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Le
kanyahte'ka'nowa (hochet-tortue)
par Josée, 19 ans
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Kanyahe'ka'nowa
(hochet-tortue)
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Collection
du laboratoire de recherche sur les musiques
du monde (LRMM)
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Faculté
de musique, Université de Montréal , Canada
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DE LA DESCRIPTION À L'INTERPRÉTATION - Kanyahte'ka'nowa
- Hochet-tortue
L'historien Gilles Villemure affirme que « toute civilisation
est d'abord l'espace où elle prend racine ». La
culture amérindienne au Canada ne fait pas exception à
la règle, bien qu'elle soit plutôt méconnue,
voire inconnue, d'où mon étonnement à la vue
du hochet-tortue. Ayant étudié la musique durant près
de 10 ans, le piano en l'occurrence, j'ai pu me familiariser avec
les instruments de l'orchestre (les percussions, les instruments
à vent et à cordes) ; or, j'ignorais à
peu près tout de le famille des idiophones à laquelle
appartient le hochet-tortue jusqu'à ma visite de l'exposition
Regards croisés.
Cet instrument, formé par une carapace de tortue, des lanières
de cuir et de bois (ces dernières faisant figure de manche)
nous provient de Brandford en Amérique du Nord et est communément
associé à la famille linguistique iroquoïenne.
Cousin canadien des maracas espagnols ? Non, le caractère
religieux de l'instrument lui confère sans aucun doute une
spiritualité exclusive liée à ses propriétés
magiques. Mais pourquoi avoir choisi la tortue ? C'est dans
la mythologie iroquoise cette fois qu'il nous faut chercher la réponse.
En effet, on apprend que la tortue occupe une place très
importante dans la cosmogonie amérindienne : elle supporte
la terre sur son dos (tâche loin d'être simple !
), ce qui explique sans doute la lenteur de sa marche, d'où
se dégage, à mon avis, une certaine sagesse. De plus,
une analogie intéressante découle de cette symbolique :
la tortue, dont la vulnérabilité n'est pas sans rappeler
celle de l'homme face au monde environnant, est protégée
par sa carapace, par le monde. Or, cette protection se veut réciproque
puisque l'homme se doit en retour de prêter attention à
la nature qui l'entoure et qui assure sa survie en lui fournissant
l'air, la nourriture, l'abri... ; le mode de vie amérindien
illustre bien cet idéal de cohabitation harmonieuse. Et il
semblerait que l'artiste-musicien, conscient de cette réalité,
a voulu l'exprimer dans son oeuvre. En effet, l'objet lui-même
en témoigne : le hochet-tortue est un alliage d'éléments
de la nature animale (la carapace de tortue) et végétale
(le bois) et d'ingéniosité humaine
(le génie musical).
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