les aérophones

les cordophones

Le saxophone soprano
par Dominic, 16 ans

le saxophone soprano
<img src="../Images/Instruments/Animation_francais/Jeunes/msbc08.gif" width=75 height=75 border=0 usemap="#msbc08Map">
<img src="../Images/Instruments/Animation_francais/Jeunes/msbs08.gif" width=45 height=45 border=0 usemap="#msbs08Map">
fiche technique
Saxophone soprano
Buescher Elkhart, Indiana, États-Unis
1914
Cuivre plaqué argent,
nacre de perle (sur les clés),
cuir (tampons),
liège, ébonite (bec)
69,2 cm (Lo) x
9,3 cm (Diam. pavillon)
Musée de Saint-Boniface, Canada

L'ENCHANTEMENT D'UN INSTRUMENT

Par un bel après-midi de printemps, ma famille et moi avons atterri à l'aéroport de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Dès le début de notre séjour dans le pays des Cajuns, je savais que ce serait une expérience à ne jamais oublier. Le premier soir passé dans cette ville enchantée, où même les bâtiments résonnent avec des airs de jazz et de blues, a changé mon point de vue sur cette musique qui vient directement du coeur de ses compositeurs et de ses interprètes.

Le lendemain, nous nous sommes rendus à Bâton-Rouge où nous avons eu l'impression qu'il y a seulement les Cajuns qui peuvent y demeurer. C'était une journée remplie de découvertes époustouflantes. Le soir venu, mes parents ont décidé de faire un tour au bar du coin. Comme ils étaient un peu fatigués de l'envolée, ils ont déduit qu'un peu de divertissement ne ferait pas de mal. Mon frère, ma soeur et moi-même sommes partis nous promener dans les rues illuminées.

Dès le premier pas, j'entendais les mêmes airs de jazz de la Nouvelle-Orléans du soir d'avant. Un son particulier me suspendait l'esprit. C'était un son assez aïgu, très clair et pénétrant mais tellement beau et relaxant qu'il est devenu le seul son capté par mes oreilles. Après un long moment passé à essayer d'en trouver la source, j'ai demandé à un vieux passant, la figure usée par le temps, quel était cet instrument. Il m'a répondu : « C'est un saxophone mon enfant. » Je lui ai répliqué d'un ton moqueur : « Mais, les saxophones, ils ne sont pas courbés ? »

Il m'a expliqué avec une voix de professeur : « Ce saxophone est un soprano. Le soprano a l'embouchure d'une clarinette et le doigté d'un hautbois comme tous les autres saxophones, mais il est droit et non courbé. » Sa face ridée et pleine de sagesse me prouvait qu'il disait bien la vérité. Je l'ai remercié en lui serrant la main et il est reparti, tout simplement.

Je me suis assis sur le bord de la rue et je me suis mis à écouter. Mon frère et ma soeur sont retournés à l'hôtel mais j'ai préféré rester pour apprécier le chant mélodique de cet instrument de cuivre ensorcellé.

Le musicien parlait de Sidney Béchet et disait qu'il était son héros. Il mentionnait qu'il était un des pionniers du saxophone soprano. Un peu plus tard, il a dédié sa pièce musicale à Adolphe Sax, l'inventeur du saxophone. J'ai trouvé qu'un homme capable de créer un instrument pouvant produire un son pareil devait être reconnu et que nous, comme admirateurs de la musique et de l'instrument, lui devons cette reconnaissance. Le soir était magique et, après avoir trouvé chaque constellation existante dans les étoiles du ciel sans nuage, je suis rentré à l'hôtel pour dormir et rêver.

La troisième journée passée en Louisiane s'est déroulée en partie à la bibliothèque locale pour en apprendre davantage sur cet aérophone classique. J'ai appris que le saxophone - son créateur en avait fabriqué 14 de différentes tailles - était originalement destiné aux musiques militaires et aux harmonies. Aujourd'hui, seulement quatre tailles de saxophones sont utilisées couramment : le soprano, l'alto, le ténor et le baryton. J'ai aussi découvert que le saxophone utilise des clés pour ouvrir et fermer les différents trous de son tube sonore et que le feutre et le liège sont employés pour amortir la fermeture des clés et assurer l'étanchéité. J'ai trouvé cela tout à fait fascinant !

Les deux derniers jours de notre séjour ont été consacrés à la visite de sites historiques de la Louisiane. Même si j'ai seulement passé cinq jours au pays des Cajuns, j'ai découvert que tout le monde a un peu de Cajun ou de Cri ou de Gaulois ou de Saxon ou de n'importe quelle autre culture caché dans son esprit. Le langage captivant de la musique éveille en nous cet esprit et nous sommes emportés quelque part, nulle part, pour un moment. Ce petit moment inoubliable nous remplit d'une paix et d'une compréhension plus profonde. La musique est, pour certains, un moyen de s'exprimer, pour d'autres un divertissement, mais elle est pour tous : un trésor.


texte précédent
texte suivant