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La
contrã (ou la brace)
par Diana-Georgiana, 18 ans
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La
contrã (ou la brace)
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Ville de Carei, région de Satu Mare, constructeur
- Dumitru Iederan
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1991
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Bois,
cordes métalliques
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Instrument : 66 cm x 24 cm. H : 6 cm
Archet
: 46 cm x 3 cm
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Musée
du paysan roumain, Roumanie
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Dans l'atelier de mon grand-père il y a beaucoup de vieilles
choses qui éveillent des souvenirs d'enfance. Je me revois
sur les genoux du vieux, en poussant des cris de joie. Je me revois
surtout en le regardant furtivement par les trous des palissades
pendant les grands repas nuptiaux - dans des cours où l'entrée
des enfants était défendue pour la circonstance -,
la contrã à la main, en accompagnant mon oncle
violoniste.
Alors, la
contrã ne me semblait pas trop différent d'aspect
du violon. Mais ses sonorités étaient nettement plus
fortes - on aurait pu croire qu'elles étaient produites par
un orchestre à cordes ! Plus tard, j'ai constaté qu'il
était grand, plus grand et plus épais que les contras
que j'avais vus en ville. Pourquoi ? C'est toujours mon grand-père
qui me fit comprendre :
« Quand j'étais jeune, j'accompagnais avec un violon
normal. Mais je n'étais pas content. Il me fallait un instrument
dont les sons remplissent la cour, qui aillent même plus loin,
qui poussent les gens à la danse !... Alors j'ai acheté
cette contrã d'un voisin qui en fabriquait à
la maison : on voyait d'un coup qu'il est plus robuste. C'est toujours
lui qui m'avait vendu cet archet court, ce chevalet « droit
» et les trois cordes. D'ailleurs c'était toujours lui
qui préparait les cordes, de boyaux de poule, oints avec
de l'ail et séchés lentement, sur un dispositif spécial.
» Impatiente, j'ai voulu voir le dispositif. « Non, ce
n'est plus possible. Mon voisin est mort, ses enfants ont déménagé
en ville. Aujourd'hui, les musiciens achètent leurs cordes
dans les magasins ».
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