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Entrevue avec Agnes Nanogak Goose
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Dans lArctique, en plus de divertir, les contes sont un moyen dinstruire et dinformer les gens. Depuis la préhistoire, les leçons, vertus morales, histoires et connaissances pratiques ont été transmises dune génération à lautre par le biais de cette tradition orale commune. Lacte consistant à relater un conte est en soi un bon indicateur du mode de vie communautaire adopté durant les longs hivers dans lArctique. Les conteurs devaient avoir un auditoire attentif, désireux de les écouter. Les histoires écrites exigent des lecteurs quils sisolent individuellement pour découvrir le passé alors que la tradition orale nécessite la coopération et linclusion. Les contes expliquent la création des univers physiques et spirituels, décrivent la chasse et les voyages et relatent la vie de personnes. Une tradition orale riche et descriptive permet aux sociétés sans dossiers historiques écrits de conserver des connaissances qui tomberaient autrement dans loubli. Le transfert des connaissances des aînés aux jeunes permet dassurer la survie des peuples.
Laspect visuel des contes est presque aussi important que le conte lui-même. Le jeu de ficelle était utilisé pour illustrer les contes; on formait des visages familiers de personnes ou danimaux pour mettre laccent sur certains thèmes ou certaines images du conte. Le langage corporel du conteur, notamment sa gestuelle et son expression faciale, était également déterminant pour le conte. Les conteurs allaient même jusquà changer dintonation pour représenter différents personnages. Ces éléments audio et visuels ont entraîné une transition logique vers les arts graphiques dans bon nombre de communautés de lArctique. Il a fallu attendre au XXe siècle pour que les histoires traditionnelles de ces communautés soient illustrées. Le style graphique des artistes de Holman se prête très bien à la narration visuelle de contes car il repose principalement sur les souvenirs des artistes, entre autres, les contes qui leurs ont été racontés par les aînés. Agnes Nanogak Goose, par exemple, était consciente du fait quil existait un lien étroit entre son art et la narration de contes. Lorsque latelier dart a fermé ses portes pendant un certain temps, elle était désemparée car elle sentait que son art pourrait « aider dautres personnes à se souvenir de certains contes ».
Les gravures suivantes réalisées par des artistes de Holman illustrent des contes.
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Mabel Nigiyok, née en 1938
Le jeu mortel, 1989
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Agnes Nanogak Goose (1925-2001)
Graveur dart : Mabel Nigiyok, née en 1938
Un vrai rêve (Hinnaktoktok), 1986
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William Kagyut, né en 1919
Lours et la chasseresse, 1964
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Mona Ohoveluk (1935-1992)
Graveur dart : Louie Nigiyok, né en 1960
Géant vorace, 1987
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Mabel Nigiyok, née en 1938
Ce nest pas dur, 1993
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Mark Emerak (1901-1983)
Graveurs dart : Harry Egotak, né en 1925, Louie Nigiyok, né en 1960
Le grand tourbillon deau (Kalaniyaaktok), 1987
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