Alex Poruchnyk. |
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SUSIE MALGOKAK née en 1955
Deux amis à la pêche
Lheure du repas
Susie Malgokak a grandi dans la région de linlet Minto. À lâge de six ans, Malgokak, sa soeur et sa cousine ont été transportées par avion à Inuvik et mises au pensionnat. Elle est revenue au campement de sa famille une année plus tard, après avoir appris langlais. En 1965, la famille accepta de déménager dans la communauté et les enfants ont pu étudier à lécole lannée suivante.
Au cours de la dernière décennie, Malgokak est devenue une spécialiste du pochoir. Elle a imprimé un dessin de son mari, Peter Malgokak, pour la collection de 1989, Le renard affamé. En 1992, elle sest mise à imprimer ses propres dessins. Depuis ses débuts à latelier, elle a créé 32 gravures qui ont été publiées. Sa sur, Mabel Nigiyok et son frère, Peter Palvik ont aussi grandement contribué aux collections annuelles au cours de la dernière décennie. Depuis deux ans elle est la gérante de latelier.
Daprès une entrevue avec Susie Malgokak faite par Darlene Coward Wight, à Holman, le 18 novembre 2000.
ENTREVUE AVEC SUSIE MALGOKAK
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Roberta Memogana
Photo : Darlene Coward Wight.
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ROBERTA MEMOGANA née en 1971
Les outils du Nord
Roberta Memogana est une novice dans lapprentissage de lart du dessin et de la gravure à Holman.1 Elle a observé son père, Jimmy Memorana, dessiner quand elle était enfant. Il lui donnait parfois des petits bouts de papier pour quelle dessine. Elle a fait ses vrais débuts dans le dessin en 1981 et a commencé à travailler à latelier en tant que graveur au milieu des années 90. Encouragée par sa soeur, Mary K. Okheena, Roberta sest initiée au procédé du pochoir. En 1997, elle a imprimé une de ses propres esquisses, La vie de ligloo, et un dessin de son père, Traquant un phoque. Elle a imprimé depuis trois autres de ses esquisses.
Memogana a participé à des ateliers darts à Inuvik et à Ottawa et continue de développer ses talents.
Daprès une entrevue avec Roberta Memogana faite par Darlene Coward Wight, à Holman, le 8 mai 2000.
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Louie Nigiyok
Image vidéo : Alex Poruchnyk. |
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LOUIE NIGIYOK né en 1960
Dans lexposition, les uvres imprimées par Nigiyok sont :
Enfants s'amusant à la garderie
Grand frère tirant sa soeur sur sa bicyclette
Deux aigles
Sur la piste des ours
Ayaqaktun
Le grand tourbillon deau (Kalaniyaatok)
Louie Nigiyok a débuté son travail de graveur dart pour la Co-op en 1981, en même temps que sa mère, Mabel Nigiyok. Il est encore aujourdhui lun des plus importants interprètes desquisses faites par dautres artistes. Au début des années 80, il apprit la technique de la pierre gravée de ses professeurs Harry Egotak et John Rose. Plus tard, il travailla avec les pochoirs quand ceux-ci devinrent populaires. Elsie Klengenberg, Mary K. Okheena et Mabel Nigiyok réalisaient déjà des pochoirs au début des années 80, et elles avaient besoin daide pour la production dun tirage de 50 exemplaires. Nigiyok donna un coup de main en encrant les gravures et, après son apprentissage de la coupe des en mylar, il sest lancé seul dans toutes les phases du procédé. Depuis 1981, Nigiyok a reproduit 96 dessins en gravures pour les collections annuelles.
Daprès une entrevue avec Louie Nigiyok faite par Darlene Coward Wight, à Holman, le 21 novembre 2000.
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Mabel Nigiyok
Image vidéo : Alex Poruchnyk. |
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MABEL NIGIYOK née en 1938
Très étonnant
Ce nest pas dur
Esprits arctique
Le jeu mortel
Mabel Nigiyok commença à apprendre limpression au pochoir dans latelier des gravures à Holman en 1981, et son travail a été publié lannée suivante. Depuis cette époque, elle fait partie des artistes et imprimeurs les plus productifs. Il existe 63 gravures faites à partir de ses dessins. Elle a également réalisé limpression de plus de 39 dessins, dont une bonne partie à partir des siens.
Nigiyok est née dans la région de Cook River. Sa famille faisait des voyages annuels entre la côte de linlet Minto en hiver et les lacs et les rivières intérieurs en été. Sa famille ne sinstalla à Holman quaprès la construction de lécole en 1966. Alors quelle vivait encore sur le continent, elle commença à coudre des tapis en peau de phoque pour la Co-op.
