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Magrouna
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Centre
des musiques arabes et méditerranéennes,
Tunisie
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En sept ans
d'expérience en musique, je n'ai jamais eu aucun contact avec
un autre style musical que celui de l'occident. Récemment, j'ai
fait partie d'un échange avec des étudiants en musique en Tunisie.
En plus de découvrir un pays fabuleux, j'ai été en contact, pour
la première fois, avec la musique arabe. Outre leurs différences
de style, nos deux patrimoines musicaux ont un large éventail
d'instruments différents. Lors d'une visite au Centre des Musiques
arabes et méditerranéennes, un instrument m'a particulièrement
attirée : le magrouna. Comme l'harmonica, beaucoup utilisé dans
la musique folklorique canadienne, le magrouna, qui mesure environ
26 centimètres, est facile à transporter, grâce à sa taille réduite.
Cet instrument est composé de deux chalumeaux juxtaposés qui se
terminent par des cornes de bovin. C'est cette juxtaposition qui
donne le nom à l'instrument, puisqu'en arabe megrouner signifie
assembler. Sur chacun des chalumeaux on retrouve cinq trous symétriques.
Le magrouna est aussi décoré d' un pendentif qui à l'origine était
particulier. On dit que cette décoration est inspirée de sa jumelle
que l'on retrouve sur la Zokra. Dans le cas de cet instrument,
le pendentif servait à accrocher les pinces utilisées pour rapprocher
ou éloigner les anches de l'instrument.
En ce qui concerne l'origine de la magrouna, on croit qu'elle
remonte à la période phénicienne dans les régions où on retrouvait
des cannes de roseau. Au début, une seule personne jouait simultanément
avec deux cannes de roseau. Cet instrument s'appelait le chalumeau.
Par la suite, on les a unis à l'aide d'un lacet. Le mezouej prend
forme. Il est intéressant de noter que mezdaouj veux dire double.
Chaque canne de roseau avait une fonction. L'une faisait la mélodie
et l'autre le bourdon (le son continu).
Ensuite, on a ajouté aux deux cannes de roseau des cornes de bovin
et sur la canne qui faisait le bourdon on y a ajouté cinq trous.
C'est à ce moment que la magrouna apparaît. Pour jouer de cet
instrument, il faut beaucoup de souffle. À cause de cela, une
peau de chèvre a été ajouté pour créer une chambre à air et ainsi
faciliter l'utilisation de l'instrument. Cet objet a été appelé
le mezued.
De par sa composition de matières premières, le magrouna
était utilisé par les Bédoins pour les soirées de fête et pour
se divertir. Cette utilisation est semblable à celle de l'harmonica.
Il est possible de voir que l'utilisation de ces deux instruments
est sembable de plusieurs points de vue. Malgré l'écart entre
les deux cultures, il y a chez ces deux peuples l'ingéniosité
et le désir de développer des instruments pratiques.
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