INUKTITUT
CHANTS DE LA TERRE
MUSIQUES D'AUJOURD'HUI
DU QUOTIDIEN AU SURNATUREL
OBJETS TRADITIONNELS
UNE VOIX PORTÉE PAR LA PIERRE
IDENTITÉ D'UN PEUPLE
La culture d'un peuple est porteuse de son histoire, de sa réalité et de ses rêves. Prenant racine dans un héritage ancestral, elle est le portrait d'une société en constante évolution dont les valeurs transmises décrivent l'âme d'un peuple en tant que collectivité et la richesse de chacun de ses individus. Qu'elle soit véhiculée par sa langue ou l'imaginaire de ses artistes, l'unique culture du Nunavik est riche d'inventivité, de réflexion et de sagesse.

LA LANGUE INUKTITUT
Parlée par plus de 90% des Nunavimmiut, la langue Inuktitut est source de fierté et porteuse d'une histoire, d'une culture et d'une tradition ancestrale rattachée au territoire. Elle est un exemple remarquable du rapport entre langue et identité culturelle.
La vie au quotidien, les règles sociales et les valeurs sont représentées par l’Inuktitut qui contribue à son tour à définir sa culture. Cette langue unique démontre ainsi sa capacité à porter l’histoire et d’être à la base du développement d’idées d’aujourd’hui et de demain.
Au Nunavik, chaque communauté a son propre sous-dialecte et certains mots peuvent même avoir des significations différentes d'un village à l'autre.
ORIGINES
Une de sept langues appartenant à la famille linguistique eskaléoute, (Jane : Eskaleut) l'Inuktitut s'apparente au niveau de sa syntaxe et de sa morphologie aux langues yupit, parlées en Alaska et au nord-est de la Sibérie. Au moment de l'arrivée des Thuléens en Amérique du Nord, une forme ancienne d'Inuktitut était parlée, plus près de ses langues cousines. C'est au cours de la longue migration de l’ouest vers l’est qu'elle se serait graduellement distinguée et transformée en sa forme actuelle.
Jusqu'en 1902-1903, une enclave de Tuniit nommés Sallimiut occupe l'Île de Southampton au nord-ouest du Nunavik. Il était dit qu'ils parlaient un "étrange dialecte", possiblement eskaléoute, mais très différent de l'Inuktitut moderne. Ces Sallirmiut furent tous emportés en quelques semaines par une épidémie, mettant une fin tragique à un peuple et sa culture en entier.
CARACTÉRISTIQUES
Contrairement au français ou à l'anglais, l'Inuktitut est considéré comme langue agglutinante, c'est-à-dire une langue où le vocabulaire est formé par l'assemblage d'éléments de base souvent invariables. C’est aussi le cas, entre autres, du japonais, du swahili et des langues turques. Ceci permet d’exprimer en un seul mot d’Inuktitut des concepts qui en nécessiteraient plusieurs en français ou en anglais.
Le vocabulaire est composé de mots formés d’un élément de base auquel se greffe un ou plusieurs suffixes pour en modifier ou préciser la signification. Un des exemples caractéristique évoqué pour représenter la versatilité et la richesse de l'Inuktitut du Nunavik est la palette de plus de vingt-cinq mots utilisés pour décrire les divers états de la neige. En voici quatre :
qanik : neige tombante / falling snow
qanittaq : neige tombée récemment / recently fallen snow
qannialaaq : neige tombante légère / light falling snow
qanniapaluk : neige tombante très légère, avec absence de vent / very light falling snow, in still air

ÉCRITURE
L’écriture de l’Inuktitut est fondée sur un système d’écriture syllabique créé par James Evans, missionnaire du XIXème siècle. Evans, à une période préalable durant laquelle il travaillait en Ontario, tente de transcrire avec précision les sonorités de la langue Ojibwé. Inspiré de la sténographie, il développe un système syllabique où voyelles et consonnes sont représentées par neuf symboles écrits dans diverses positions. Adopté par les Cri le système fut éventuellement adapté puis graduellement introduit au territoire actuel du Nunavik. D’abord utilisé par les missionnaires à des fins d’évangélisation, il fût adopté par les Inuit tant pour la correspondance que la préservation de dates et d’informations du quotidien.