Dans son Introduction au catalogue des gravures de 1994, Nigiyok décrit ses débuts artistiques :
Jai commencé à travailler à latelier des gravures en 1981
je travaillais avec Elsie Klengenberg. Nous navions aucune formation, nous apprenions en regardant les autres travailler, et nous les aidions à finir celles de leurs uvres qui devaient être terminées. À cette époque, il ny avait pas de modelé sur les gravures. Avec Elsie, nous discutions de comment mettre du modelé. Cétait la première fois que le style des gravures changait. Lorsque jai commencé à travailler, je faisais des dessins semblables à ceux des autres. Puis jai commencé à dessiner seule. Je dessinais ce que mes parents avaient vécu il y a très longtemps
Le changement formel majeur de la production dHolman au début des années 80 fut le résultat de la décision des artistes dabandonner la technique de la pierre taillée utilisée pour faire des gravures. Des inquiétudes environnementales à propos de la poussière rendait lalternative de la gravure par pochoir plus attrayante et plus compatible avec les contraintes existantes. La collection 1980/81 comprenait onze reproductions au pochoir. Ce chiffre avait atteint 17 en 1986. La technique simple du pochoir du début des années 80 a été raffinée dès le milieu des années 80, ce qui a permis des gradations subtiles des teintes claires aux teintes sombres. Ceci créa lillusion de trois dimensions à lintérieur de lespace narratif des gravures. Cette illusion, vue dans les uvres de Mabel Nigiyok, Elsie Klengenberg, Mary K. Okheena et Susie Malgokak, est devenue le sceau du style Holman.
Lors dune entrevue filmée en novembre 2000, Nigiyok a expliqué quelle avait été inspirée par ce que ses parents et ses grand-parents lui racontaient. Comme Agnes Nanogak Goose, Nigiyok a une capacité énorme à se rappeler et se représenter ces histoires avec beaucoup de détails. Le jeu mortel, sa gravure de 1989, en est un bel exemple. Dautres uvres sont inspirées de sa jeunesse sur le continent.
Extraits dentrevues avec Mabel Nigiyok faites par Darlene Coward Wight, à Holman, le 9 mai 2000 (traduction anglaise de Mary K. Okheena) et en novembre 2000 (traduction anglaise de Susie Malgokak).
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MONA OHOVELUK 1935-1992
Ayaqaktun
Géant vorace
Ohoveluk est la petite-fille de Christian (Charlie) Klengenberg.1 Elle a grandi à Rymer Point, au sud de Read Island. Mère de sept enfants, elle créait ses dessins durant la nuit tandis que ses enfants dormaient.2
Les dessins de Mona Ohoveluk ont été une source dinspiration pour les graveurs dart dHolman dès 1968 et ce jusquen 1991. La plupart des 47 gravures faites à partir de ses dessins ont été reproduites par dautres graveurs, quoiquelle ait elle-même gravé 17 uvres au cours des années. Okheena se souvient quOhoveluk lencourageait à utiliser son imagination. Plusieurs de ses uvres sont animées et les sujets semblent se mouvoir dans une activité frénétique.
Daprès une entrevue avec Mary K. Okheena faite par Darlene Coward Wight, à Holman, en mai 2000.
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Mary K. Okheena
Photo : Darlene Coward Wight. |
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MARY K. OKHEENA née en 1957
Les approvisionnements arrivent enfin
Sur la piste des ours
Mes ancêtres étaient ici
Un chaman danse aux aurores boréales
Mary K. Okheena travaille à la Co-op dHolman depuis 1977.1 Elle est la plus ancienne de tous les artistes et imprimeurs encore actifs. À ce jour, 74 gravures ont été faites à partir de ses dessins. Elle sest occupée de limpression de 36 de ces gravures. Elle a également été responsable de limpression de 31 dessins supplémentaires, oeuvres dautres artistes.
Okheena est née en 1957 à lancien emplacement du village à Kings Bay. Ses parents sont Jimmy et Nora Memorana. Originaire de la région de Tuktoyaktuk, son père a perdu ses parents lors dune épidémie de grippe, alors quil était encore enfant. Il a été adopté par son oncle Billy Banksland, qui est le père dAgnes Nanogak Goose. Nora Memorana, originaire de la région de linlet Minto, est également devenue orpheline suite à une épidémie de grippe et a également été adoptée par un oncle. Tous les deux sont des danceurs du tambour réputés. Jimmy et Nora Memorana ont communiqué leur savoir à des générations plus jeunes.
Okheena a appris langlais à lhôpital Charles Camsell à Edmonton quand elle y a passé deux ans et demi pour faire soigner sa tuberculose alors quelle était enfant. Ayant observé le travail de son père, Jimmy Memorana, un des membres fondateurs de la Co-op dHolman, et de sa tante, Agnes Nanogak Goose, Mary sintéresse depuis toujours au dessin. Après quelle a effectué quelques ébauches et un grand patron de broderie pour léglise, le Père Tardy la invitée à participer à limprimerie au pochoir à latelier des gravures.
