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La
gadoulka
par Evguenia,15 ans
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Gadoulka
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Gabrovo
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1992
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Corps : noyer,
Table supérieure, chevalet et âme : épicéa
Cordes : métal
Baguette de l'archet : cornouiller
Crins : de
queue de cheval
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Lycée
privé de langues étrangères Alexandre
Dumas, Bulgarie
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Depuis des années,
nous passons en été quelques jours dans un petit village en haute
montagne. Le calme de la forêt séculaire, l'hospitalité des montagnards
nous font oublier la course tumultueuse de la grande ville. Nous
abandonnons la voiture et nous suivons un sentier abrupt. Et, inévitablement,
à un moment, entre le ronron des ruisseaux et le chant des oiseaux,
on entend se glisser furtivement un air mélodieux. Bien que triste,
il nous réjouit, parce que cela signifie que le village n'est plus
loin, que le vieux berger est toujours vivant et que, assis sur
une souche, il joue de sa gadoulka.
Mais cette année, il n'y était pas. L'automne approchait, le jour
s'éteignait et la montagne semblait déserte. Saisis d'angoisse,
nous avons pressé le pas et...nous avons poussé un soupir de soulagement : une mélodie gaie arrivait d'un hangar vivement éclairé. Tout le
village y était réuni. Les femmes tricotaient ou filaient, les hommes
se racontaient des histoires vécues ou imaginées, les filles faisaient
de la broderie et les garçons les taquinaient. Et par dessus les
bavardages et les rires s'élevait l'air gai de la gadoulka qui chantait
la joie de vivre. C'était une de ces veillées que les villageois
organisent souvent pour travailler et s'amuser ensemble.
Le visage du vieux berger semblait rajeuni.
« Grand-père, lui ai-je
dit, je croyais que ta gadoulka ne savait que pleurer ».
« Elle est
comme les hommes, m'a-t-il répondu. Elle pleure dans la solitude.
Mais entourée de gens heureux, elle s'en donne à coeur-joie ».
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