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Kabosa
(luth pincé)
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Pays
islamisés
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Date
inconnue, probablement introduit au XIIe
siècle
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70 x 7,5 cm Bois
dur, fil métallique.
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Musée
d'art et d'archéologie de l'Université
d'Antananarivo, Madagascar
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Frappée par la richesse instrumentale traditionnelle malgache,
j'ai été fascinée par une des expositions auprès d'un musée d'Antananarivo,
notre capitale. Je n'ai pas pu résister à me pencher sur ces instruments
de musique qui revêtent pour moi une grande importance tant bien
culturelle qu'historique.
Depuis mon enfance, j'ai fréquemment assisté à des manifestations
musicales. Poussée par cette passion, mon attention va vers la
catégorie des cordophones, à savoir le kabosa. Au cours d'un spectacle
organisé par des artistes célèbres dans un endroit culturel, j'ai
eu l'occasion d'entendre jouer de cet instrument : sa sonorité
remarquable m'a beaucoup étonnée. En outre, ma vue a énormément
contribué à son appréciation.
Historiquement, le kabosa est déjà connu avant l'ère chrétienne.
À l'origine, il fait son apparition en Assyrie ou Égypte. Par
la suite, il se retentit en Asie, grâce aux apports civilisateurs
des migrants islamiques. Son nom QÜBÜZ ou étymologiquement luth
court est d'origine turque. À Madagascar, il provient de la région
du Nord-Ouest et porte le nom de kabosa. Cet instrument est utilisé
dans plusieurs circonstances : les réjouissances familiales, les
sérénades des jeunes et le passe-temps des travailleurs. Du point
de vue culturel, il est devenu courant lors des activités sportives
dans la région du Sud-Ouest de l'île, voire cérémonie rituelle.
Classé parmi les instruments folkloriques, le kabosa conserve
son authenticité grâce à son timbre.
Du point de vue technique, ce genre d'instrument musical à cordes
avec médiator ressemble un peu à la lokanga bara dans sa fabrication.
Il se compose d'un bois d'un seul tenant, creusé en son milieu
pour obtenir la caisse de résonance, ayant la forme d'un fond
plat ou d'une demie-sphère, percée pour qu'il y ait une ouverture
permettant le passage des vibrations sonores et leur amplification.
Soutenu par un chevalet, les cordes varient en nombre (2 à 6 cordes).
Cet instrument comprend aussi un chevillier et un cordier à l'extrémité
inférieure. De courte taille, il mesure en moyenne 66 cm. Le son
léger s'obtient en pinçant les cordes supérieures avec un médiator
en corne de zébu, tandis que pour le son aigu on gratte la partie
de la corde vibrante. En jouant sur les 2/3 de la corde, il donne
un son plus aigu encore. La hauteur des sons dépend de la grosseur
et de la tension de la corde. Cet instrument est parfois accompagné
de chant. Il est difficile d'affirmer le propriétaire de cet objet.
Malgré l'absence des écoles de musique traditionnelle et l'ignorance
du solfège, les joueurs de kabosa se fient tout simplement à leur
don naturel et à leur inspiration pour réaliser ou composer des
chansons. Peu importe, il restera toujours dans la série instrumentale
de notre patrimoine. Instrument autrefois un peu délaissé, il
devient actuellement de plus en plus familier, apprécié par un
grand nombre d'auditeurs et adoré par la nouvelle génération.
Devenu courant dans le music-hall, il retentit partout dans le
monde. Bien qu'il soit un objet de collection resté longtemps
inusité au musée, il est joué même dans la rue et réintégré dans
les centres musicaux grâce à la découverte des talentueux au cours
d'une tournée.
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