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Alounloun (canne à percussion)
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Porto-Novo
(Département de l'Ouémé)
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Musée
ethnographique Alexandre Sènou Adandé, Bénin
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On ne saurait
parler du Bénin sans parler de Porto-Novo. Évoquer cette ville
sans faire allusion à une musique poétique où chants et danses
se mêlent, l' « Adjogan », serait impardonnable. Tout d'abord, je
voudrais clarifier la confusion qui se fait au niveau de l'instrument
et de sa musique. L'instrument s'appelle alounloun et la musique
est dénommée « Adjogan ».
Mais comment se présente l'alounloun et d'où vient-il ? L'alounloun
est une baguette d'environ un mètre, à axe en fer recouvert de
cuivre permettant l'entraînement d'anneaux agités manuellement
pour l'harmonie de la musique. Quant à savoir d'où il vient, nous
devons remonter dans l'histoire.
Au départ, l'alounloun était une baguette qui symbolisait le
pouvoir du roi à Allada (un royaume du sud du Bénin). Et Tè Agbanlin,
fondateur du royaume de Porto-Novo, l'a hérité de son père, le
roi Dè Kopkon, à la mort de celui-ci. Lors de sa migration vers
le sud-est du Bénin où il créa le royaume de Hogbonou (aujourd'hui
Porto-Novo), il l'emporta avec lui. À sa mort, et de succession
en succession, l'alounloun subit des transformations compte tenu
du goût et des aspirations de chaque roi. Il fut véritablement
transformé en instrument de musique par le roi Dè Gbègnon pour
rendre hommage aux mânes de ses ancêtres.
Dans le temps, cet instrument était joué non seulement pour rendre
hommage aux rois défunts mais aussi aux rois vivants, lors des
cérémonies d'intronisation des rois ou de consécration des « Mito »
(ministres du roi ) par les « Ahossi » (épouses du roi et cela dans
l'enceinte de la cour royale). Ces dernières sont alignées en
rangées de six femmes, accompagnées d'autres qui jouent aux gongs
ou battent des mains.
Cet instrument, on le jouait aussi dans les villages qui étaient
sous l'autorité du roi de Porto-Novo et en son honneur. Il en
est de même aujourd'hui ; mais puisqu'avec le modernisme, le roi
ne prend plus autant d'épouses, ce rôle est désormais dévolu aux
épouses des princes. Aussi, pouviez-vous le voir jouer dans les
cinq dynasties de Porto-Novo où on choisissait le souverain de
façon rotatoire ainsi que dans les églises catholiques, lors des
scènes de l'épiphanie et de la procession de la fête du Christ-Roi
pour rendre hommage au Christ, Roi de l'Univers . Avec son introduction
dans le culte de l'Église catholique à Porto-Novo, l'alounloun
a subi des modifications . L'oiseau crêté, symbole du roi Kokpon
est remplacé par la croix, signe de sa christianisation. S'il
vous arrive de venir au Bénin, ne ratez en aucun cas l'occasion
de voir cet instrument et d'entendre jouer la musique. Vous serez
ébloui.
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