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Gombri
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Peau
de chèvre, métal
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Lo
: 109 cm
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Centre
des musiques arabes et méditerranéennes,
Tunisie
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Je connais cet instrument depuis mon jeune âge,
je l'avais vu entre les mains d'un homme noir qui passait du côté
de chez nous. Du reste, je n'ai jamais assisté à
un spectacle où l'on utilisait cet instrument, mais
j'ai vu des spectacles à la télévision présentés
par des troupes nommées « Stambali » qui me faisaient très
peur.
Cependant, le son grave de cet instrument (ressemblant légèrement
au son de la contrebasse) me faisait vibrer le coeur. Parmi les
membres de la troupe figurait un grand homme masqué et
habillé de peaux d'animaux (lièvres, renards, moutons,
loups, etc...). Cet homme nommé « Bousaadia »
dansait, tenant entre les doigts les chkacheks (un instrument
à percussion en métal ressemblant aux castagnettes).
Je voyais aussi dans ces spectacles un nuage de fumée (l'encens)
qui couvrait la salle de sortie d'un canoun*.
Le « Bousaadia » était entouré
de gens qui dansaient intensément à la même
cadence jusqu'à en tomber en transe . On m'expliqua alors
qu'ils dansaient ainsi pour se libérer des mauvais esprits
qui les traumatisaient . La première fois où j'ai
vu le gombri de près, c'était lorsque j'ai visité
le musée du Centre des musiques arabes et méditerranéennes
« Ennejma Ezzahra » à Sidi Bousaïd.
Depuis, j'étais curieuse et je voulais avoir une idée
plus claire de cet instrument et de ses origines. Après
ma petite recherche, je découvris que le gombri appartient
à la famille des cordophones, et provient d'une communauté
noire d'origine sub-saharienne de l'Afrique.
La longueur totale du gombri est de 109 cm. Son manche et sa caisse
de résonance sont en bois. Cette dernière a une
forme cylindrique. Elle est couverte d'une peau de chèvre
et porte des décorations au henné et au « harkous »
(tatouage temporaire). La peau de chèvre choisie est généralement
celle d'une vieille chèvre, car il est préférable
que la peau ait été utilisée auparavant sur
un « tbal » (instrument à percussion
joué avec deux baguettes). Ceci lui permet d'être
bien tendue sur la caisse. Cette peau ne se chauffe pas, contrairement
à celle de la darbouka et du bendir. Le chevalet en bois s'appelle
« rakez ». Les trois cordes mélodiques
en boyau sont tendues par des rubans en cuir sur la caisse. Derrière
le chevalet, on trouve une plaque métallique contenant
des anneaux pour amplifier le rythme (« chanchana »).
Cet instrument est encore utilisé mais rarement et seulement
dans des régions où les croyances aux mauvais esprits
priment encore.
* récipient en poterie où on met du charbon
qui peut être d'usage culinaire ou bien on l'utilise pour
chauffer ou encore pour brûler l'encens.
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