les cordophones

les cordophones

Les chkacheks
par Joya Donnelly

les chkacheks
fiche technique
Chkachecks
Fer
26,3 x 9,5 cm
Centre des musiques arabes et méditerranéennes, Tunisie
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Arrivée sur le sol de Tunisie, ma première découverte fut celle du Palais d'Erlanger, qui habrite aujourd'hui le Centre des Musiques Arabes et Méditerrannéennes. Magnifique trésor au coeur de la falaise de Sidi Bou Saïd, cet ancien domaine est aujourd'hui une mine de richesses insoupçonnables pour tous les curieux du monde.

La veine qui capta le plus mon attention fut celle de fer forgé, ornant la plupart des fenêtres en surplomb du palais. Exogène à l'architecture tunisienne avant les contacts entre la péninsule ibérique et le Maghreb, cette particularité est donc le résultat des migrations andalouses.

Cependant, ici, ce ne sont pas les castagnettes que l'on entend résonner dans la danse, mais plutôt les « Chkacheks ». Cette paire de crotales de fer, dont la forme ressemble à un 8 plein, est jouée avec les deux mains et marque le rythme de la musique stambâli, parfois même au détriment de la mélodie ! Cette musique fortement rythmée est donc une caractéristique de la communauté noire de Tunisie. Celle-ci pratique alors des cultes de possession et de transe à la manière de ceux que l'on retrouve en Afrique Subsaharienne. En effet, la rencontre des peuples a contribué, comme ailleurs, à forger l'histoire de la Tunisie. À l'origine, ce style musical fut donc amené vers le nord par les migrations forcées d'esclaves noirs qui lui donnèrent un style bien particulier en Tunisie. Pour eux, les rythmes traditionnels devenaient alors le ciment de leur identité collective et le symbole de leur solidarité au milieu de la tourmente.

« Chkacheks fait battre nos coeurs : Pulsion !
Chkacheks donne nous le rythme de la vie : Courage ! »

Comme le fer forgé du palais, les Chkacheks sont également fait de métal. À l'époque, le forgeron s'occupait de leur confection, travaillant la matière pour lui donner la forme adéquate. Cependant, avec le déclin de cette profession, les chkacheks ne sont plus vendus sur le marché et on m'a raconté qu'il n'existe plus dans la ville de Tunis qu'un ou deux artisans qui puissent se charger de leur fabrication.

Le tempo semble donc ralentir, mais pour celui qui voudrait le battre, le fer est encore chaud.

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