Japprenais des choses des autres artistes aussi. On était comme une famille. Il y avait Elsie Klengenberg, Mona Ohoveluk, Harry [Egotak], Mabel Nigiyok, Peter Palvik. Nous parlions de chacun des dessins, de leurs significations, que ce soit pour lartiste ou pour limprimeur. Chacun avait sa propre technique dimpression; jai appris la mienne en observant.2
Entre 1977 et 1982, à savoir lors de la petite enfance de ses deux enfants aînés, Mary a travaillé à latelier des gravures de façon intermittente. Elle reprit ses activités artistiques avec plus de concentration soutenue en 1982. En 1986, elle traduit trois de ses dessins en gravures. Okheena sest souvent inspirée des expressions des visages des enfants et du défi de représenter celles-ci ainsi que dautres sujets humains. Elle ninterprète pas les contes traditionnels quelle entendait quand elle était petite et remarque quelle nentendait jamais la fin des histoires quon lui racontait au lit le soir parce quelle sendormait toujours avant leurs fins. Okheena a développé sa propre forme de narration. Ses scènes avec des personnes sont pleines dhumour et de mouvement, dépassant par moments les limites du papier, comme cest le cas dans Un chaman danse aux aurores boréales . Plusieurs uvres, comme Mes ancêtres étaient ici, utilisent comme thème central des images chargées dimportance culturelle. Avec la gravure sur bois, Sur la piste des ours, Okheena révèle ses talents de création. Le jeu réciproque adroit entre lespace positif et négatif est intégré dans celui de la ligne et de la forme.
Daprès une entrevue avec Mary K. Okheena faite par Darlene Coward Wight, à Holman, le 11 mai 2000.
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Peter Palvik Image vidéo : Alex Poruchnyk. |
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PETER PALVIK né en 1960
Igloo recouvert en peau
Loups et caribous
Le trek dautomne à la glace marine
Aya-ya (Chanson et danse)
Ulukhaktok « Les falaises de Holman »
Peter Palvik a grandi dans la région de linlet Minto. Sa famille a déménagé à Holman au milieu des années 60 quand il était assez âgé pour aller à lécole. Son père, Albert Palvik, travaillait à la Co-op et dans la communauté. En 1978, Peter a commencé à recevoir de la formation en lithographie du gérant de la boutique dartisanat John Rose. Plus tard, il a travaillé avec le conseiller en art, David Umholtz, à loccasion de ses visites. De 1980 à 2000, il a reproduit 61 dessins faits par dautres artistes. En 1989, il a commencé à reproduire ses propres dessins. À ce jour, il en a déjà créé 33. Maintenant il est le spécialiste de la lithographie à latelier dHolman, imprimant principalement ses propres uvres.
Les dessins de Palvik fournissent une multitude de détails, reflet de son admiration évidente tant pour le souci du style que pour celui des thèmes dAlec Banksland et de Stanley Klengenberg. La lithographie, grâce à sa translation immédiate des traits de lartiste, a permis à Palvik datteindre un haut degré de précision dans son propre travail. Il apprécie particulièrement illustrer les animaux dans leurs milieux naturels.
Daprès une entrevue avec Peter Palvik faite par Darlene Coward Wight, le 10 mai 2000.
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Flossie Papidluk
Photo reproduite avec la gracieuse permission de Margaret Kanayuk. |
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FLOSSIE PAPIDLUK *1904-1994
Dispute pour une femme
Papidluk est née dans la région du Détroit du Prince Albert, près de Read Island. Son premier mari, Akoakhion, le père de Harry Egotak, est mort jeune. Son second mari, Harry Niakoalok, le père de Margaret Kanayuk et de Joseph Haluksit, est mort à Holman suite à une maladie en 1959/1960. La famille demeura à Holman et Papidluk ne revint pas à la vie traditionnelle du campement, subvenant plutôt à ses propres besoins grâce à la diversité de ses activités dans le domaine de lartisanat.
Papidluk fit ses premières esquisses quand Barry Coomber visita la communauté en tant que conseiller en arts en 1964. Elle continua de dessiner occasionnellement au cours des années. Les oiseaux sont ses sujets préférés. Elle laissa aux autres artistes graveurs de la Co-op le soin de reproduire ses uvres. De 1966 à 1984, onze de ses uvres ont été traduites en gravures pour les collections annuelles. Daprès sa fille, Margaret Kanayuk, Papidluk sintéressait beaucoup plus à la couture quau dessin. Kanayuk se rappelle sa mère cousant continuellement, produisant un flot incessant de moufles, kamiks, petites tapisseries et animaux en peluche faits de peaux de phoque.
Daprès une entrevue avec la fille de Flossie Papidluk, Margaret Kanayuk, faite par Darlene Coward Wight, à Holman, le 11 mai 2000.
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© The Winnipeg Art Gallery, 2002. Tous droits réservés.
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