|
|
|
Jejy
voatavo (ou cithare sur bâton, lokanga
voatavo)
|
|
Égypte
ancienne
|
|
Une
calebasse, un bâton, des cordes en sisal
ou en acier
|
|
69,7
cm
|
|
Musée
d'art et d'archéologie de l'Université
d'Antananarivo, Madagascar
|
|
|
|
|
|
La musique a occupé et occupe toujours une grande place dans
la vie sociale et familiale de tout Madagascar. Elle est omniprésente
dans tous les grands événements du peuple malgache.
Un jour, je me suis trouvée face à un ami qui m'a
invitée à rejoindre un groupe de jeunes chercheurs,
travaillant sur la musique malgache et j'en été fascinée.
C'est pourquoi j'ai le plaisir de vous faire part de mes recherches
sur la cithare sur bâton ou lokanga voatavo. Même si
je n'en ai encore jamais entendu jouer, j'estime qu'il est l'un
des instruments qui méritent d'être étudiés.
À Madagascar, la cithare sur bâton est connue sous
deux noms : lokanga voatavo (instruments à calebasse) et
en swahili dzedzy ou jejy : mot qui paraît remonter d'un
nom de la harpe de l'Égypte ancienne « ede ».
On rencontre même à l'Ouest la contamination « dzédzivoatavo ».
Elle est répandue dans tout Madagascar, exception faite dans
la région nord de l'île.
La cithare sur bâton a une similarité de fabrication
d'avec le viole-violon européen. De taille très variable,
elle peut atteindre 50 cm à 80 cm de longueur. Sa caisse
de résonance peut revêtir plusieurs formes : en calebasse
ou fabriqué tout simplement avec un bidon d'huile.
Elle était jouée et abandonnée aux esclaves,
puis aux citharèdes d'aujourd'hui, appelés encore
mpilalao et dont le répertoire musical relève plutôt
de la ritournelle des amuseurs. Il semble qu'un musicien de la périphérie
d'Antananarivo a eu la spécialité de fabriquer de
cithares de ce genre et a joué du jejy à travers les
rues de la capitale. Elle est d'origine africaine, se présente
sous plusieurs formes et porte des noms différents selon
les régions.
La cithare sur bâton est un instrument autonome dont le son
est produit par pincement. Elle se compose de trois cordes (pouvant
aller jusqu'à dix), en fibres de raphia adaptées le
long d'une planchette en guise de manche. Ses cordes échangées
en câbles améliorent beaucoup sa sonorité. La
calebasse, servant d'amplificateur, est pressée contre la
poitrine et le bâton descend de biais dans un angle de 40°
de manière à offrir les 3 ressauts à l'index,
au médium et à l'annulaire. Par contre, la main droite
supportant le bâton près de la calebasse, pince la
corde avec son médium.
La lokanga voatavo ne s'emploie pas dans des cérémonies,
mais seulement dans les chants récitatifs, contes, légendes
et satires. Elle est aussi utilisée pour la délectation
à l'occasion des réjouissances familiales et les fêtes
villageoises, ainsi que pour amuser les petits enfants le soir,
auprès du feu, avant le dîner. Dans le faritany d'Antananarivo,
il n'est plus qu'un simple objet de décoration dans certaines
maisons. Instrument particulièrement intéressant,
mais malheureusement en voie de disparition dans certaines régions,
la cithare sur bâton garde une notoriété certaine
en pays betsileo ; le fait d'être connus d'une manière
certaine, les citharèdes jouent généralement
en duo et l'analyse de leur technique d'exécution fait comprendre
qu'ils pratiquent l'alternance à tous les niveaux.
|