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LA VIOARÃ
CU GOARNÃ, OU LA HIGHÈGHE (le violon à entonnoir)
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Le
violon à entonnoir (la vioarã
cu goarnã, ou la highèghe)
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Jelu Covaci,
village de Bãlnaca, région de
Bihor
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1998
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Bois (violon)
laiton (entonnoir)
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Violon : 61 cm x 12 cm
H :9 cm
Lo (entonnoir) : 39 cm
D : 12 cm
Archet : 65 cm x 2 cm
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Musée
du paysan roumain, Roumanie
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Le violon à entonnoir (vioarã cu goarnã) est
un instrument qui n'existe que dans quelques villages et villes
d'une petite région de la Transylvanie: Bihor. C'est un violon
dont le corps est remplacé par un dispositif composé
d'une membrane de téléphone (autrefois membrane de
gramophone) emboîtée dans une petite caisse ronde et
connectée à un pavillon de clairon (autrefois pavillon
de gramophone). L'archet met en mouvement les cordes qui font vibrer
le chevalet; ce dernier transmet les vibrations à la membrane
qui les amplifie et les répand par le truchement de l'entonnoir.
Le son de la vioarã cu goarnã est nasal et
pénétrant, plus fort que celui du violon standard
(appelé dans la région vioarã dulce
= violon doux) qu'elle a remplacé au cours de ce siècle.
La vioarã cu goarnã est un instrument de
musiciens amateurs (les paysans en jouent à la maison),
mais aussi un instrument utilisé par les musiciens populaires
professionnels dans leurs ensembles (taraf). Pendant les
fêtes de Bihor (noces, danses dominicales, baptêmes,
etc.), les mélodies qu'il produit (chants lyriques et mélodies
de danse : Pe picior, Poarga et Mãnãntelul)
sont accompagnées par les frappements d'un grand tambour
à cymbales (dobã) et, éventuellement,
par le jeu rythmique en doubles cordes d'une contrã
(ici, un violon normal).
Le violon à entonnoir est construit par quelques artisans
dont les plus connus aujourd'hui sont ceux du village de Rosia,
qui le vendent soit chez eux, soit dans les grands foires paysannes.
S.R.
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