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les cordophones

Le gankéké (gong)
par Praxelle Euriche MIGAN, 20 ans, Lycée BEHANZIN, Porto-Novo

le gankéké
fiche technique
Gankéké (gong)
Abomey (Département du Zou)
1957
Fer
35 x 6 cm
Musée ethnographique Alexandre Sènou Adandé, Bénin
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Lorsque vous arrivez au Bénin, il vous est possible d'entendre souvent résonner le gong : ginko ! ginko ! C'est un instrument de musique sacré et populaire formé de deux entonnoirs en fer forgé, strictement disproportionnés. Cependant, ils ont un bout commun qui sert de manche.

Le joueur tient d'une main le manche de l'instrument recourbé à l'extrémité et de l'autre, il tape avec un morceau de bois sur le corps, représenté par l'entonnoir. Il peut être simple ou jumelé. Le son produit par la percussion est ké-ké-ké d'où son appellation de gankéké (gan étant le fer).

C'est un instrument de musique joué par n'importe quel groupe musical du sud du Bénin. Il sert alors d'accompagnement . On le joue dans le rythme « gangbo » de la région de Porto-Novo, à la sortie des « Zangbéto », gardiens de la nuit. On peut retrouver toute une série de gongs, de différente taille dont le « gangbo » ou gong parlant qui a donné son nom au rythme. Dans les couvents vodoun, c'est un instrument rituel que joue la prêtresse, les matins et les soirs, devant les temples du « Doudoua » et « Dan » (divinité de l'arc-en-ciel) pour les saluer ou les vénérer. De même, il est utilisé pendant les processions en l'honneur de ces divinités par un éclaireur, comme pour demander aux profanes de céder le passage, au risque de subir un mauvais sort.

Dans les palais royaux de Porto-Novo et d'Abomey, il est très utilisé. Au palais d'Abomey, c'est le griot ou « kpanligan » qui s'en sert pour chanter les hauts faits des rois, tous les matins en faisant le tour du palais. Au plan social, il sert à transmettre des messages. Lorsque vous l'entendez résonner, il vous invite au silence pour l'écoute d'un message important.

Il est également utilisé à des fins thérapeutiques, pour traiter le bégaiement chez les enfants par exemple. C'est impensable, n'est-ce pas ? C'est à cela que nous conduisent les profondeurs de la culture béninoise.


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