les idiophones

les cordophones

L'alounloun (canne à percussion)
par Marie-José KOGBETO, 18 ans, Lycée BEHANZIN, Porto-Novo

l'alounloun
fiche technique
Alounloun (canne à percussion)
Porto-Novo (Département de l'Ouémé)
Musée ethnographique Alexandre Sènou Adandé, Bénin
<img src="../Images/Instruments/Animation_francais/Jeunes/measac04.gif" width=75 height=75 border=0 usemap="#measac04Map">
<img src="../Images/Instruments/Animation_francais/Jeunes/measas04.gif" width=45 height=45 border=0 usemap="#measas04Map">

On ne saurait parler du Bénin sans parler de Porto-Novo. Évoquer cette ville sans faire allusion à une musique poétique où chants et danses se mêlent, l' « Adjogan », serait impardonnable. Tout d'abord, je voudrais clarifier la confusion qui se fait au niveau de l'instrument et de sa musique. L'instrument s'appelle alounloun et la musique est dénommée « Adjogan ».

Mais comment se présente l'alounloun et d'où vient-il ? L'alounloun est une baguette d'environ un mètre, à axe en fer recouvert de cuivre permettant l'entraînement d'anneaux agités manuellement pour l'harmonie de la musique. Quant à savoir d'où il vient, nous devons remonter dans l'histoire.

Au départ, l'alounloun était une baguette qui symbolisait le pouvoir du roi à Allada (un royaume du sud du Bénin). Et Tè Agbanlin, fondateur du royaume de Porto-Novo, l'a hérité de son père, le roi Dè Kopkon, à la mort de celui-ci. Lors de sa migration vers le sud-est du Bénin où il créa le royaume de Hogbonou (aujourd'hui Porto-Novo), il l'emporta avec lui. À sa mort, et de succession en succession, l'alounloun subit des transformations compte tenu du goût et des aspirations de chaque roi. Il fut véritablement transformé en instrument de musique par le roi Dè Gbègnon pour rendre hommage aux mânes de ses ancêtres.

Dans le temps, cet instrument était joué non seulement pour rendre hommage aux rois défunts mais aussi aux rois vivants, lors des cérémonies d'intronisation des rois ou de consécration des « Mito » (ministres du roi ) par les « Ahossi » (épouses du roi et cela dans l'enceinte de la cour royale). Ces dernières sont alignées en rangées de six femmes, accompagnées d'autres qui jouent aux gongs ou battent des mains.

Cet instrument, on le jouait aussi dans les villages qui étaient sous l'autorité du roi de Porto-Novo et en son honneur. Il en est de même aujourd'hui ; mais puisqu'avec le modernisme, le roi ne prend plus autant d'épouses, ce rôle est désormais dévolu aux épouses des princes. Aussi, pouviez-vous le voir jouer dans les cinq dynasties de Porto-Novo où on choisissait le souverain de façon rotatoire ainsi que dans les églises catholiques, lors des scènes de l'épiphanie et de la procession de la fête du Christ-Roi pour rendre hommage au Christ, Roi de l'Univers . Avec son introduction dans le culte de l'Église catholique à Porto-Novo, l'alounloun a subi des modifications . L'oiseau crêté, symbole du roi Kokpon est remplacé par la croix, signe de sa christianisation. S'il vous arrive de venir au Bénin, ne ratez en aucun cas l'occasion de voir cet instrument et d'entendre jouer la musique. Vous serez ébloui.


texte précédent
texte suivant