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texte des artistes Ground Station génère de la musique en temps réel en se basant sur les données d’azimut, d’élévation et de force de signal de jusqu’à 12 des 32 satellites du Global Positioning System (GPS). D’une certaine manière, Ground Station produit une version sonore de l’activité des satellites qu’elle observe. Alors que le Global Positioning System a été développé comme système de référence spatiale pour l’armement, Ground Station (GS) inverse le processus en observant la position et le mouvement des satellites eux-mêmes. Les données du GPS sont d’abord entrées dans GS, elles sont ensuite traitées par un algorithme créé par les artistes qui les filtre et les traduit en notation musicale, et cette partition unique est enfin jouée en temps réel sur un piano Disklavier. Ainsi, Ground Station emprunte pour son activité des données du système de satellites de positionnement de l’armée américaine. Il y a donc deux équipes d’auteurs : les artistes-programmeurs, qui créent et contextualisent l'oeuvre, et l'infrastructure militaire américaine, qui maintient le système de satellites. Le rapport entre ces deux groupes d'auteurs est direct : GS est dépendante des données qu'elle reçoit des satellites, qui sont à leur tour directement dépendants du contrôle militaire. Le rôle de la Schriever Air Force Base est donc significatif, puisque c'est là qu'est ajustée la trajectoire de chacun des satellites. Sans son intervention, la musique de GS disparaîtrait inévitablement, parallèlement à la disparition des satellites eux-mêmes. Malgré ce qui précède, Ground Station n'a pas été conçue pour faire la promotion des possibilités de composition musicale assistée par ordinateur, et encore moins celle de la technologie de pointe militaire. En tant que collaborateurs, nous n'avons que peu d'intérêt pour les qualités esthétiques de la musique produite par l'installation. Notre but est plutôt de créer une musique qui soit un artefact fidèle au lieu et à l'époque dans lesquels nous vivons. D'un point de vue musical, GS est basée sur la supposition que la composition musicale est un produit et un reflet de conditions sociales ou technologiques de sa production, plutôt que la conséquence de l'exploitation de règles formelles ou de syntaxe. Ground Station rend visibles différentes approches culturelles de la technologie et rend audible l'information invisible qui les relie. Ainsi considérée, Ground Station n'en est pas un projet musical, mais bien une traduction audible de la société hypertechnologique dans laquelle nous vivons. .- Daniel Jolliffe et Jocelyn Robert Texte publié dans le livret du CD audio Ground Station.- Surrey : Surrey Art Gallery, 2003.- 48 min 7 s.
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