les aérophones

les cordophones

Le nay
par Sara

le nay
fiche technique
Nay (flûte),
Bois, cuivre
47,5 x 2 cm
Musée canadien des civilisations,
Canada

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Le Saviez-vous ?
Nom : Nay ou ney (flûte).
Qu’est-ce que c’est : un instrument de musique.
Famille : bois.
Tessiture : environ un octave.
Matériau : roseau, bois ou métal.
Dimensions : variables, mais généralement de 58 à 69 cm de longueur.
Classification : aérophone : le son est produit par la vibration d’une colonne d’air.

Ses origines
Le nay est une flûte très populaire au Moyen-Orient, dans le Maghreb et en Asie centrale qui existe depuis l’Antiquité. Son utilisation par les Egyptiens remonte au troisième millénaire avant J.-C. La flûte oblique orientale (arabo-iranoturque) est un instrument de musique très ancien, dont le nom provient du mot persan « ney » (roseau). Son essor est liée à celui de la civilisation islamique au sein de laquelle le nay est un instrument traditionnel à la fois populaire, savant et sacré. Il exprime alors aussi bien la rêverie du berger, le raffinement esthétique classique ou le souffle mystique des derviches, soufis et initiés de diverses congrégations de l’Islam, dont les « mevlevis-tourneurs » de Turquie. Depuis le XIe siècle, les sectes islamiques Sufi et Derviche de Turquie et d’Iran utilisent le nay pour provoquer des états de transe et d’extase.


Sa construction
En bronze et laiton, le nay est de grandeur moyenne. Il est fait d’un simple tuyau cylindrique, percé de sept trous latéraux sur l’une des faces, de deux sur l’autre. Du côté A, on retrouve une sorte de renflement servant d’appui aux lèvres avec un second renflement du côté B. La paroi est assez mince (à peine 1 mm). Elle s’épaissit un peu vers le côté inférieur de l’instrument. Du côté A, on aperçoit un second tube très court et emboîté dans le tube principal de cette flûte. La paroi est décorée de quatre anneaux métalliques et de cercles concentriques groupés par trois. Les trous qui se trouvent à l’endroit d’un des anneaux sont percés après la fixation de l’anneaux. Un petit trou supplémentaire perce la paroi vers le dernier anneau de la partie inférieure (du côté B). La signification de ce trou n’est pas claire, il s’agit-peut-être d’un trou d’accordage ou de suspension.

Le nay arabe est constitué d’un simple roseau ouvert aux deux extrémités, dépourvu d’encoche, dont les caractéristiques sont constantes et indépendantes de la dimension, du timbre ou du registre. Le roseau doit être, de préférence, constitué de neuf segments et six trous antérieurs répartis en deux groupes similaires de trois placés dans les sixième, septième et huitième segments.

Le nay turque comporte une embouchure en ivoire, en os, ou en écaille et quelques bagues de décoration.

Le nay iranien comporte souvent une embouchure de métal qui facilite le jeu.


Comment jouer du nay
Pour jouer du nay, on dispose l’extrémité supérieure contre sa lèvre inférieure (parfois ses dents en Iran) et on incline la tête et le roseau selon deux obliquités différentes. Le souffle se brise sur l’extrémité supérieure et donne le son.

Le nay se tient verticalement comme une flûte à bec, mais sa technique de jeu est beaucoup plus complexe, car l’embouchure reste ouverte, les lèvres couvrant presque le bord. Seuls les virtuoses peuvent couvrir les trois octaves de certains nay. Pour y parvenir, les musiciens utilisent plusieurs flûtes de tailles différentes. Les flûtistes orientaux, pour éviter les transpositions par les doigtés, disposent en général d’une bonne dizaine de nay, dont chacun donne un fondamental et un registre différents. Ils peuvent ainsi transposer en conservant leurs doigtés et jouer de concert avec différents instruments et chanteurs.

Le fondamental et les divers degrés (trois octaves moins une note) sont obtenus par la disposition de doigts et la force du souffle qui donne la quinte et les deux octaves des notes graves. Les mini-intervalles dépendent de l’inclinaison relative tête-roseau et de l’obturation partielle des trous. La maître du nay est donc le fruit d’une longue expérience. Le timbre du nay, voilé et blessé, doit être respecté. Il est symbolique de souffle vital. Les inflexions sont riches en harmoniques et provoquent des effets dépassant la mélomanie conventionnelle, d’où les succès actuels des nay.


Bibliographie
Larousse de la musique, volume 2, page 1085, Librairie Larousse, Imprimerie Berger-Lerault, Nancy, 1982.
Article sur le nay, disque compact provenant du Musée canadien des civilisations.
Baines, Anthony, The Oxford Companion to Musical Instruments, pages 118, 219 et 220, Oxford University Press, 1992.

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