|
Le
kpanouhoun
par Pulcherie ANATO, 19 ans, Lycée BEHANZIN, Porto-Novo
|
|

|
Kpanouhoun
|
|
Agonlin
|
|
1994
|
|
Émail, fer
|
|
D : 18,5 cm
H : 3 cm
|
|
Musée
ethnographique Alexandre Sènou Adandé, Bénin
|
|
|
|
|
|
Un après-midi de juillet, en 1987, je me promenais dans mon quartier.
Dans un angle de la rue, je vis un cortège s'ébranler dans ma direction
et j'entendis des chants soutenus par une musique très chaude. Surprise,
je m'arrêtai pour voir le cortège passer devant moi. Pour la première
fois, je vis ce qui servait d'instrument de musique au groupe. C'était
quelque chose de fort simple : une assiette à fond plat et à bord
troué. Dans les trous, des anneaux en fer étaient accrochés. Ces
anneaux portaient chacun une pièce de cinquante centimes. La partie
non perforée de la bordure de l'assiette permettait la manipulation.
Je tombai en admiration devant ce groupe de femmes et cet instrument
qui rythmait leurs chants. Longtemps après, je sus qu'il
s'agissait d'une cérémonie de dot et que l'instrument
qui accompagnait les chants était le kpanouhoun.
Le kpanouhoun, tenu dans la main droite, se joue contre la paume
de la main gauche, uniquement par les femmes du même quartier, lors
des cérémonies de mariage, de naissance, de dot et parfois à l'occasion
de l'enterrement des personnes âgées.
En réalité, il doit être joué lors d'événements
heureux. Mais s'il se joue à l'occasion des funérailles,
c'est pour apporter un soutien moral à la famille éplorée.
Aujourd'hui, le kpanouhoun est acquis sans difficulté et
on n'hésite pas à l'utiliser pour accueillir un grand
personnage, lors des meeting politiques, par exemple. Le kpanouhoun
est très connu à cause de son utilisation massive
et est connu de presque toutes les populations du sud du Bénin.
Aujourd'hui encore, je m'interroge sur l'idée qui a fait
naître cet instrument dont les sons vous transportent dans
un monde de rêverie.
|
 |
|
|