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Ùd
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1931
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Lo
: 76 cm
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Centre
des musiques arabes et méditerranéennes,
Tunisie
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Lorsque j'ai entrepris de choisir un instrument pour ce projet,
il me paraissait absolument nécessaire et primordial que
ce dernier dégage en moi un sentiment profond autre que
la curiosité et le plaisir d'apprendre (raisons non moins
importantes à mon sens).
Pendant mon enfance, j'ai étudié le ùd puis
le piano et bien qu'ayant abandonné le premier pendant
plusieurs années, c'est finalement celui ci qui m'a amené,
par la suite, à me consacrer entièrement à
des études musicales. Et c'est donc ce même amour
pour le luth qui me porte à en faire mon instrument de
choix pour ce projet . Le ùd est constitué d'une
caisse de résonance rappelant la forme d'une poire coupée
longitudinalement et d'un manche.
Le ùd, dont le nom signifie en arabe « le bâton »
a été certainement le cordophone le plus répandu
dans le monde. Il présente en effet de telles richesses
qu'on le trouve présent sous diverses formes dans un très
grand nombre de pays. Il a conquis une place de choix comme instrument
soliste et accompagnateur incomparable de la voix humaine et une
place d'honneur dans l'histoire de la musique arabe comme l'instrument
ayant permis de définir l'échelle de cette musique.
Auprès du luth occidental qui s'est démarqué
par ses frettes et son jeu au XVe siècle et
par son nombre de cordes (13 choeurs au XVIIe siècle),
il existe pour l'interprétation de la musique dite modale,
plusieurs types de ùd : le ùd oriental, le
ùd tunisien (pratiqué en Tunisie, en Libye et dans
l'est de l'Algérie), et le ùd algérien (appelé
kouitra). Ces variétés de ùd, bien que présentant
des ressemblances, se distinguent par leurs tailles, leurs timbres
différents ainsi qu'une technique de jeu spécifique
à chacun d'entre eux. Le ùd tunisien est très
proche du luth du XIe siècle. Il est plus petit
que le ùd oriental, possède comme celui du XIe
siècle, quatre doubles cordes et a des proportions semblables
à ce dernier.
Les choeurs du ùd tunisien sont accordés en do 3
- sol 2 - ré 3 - ré 2. Ce luth nécessite
un jeu de plectre particulier faisant à la fois intervenir
les cordes (qui donnent une mélodie) et la table d'harmonie,
les premières ponctuant le rythme. Cette technique de jeu
est difficile et demande un grand entraînement pour la maîtriser
et faire qu'elle soit expressive.
En Tunisie, il semblerait que l'expansion de la musique orientale
par le biais de la diffusion des disques 78 tours durant les années
1910-1920, ait favorisé le succès du ùd oriental.
Cependant, ceci s'est fait au détriment du ùd tunisien
qui a vu sa place dans les orchestres se faire de plus en plus
rare au fil des ans et quasiment inexistante depuis les années
1960.
Dans le cercle musical tunisien, il existe de fervents défenseurs
du ùd tunisien, des indifférents et même des
personnes le considérant comme un instrument stagnant et
non développé. Pratiquant, le ùd oriental
plutôt que le ùd tunisien, je faisais quelque peu
partie des indifférents. Cependant, plus je poursuis mes
études et plus mon approche est différente.
Le ùd constitue aujourd'hui pour moi tout ce qu'il y a
de plus profond en moi-même. C'est un instrument généreux,
magique et merveilleux. Son timbre doux, chaleureux, vibrant et
scintillant à la fois, sait atteindre ses auditeurs au
plus profond de leur coeur et par les plus simples mélodies.
Pour ceux qui ont la chance de pratiquer cet instrument avec amour,
le ùd est un formidable moyen d'expression; c'est un instrument
vivant qui sait s'adapter aux émotions les plus variées
du musicien.
Il est certes important de défendre sa culture mais pour
moi, au-delà du chauvinisme musical, il existe un but bien
plus important : se donner entièrement à l'instrument
que l'on pratique avec fidélité et honnêteté.
Que l'on coupe donc la « poire » en deux et
que l'on apprenne le ùd tunisien et le ùd oriental.
Que l'on joue du ùd tunisien ou oriental, en Tunisie,
jouons avec notre âme et notre coeur et aucun des deux instruments
ne sera lésé.
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