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La
scie musicale (ou singing saw ou musical saw ou singen säge)
par Nancy, 20 ans
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Scie
musicale
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Collection
du laboratoire de recherche sur les musiques
du monde (LRMM)
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Faculté
de musique, Université de Montréal , Canada
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Attirée par les objets inusités, je n'ai pas réussi
à détourner mon regard d'un objet m'étant pourtant
familier, lors de ma visite au musée de la musique de l'Université
de Montréal. Puisque je devais choisir un objet parmi ceux
de la collection pour la mise en page d'un musée virtuel
sur Internet, je n'ai pas pu faire autrement que d'arrêter
mon choix sur cet objet qui retenait toute mon attention. Bien connu
comme outil de construction servant à couper le bois, j'étais
très étonnée de retrouver la scie parmi les
instruments de notre folklore québécois. Curieuse
de nature, j'ai voulu en savoir plus sur l'aspect musical de la
scie. Malheureusement, il y avait un manque d'informations sur le
sujet. Je tiens toutefois à vous partager mes découvertes.
Tout d'abord, je veux corriger une erreur trop souvent faite. Le
nom approprié pour désigner la scie en tant qu'instrument
de musique est : « scie musicale » et non
pas « égoïne » comme bon nombre
de personnes croient. Le mot « égoïne »
est le nom d'une sorte de scie avec des caractéristiques
tout à fait particulières qui la différencient
des autres scies. Donc le terme exact est « scie musicale »,
car il englobe toutes les scies peu importe leurs particularités.
Passons maintenant à un volet un peu plus technique concernant
la scie musicale. La scie est sans aucun doute l'instrument le plus
facile à fabriquer, mais il est très difficile d'en
jouer. La scie se compose d'une lame de métal munie d'un
manche de bois à l'extrémité. Pour bien jouer
de cet instrument, il faut placer le manche entre les jambes et
faire courber la lame avec une main pour qu'elle ressemble à
un « S ». De l'autre main, il faut frotter l'archet
(emprunté au violon) contre la lame dentelée et le
tour est joué.
Faisons maintenant un peu d'histoire. Même si les origines
de la scie musicale ne sont pas connues, on pense que ce sont les
bûcherons français qui auraient transformé la
scie en instrument de musique afin d'oublier les longues nuits en
forêt. Mais rien n'est confirmé et tout n'est qu'hypothèses.
Ce n'est que vers le milieu des années 1900 que la scie eût
un regain de popularité dans les « music-hall c
et les scènes vaudevillesques. On peut dire que grâce
à Henry Sauguet et sa pièce musicale Plainte, la scie
musicale est maintenant reconnue comme un véritable instrument
de musique. En ce qui concerne les artistes québécois,
la « Bottine souriante », groupe folklorique
québécois contemporain, utilise parfois la scie en
concert ainsi que « Perdu l'nord ». De plus,
dans le domaine de l'humour, on se rappelle des « Fous bracs
» et de leur numéro musical avec plusieurs objets inusités
dont la scie. Plus encore, il y a le clown Chocolat qui l'utilise
pour divertir les jeunes.
On peut donc constater que la scie musicale est encore très
peu connue, mais qu'il y a un retour à la source qui semble
se faire ! Peut-être qu'un jour les jeunes voudront apprendre
à jouer de la scie musicale plutôt que le piano !
Peu importe le futur, la scie restera un des instruments de musique
de notre patrimoine canadien le plus amusant.
Extrait musical : Rodrigue Chocolat Tremblay
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