|
|

|
Ampongabe
(tambour)
|
|
Europe
|
|
XIXe siècle
|
|
Peau
de chèvre, de zébu ou de mouton. Du bois
souple, corde en sisal, morceau de tissu
pour la baguette, clous, tiges de bambou
|
|
34
x 70 cm
|
|
Musée
d'art et d'archéologie de l'Université
d'Antananarivo, Madagascar
|
|
|
|
|
On peut dire que Madagascar est riche en instruments de musique.
Je ne vais pas les citer tous ici, mais seulement je vais parler
d'un de ces instruments qu'est l'ampongabe (grand tambour). J'aime
bien jouer l'ampongabe, voilà pourquoi je l'ai choisi.
Venant de l'Afrique, des Comores, de la Malaisie, de l'Inde et
des pays islamisés, il a une forme cylindrique. À
Madagascar, il y a beaucoup de variétés telles que
le hazolahy, le langoro, le daba, le trotrobe, et autres. L'ampongabe
fut introduit dans notre île vers le XIVe siècle.
Il est fabriqué avec des planches de bois tendre et flexible de
5 mm d'épaisseur, appelés hazondrano ou volomborona. Le hazondrano
forme le corps et les deux cerceaux de tension. On tend les deux
peaux de mouton ou de chèvre sur deux cerceaux à la tige de bois
équarrie. Il faut que les deux peaux soient plus grandes que la
circonférence des cerceaux pour qu'on puisse les tendre avec une
corde en sisal qui passe en forme de W dans des petits trous qui
ont été percés avec du fer rouge sur les deux peaux.
Lorsque les Malagasy jouent de l'ampongabe, ils ne peuvent pas
se passer du langoroana qui est sa compagne inséparable. Le langoroana
est plus petit que l'ampongabe et le son est roulé à cause des
trois ficelles tendues sur l'un des cerceaux.
L'ampongabe est utilisé pendant la circoncision, lors de l'exhumation
ou des fêtes publiques. On en joue toujours en plein air à cause
des sons très forts qu'il donne.
À Madagascar, le grand tambour est considéré comme le tambour
femelle et le plus petit représente le tambour mâle à cause de
sa taille mais aussi parce qu'il est léger et est facile à manipuler.
Les gros tambours existent surtout sur les Hautes Terres centrales
et sont utilisés par les chanteurs folkloriques populaires des
Hautes Terres (les mpihira gasy).
L'ampongabe se joue en le frappant avec deux baguettes dont l'une
est en tige de roseau et l'autre en bois. Une extrémité est entourée
de tissu assez épais.
Les Malagasy ont une façon assez particulière de battre du tambour,
car des fois, c'est la partie nue de la baguette, c'est-à-dire
l'extrémité sans tissu, qu'ils utilisent. Lors d'un spectacle
de mpihira gasy, on bat très fort du tambour pour annoncer qu'ils
vont commencer. Avant de finir, seuls les joueurs du grand tambour
(l'ampongabe) et de son petit compagnon (le langoroana) improvisent,
laissant sous leur charme, pendant quelques instants, les danseurs
en délire.
|