les cordophones

les cordophones

Le violon... eux !
par Josée, 18 ans

le violon
fiche technique
Violon
Mont-Laurier, Québec
1982
Érable, épicéa, cèdre
62 x 24 x 10 cm
Musée canadien des civilisations,
Canada

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Le violon n'est pas un instrument d'origine canadienne. La présence de violons au Canada remonterait à 1645, tel que noté dans Les Relations des Jésuites, à l'occasion d'un mariage célébré à Québec où « il y eut deux violons pour la première fois ». Le violon étant dès le début du XVIIe siècle l'instrument principal des danses folkloriques européennes, il est possible, bien que les références écrites sont à peu près inexistantes, d'en déduire qu'il animait la plupart des soirées en Nouvelle-France : veillées, danses et bals. C'est dans les archives de la Baie d'Hudson de 1749 que nous sont présentés les trois premiers violoneux : « En compagnie de trois violoneux, à savoir Geo. Millar, Willm. Murray et James Short, nos gens célébrèrent la soirée par des danses et des chants et tous se divertirent énormément ». Les employés écossais de la Compagnie de la Baie d'Hudson apportèrent avec eux lors de la traversée de l'Atlantique un grand nombre de violons ainsi qu'un vaste répertoire de musique de danse. Très tôt, par l'entremise des marchands de fourrure et des coureurs des bois qui sillonnent le pays, le violon devient partie intégrante de la culture traditionnelle et accompagne la littérature orale. En effet, le violoneux est beaucoup plus qu'un simple musicien ; c'est un conteur de légendes, témoin de la chasse-galerie, un meneur de bal . Les reels et les gigues dateraient en effet de cette époque, tandis que les cotillons et les quadrilles, traditions propres aux colons canadiens français non associées directement à la traite des fourrures auraient plutôt des origines françaises. Cette tradition musicale a bénéficié au cours des siècles d'un développement ininterrompu, enrichie notamment par les vagues successives d'immigrants en provenance du Vieux Continent. L'influence réciproque et les nombreuses variations locales contribuent notamment à enrichir le répertoire au fil des générations.

Ainsi, six traditions de violoneux distinctes peuvent être identifiées à la fin du XXe siècle, chacun se voulant un mélange d'anciennes mélodies et de nouveautés associées à un style de danse particulier : le style canadien-français au Québec et en Acadie ; les styles autochtones et métis dans le Nord-Ouest, dans le nord de l'Ontario et du Québec ; le style du Cap-Breton ; le style down east (Maritimes, Ontario et l'Est), amalgame des vieilles traditions irlandaises, anglaises, écossaises et allemandes ; le style ukrainien, populaire dans de nombreuses régions rurales des Prairies et les styles country et western. C'est essentiellement le coup d'archet qui les distingue les uns des autres. Le violoneux canadien-français pour sa part est reconnu pour le battement régulier des pieds, à l'origine son seul accompagnement, avant que la guimbarde, les cuillers, l'accordéon à boutons et l'harmonica complètent « l'orchestre ».

C'est ainsi que l'on peut conclure que le violon est un instrument central dans le développement du patrimoine musical canadien. Jusque vers 1960, la musique des violoneux constitua le principal genre musical des campagnes canadiennes.

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