Le gota ou kagoest un instrument fabriqué à partir de l'enveloppe du calebassier (Crescentia alata de la famille des Bignoniacées) appelé « katin » en langue fon, d'où l'on extrait les gousses et que l'on fait sécher. Il est joué avec une peau d'animal séchée et taillée en forme d'éventail.
En effet, le gota est une invention du groupe socio-culturel Mahi, anciennement installé sur le plateau d'Abomey et qui, du fait de la persécution des Guédévi, ancêtres des Fon du royaume du Danhomê, alla s'installer sur les collines de Savalou au centre-nord du Bénin. C'est dans ce contexte que ce peuple a abandonné le « zinli » (idiophone sous forme de canari en argile) pour adopter le gota, en calebasse et moins fragile.
Cet instrument d'origine mahi s'est diffusé dans plusieurs régions, si bien qu'aujourd'hui, il se joue dans presque tout le sud du Bénin. Au nord du Bénin, par contre, il est aussi en usage sauf qu'il ne porte pas le même nom et ne s'utilise pas de la même manière.
Le gota est généralement joué par les hommes et n'exige pas de condition particulière pourvu qu'on l'apprenne et en acquière la maîtrise. À cet effet, un joueur titulaire du gota est toujours suivi d'un autre qui prendra plus tard sa relève.
Par ailleurs, le gota se jouait dans le rythme tchinkoumè lors des cérémonies funéraires, notamment le « yonoutcho » et le « ahidjèkpé », respectivement première et dernière étapes de la liturgie des morts en milieu traditionnel mahi. À cause de sa résonance caverneuse, il représente pour le Mahi, le monde de l'au-delà.
Audjourd'hui, cet instrument appartient à l'arsenal orchestral de plusieurs groupes musicaux et constitue un des apports certains de la culture mahi au patrimoine musical de notre pays.
Patrick EFFIBOLEY