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Le
caval (la grande flûte)
par Ioana, 20 ans
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Le
caval (flûte)
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1998
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Bois
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Lo : 76 cm.
Diam max. : 3,5 cm
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Musée
du paysan roumain, Roumanie
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Quand les gens
savaient encore aimer les fleurs, l'herbe et les bois, le soleil
et la lune, les collines et les fières montagnes ... Quand, dans
le petit bout de paradis où ils vivaient, ils écoutaient encore
les soupirs des rivières, le frémissement du vent dans les bois...
C'est alors qu'ils ont inventé le caval; et c'est toujours alors
qu'ils ont commencé à en jouer, pour apaiser leurs souffrances,
pour se réconforter.
Dans les traditions orales des Roumains, il y a un chant épique
bien insolite, qui s'appelle Miorita (la petite brebis).
Cette Miorita est le testament d'un berger qui se prépare
à sa mort imminente. Son dernier désir est celui d'avoir
une flûte sur sa tombe - j'aime croire qu'il voulait avoir
un caval, car celui-ci est une flûte avec les sons
les plus graves et doux - , pour que le vent puisse en jouer à
son oreille.
Les Roumains ont aussi une légende : Alors que Dieu
créait le monde, et que les gens n'avaient pas de feu, car
celui-ci avait été volé par le Diable, Dieu
et Saint Pierre partirent ensemble pour le récupérer.
En profitant d'un moment d'absence du Diable, Saint Pierre cachat
une braise dans le tuyau d'une flute - sans doute un caval,
car celui-ci est plus large! Depuis lors, les gens gagnèrent
le feu, le vrai, celui qui leur donne la force de vivre.
Je suis née au Sud de la Roumanie, là où les
paysans jouent encore du caval. C'est pour ça que
je porte ses sons, à jamais, au fond de mon coeur.
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