les cordophones

les cordophones

La vielle-à-roue
par Philippe

la vielle-à-roue
fiche technique
Vielle-à-roue
St-Marc sur le Richelieu, Québec
1990-1991
Acajou, amaranth, érable, épicéa, ivoire, os, intestin, acier, cuir, cuivre
23,5 x 76 x 39 cm
Musée canadien des civilisations,
Canada

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Le fonctionnement :

La vielle-à-roue, comme on peut l'imaginer, n'est pas l'instrument le plus simple du monde. Pour jouer, il faut tourner la manivelle. Celle-ci rejoint un cylindre qui est à l'intérieur de l'instrument, et qui tourne sur un axe. Le cylindre frotte des cordes, six en particulier, et produit un son. Pour varier la hauteur du son, le joueur pianote sur le clavier de la vielle, comme un violoniste place ses doigts sur le cou de son instrument. Le clavier est situé sur la table d'harmonie, la pièce de l'instrument qui fait résonner le son. Le clavier est relié à des sauteraux qui viennent en contact avec les cordes lorsqu'on appuie sur les touches.

Si ce n'était que cela, la vielle-à-roue serait relativement simple. Mais cet instrument constitue un véritable orchestre. En plus des cordes, qui donnent la mélodie, s'ajoute la percussion ! Et oui, la vielle-à-roue contient aussi sont propre batteur ! Un battement se fait entendre quand, en tournant la manivelle, le musicien donne un coup sec. Alors la manivelle ne tourne pas également. Dépendant de la musique et du musicien, elle peut tourner :

Ø en 2 coups Boum Boum ... Boum Boum ... Boum Boum..........
Ø en 3 coups Boum Boum Boum ... Boum Boum Boum ...
Ø en 4 coups Boum Boum Boum Boum ... Boum Boum Boum Boum......

Mais tous les coups doivent être contenus dans un battement, qu'il y en ait 2, ou 10.

Et l'accompagnement, alors ? La vielle s'en occupe aussi ! Il y a deux cordes qui, en étant frottées, émettent un son continu. Comme je l'ai dit plus tôt, la vielle est un véritable orchestre à lui tout seul, et au contraire de d'autres instruments, celui-ci est très agréable à entendre tout seul.

La vielle est un instrument techniquement compliqué et instable, car elle est sensible à une multitude d'influences (température et humidité, cordage, état de la roue, mécanique des touches et des tangentes, etc.). Il n'y a pas deux instruments semblables, et chacun demande un réglage continu.

Un peu d'histoire...

La vielle, comme la cornemuse, était un instrument très répandu en Europe, et a été sujette à plusieurs rôles sociaux au cours des âges. Par exemple, elle fut à un temps instrument d'église, à un autre, instrument de nobles, de troubadours, de paysans, de mendiants, de bals ...

Chaque époque à changé l'aspect extérieur de la vielle. Par exemple, quand la popularité du luth déclinait au profit de celle de la vielle, les luthiers ont utilisé la méthode traditionnelle de fabrication de corps de luth pour y intégrer le mécanisme de la vielle, changeant alors complètement l'allure de la vielle. Et même avant ce changement-là, la vielle avait fait un gros saut dans son évolution ; elle est passée d'un instrument pour deux à un instrument jouable à un. L'instrument plus ancien (à deux joueurs) était très long et fin ; un homme tournait la manivelle et l'autre jouait sur le clavier. Un autre grand tournant pour la vielle est la révolution de 1789, où là elle passe d'instrument de nobles à instrument du peuple. Partout dans Paris se fait entendre les chanteurs de boulevards accompagnés de leurs vielles. De là, la vielle devient un instrument de campagne et est très bien adoptée par les paysans.

Au milieu de notre siècle, la vielle ne subsistait que comme instrument de tradition locale, notamment au centre de la France, en Biélorussie, et en Bulgarie. Pendant les années 1960, elle fut « redécouverte », sa popularité a monté, et elle a trouvé des rôles dans la musique de danse traditionelle, de musique baroque, et même dans le jazz et dans le rock !

La naissance de la vielle :

Les premiers signes d'un instrument similaire à la vielle remontent aux XIIe et XIIIe siècles. Il s'agit de l'organistrum. Il est surtout utilisé dans les églises et dans les abbayes, pour accompagner les chants thympanons. L'organistrum se jouait à deux.

On peut constater que la vielle peut prendre différents aspects ; cela dépend de l'âge du style. Certaines vielles du dernier siècle avaient l'allure de plusieurs livres mis ensemble, et la manivelle était bien dissimulée.

À cette vielle ci-contre a été ajoutée une trompette, pour mieux faire résonner le son, mais le résultat fut médiocre, et de plus elle était difficile à manier.


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