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Darbouka
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Gabès
(sud de la Tunisie)
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Terre
cuite, peau de dromadaire
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H : 33 cm
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Centre
des musiques arabes et méditerranéennes,
Tunisie
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Lors de notre première visite dans les rues de Tunis, j'ai été
frappée par l'ambiance si particulière qui y flotte. Il s'agit
en fait d'un mélange d'odeurs et de sons imbriqués les uns aux
autres. M'attardant plus particulièrement aux sonorités si typiques
de ce coin du monde, je suis parvenue à en isoler plusieurs :
voix des passants et celles des commerçants, les bruits de circulation
et autres traces de la ville, mais en guise de pulsations, un
autre son, moins perceptible, mais créant la cohésion de cette
symphonie urbaine, attirant davantage mon oreille. Après quelques
minutes d'écoute, j'ai compris qu'il s'agissait d'un instrument
de percussion assez populaire, même chez nous, la darbouka.
Comme le qilaut, la darbouka revêt une importance particulière
lors des fêtes, plus particulièrement lors du Ramadan et des évènements
culturels. Par exemple, lors de nos soirées passées à la Médina
de Tunis, elle était présente dans chaque concert et on la retrouvait
partout dans les rues. Originalement andalouse et jouée à l'intérieur
d'un ensemble d'instruments lors des cérémonials marquant les
célébrations de la vie quotidienne, la darbouka a conservé une
vocation de " partie d'un tout " dans le monde oriental, alors
que chez nous, au Canada, elle était utilisée individuellement,
par exemple pour accompagner la danse moderne.
Sous un autre angle, la darbouka est aussi utilisée pour accompagner
le chant des confréries religieuses (Issaouia). Dans son utilisation
sacrée, sa forme varie un peu. Plutôt que d'être jouée sur les
jambes par un musicien assis, le drabki (joueur de darbouka),
la darbouka citadine est portée à l'épaule, retenue par une corde,
et jouée sous le bras. De cette façon, l'instrumentiste est en
mesure d'accompagner ses propres danses et cela lui permet d'atteindre
des états de transe.
En somme, tout comme le qilaut, la darbouka est un instrument
emblème des manifestations sociales, tant chez le peuple tunisien
que chez le peuple québécois. Toutefois, il est important de noter
que, de notre côté de l'Atlantique, les traditions populaires
ont beaucoup perdu de leur force par rapport à la Tunisie où elles
sont encore très présentes. Notre désengagement est regrettable,
mais des opportunités comme ce projet permettent un retour à notre
patrimoine culturel qui me semble nécessaire.
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