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Diapason
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Métal
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Musée
acadien
de l'Université de Moncton,
Canada
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Le diapason, famille des idiophones
Parmi la collection d'instruments de musique au Musée acadien,
un petit objet d'acier en forme de fourche, qui est très
connu aujourd'hui, attire l'attention de plusieurs observateurs.
Cet instrument qui a pour fonction de donner le ton parfait d'une
note, accorde les meilleures chorales et les grands orchestres.
De même, il est exceptionnel puisqu'il émet la note
DO, contrairement à la note standard LA. Cet instrument
qui donne le ton nous rappelle l'importance des chants en Acadie.
Durant la déportation, les gens de Grand-Pré chantaient
pour apaiser la douleur de ces temps pénibles. En 1755,
les Acadiens de Grand-Pré vécurent le moment le
plus difficile dans l'histoire de leur peuple. Le colonel anglais
Winslow ordonna aux Acadiens de se diriger dans les bateaux qui
devaient les transporter en exil. Les familles qui furent séparées
exprimèrent leur désarroi en pleurant, en priant
et en chantant.
Seuls les cantiques pouvaient exprimer la souffrance chez les
Acadiens. Ils étaient renvoyés de leur église
où ils s'y étaient réfugiés puisque
leurs maisons étaient en flammes. Au village de Grand-Pré
seulement, deux cents cinquante Acadiens devaient quitter leur
terre, leurs amour, leur avenir. Cependant, l'espoir se faisait
entendre par une simple mélodie : « Faux
plaisirs, vains honneurs, bien frivoles, Aujourd'hui recevez nos
adieux. Trop longtemps vous fûtes nos idoles, Trop longtemps
vous charmâtes nos yeux. » 1
La tonalité de la voix en ces temps tragiques n'était
non pas ajustée par un outil comme le diapason, mais par
le coeur. Les chants les plus douloureux devenaient les plus belles
mélodies, le son étant vrai et pur. Lorsque nos
ancêtres revinrent dix ans plus tard dans leur pays, ils
eurent encore des difficultés à surmonter. Ils n'étaient
pas considérés comme des citoyens, voire comme des
êtres humains. Alors, les cantiques reprirent de plus belle,
cette fois ils furent publiés, transcrits et chantés.
La route semblait être longue, et leurs malheurs chantaient
les plus belles mélodies effaçant toute tristesse.
Toutefois,
au fur et à mesure que les acadiens retrouvèrent
leur place dans la société canadienne, les hymnes
des jours où tout allait mal furent oubliés. Reste
que l'on se souvient des misères que vécurent les
acadiens lors de la déportation, surtout lorsque le diapason,
comme celui du musée acadien, nous rappelle leurs prières
et leurs chants d'espoir...
1 Extrait de « Faux
plaisirs, vains honneurs », Collections of Nova
Scotia Historical Society, Halifax, 1881, p.153
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