LINDA BOUCHARD : Née à Val d’Or (Abitibi), le 21 mai 1957; vit actuellement à San Francisco

Linda Bouchard entretient une relation spéciale avec l’Orchestre du Centre national des Arts puisqu’elle a été la première à occuper le poste de compositeur résident du CNA, de septembre 1992 à août 1995. Au cours de ces trois années, elle a composé plusieurs œuvres pour l’Orchestre, la première étant Exquisite Fires qui fut créée le 22 septembre 1993, à l’occasion du premier concert de la saison 1992-1993, sous la direction de Trevor Pinnock. Elle a composé par la suite Vertige, Songs for an Acrobat et Eternity. Auparavant, l’Orchestre avait également interprété Ressac, en 1992 (Toutes ces œuvres figurent sur un CD paru en 1998 sous étiquette Marquis). Au cours de son mand Pour en lire plus
LINDA BOUCHARD : Née à Val d’Or (Abitibi), le 21 mai 1957; vit actuellement à San Francisco

Linda Bouchard entretient une relation spéciale avec l’Orchestre du Centre national des Arts puisqu’elle a été la première à occuper le poste de compositeur résident du CNA, de septembre 1992 à août 1995. Au cours de ces trois années, elle a composé plusieurs œuvres pour l’Orchestre, la première étant Exquisite Fires qui fut créée le 22 septembre 1993, à l’occasion du premier concert de la saison 1992-1993, sous la direction de Trevor Pinnock. Elle a composé par la suite Vertige, Songs for an Acrobat et Eternity. Auparavant, l’Orchestre avait également interprété Ressac, en 1992 (Toutes ces œuvres figurent sur un CD paru en 1998 sous étiquette Marquis). Au cours de son mandat de compositrice résidente, Linda Bouchard a également entrepris divers projets destinés à stimuler l’intérêt du public pour la musique nouvelle, le sensibiliser à cet art et solliciter sa participation. En 1998, le Conseil québécois de la musique lui a décerné le titre de « compositrice de l’année » lors de son gala des prix Opus. Avec un catalogue de plus de 70 compositions, une brassée de prix et de distinctions (notamment quatre prix de la SDE Canada et le Fromm Commission Award de l’Université Harvard en 2006) et de nombreuses commandes de la part de prestigieux organismes musicaux, Linda Bouchard figure parmi l’élite des compositeurs du Canada. Parmi ses compositions récentes les plus importantes, il faut mentionner l’opéra The House of Words (2003), 4LN (2008) pour alto et percussion ainsi que Joint Venture (2008) pour grand ensemble de chambre.

La compositrice présente son approche créatrice de la manière suivante :
« Mon travail est souvent inspiré par la géométrie, les structures et les textures rencontrées dans la nature, comme si la composition prenait sa source grâce au regard amplifié d’une loupe, posé sur les éléments naturels tels l’eau, les gaz, les formations rocheuses, les réactions chimiques, et formait à partir de ces images une série de paysages abstraits. Je cherche à exprimer des événements chargés d’émotions dans leur forme la plus pure, sans cadre littéral ou narratif. Comme un collage de perceptions diverses formant éventuellement une image complète, j’essaie de créer un univers à partir d’une expérience se déroulant en “ temps réel ”, donc reconstituant un événement émotionnel imaginaire qui se développe dans un laps de temps compressé.

Souvent, mes pièces commencent brusquement comme si la musique était déjà en cours depuis un certain temps; sans introduction, ni développement, juste la version la plus condensée du matériel original. Cette approche crée un élan dramatique. Que les œuvres elles-mêmes ou les mutations d’une section à une autre à l’intérieur d’une pièce soient dénudées ou complexes, je cherche à évoquer quelque chose qui, en soi, est complet et concis. La musique est couleur, texture et rythme, et les instrumentistes créent l’alchimie. »

Linda Bouchard décrit Exquisite Fires comme « … une suite constituée de mouvements contrastants, courts mais complets et possédant chacun un caractère distinct et extrême dans son expression. Un de mes objectifs était de jouer dramatiquement avec les couleurs orchestrales. […] En neuf parties entrecoupées de pauses après les mouvements II, IV, V et VII, ces mouvements sont reliés thématiquement par paires (I-VIII, II-IX, III-VII, IV-VI), et le mouvement V est construit en combinant les matériaux de tous les autres mouvements. Au moment de la conception de cette œuvre j’étais plongée dans la mythologie médiévale de l’amour, et c’est là que je trouvai l’inspiration qui me permit d’exprimer ces excès. Ces histoires médiévales débordaient de magie et d’images passionnées – chevaliers nobles, braves et courageux, philtres d’amour, épée nue séparant les amoureux – et de personnages tels que Majnun et Layla (le fou et la nuit) qui devinrent plus fous que mille Majnun durant leur séparation. Ces histoires ont façonné l’esprit d’Exquisite Fires. » Dans ses notes de présentation de l’enregistrement, Jean-Jacques Nattiez écrivait : « J’y entends la lumière, une certaine folie, mais aussi la nuit. Car les flammèches ont la vie courte, elles vacillent avec des retours obsessifs, et le feu brûle… Ces pièces épousent les oscillations de nos amours, du bonheur et du malheur, également. »

© 2010, Robert Markow.

OSKAR MORAWETZ : Svetlá nad Sázavou, Tchécoslovaquie (aujourd'hui République tchèque), 17 janvier 1917; Toronto, 13 juin 2007

Le 13 juin 2007, Oskar Morawetz a succombé à la maladie de Parkinson, quelques mois après son 90e anniversaire. C'était sans conteste un des compositeurs les plus prisés et les plus souvent joués du Canada. Morawetz a reçu de nombreux prix et honneurs, notamment celui du Fonds Segal pour la culture juive au Canada pour From the Diary of Anne Frank, un prix Juno pour son concerto pour harpe, l'Ordre de l'Ontario, l'Ordre du Canada et, à trois reprises, une bourse du Conseil des Arts du Canada. En 1994, la SOCAN décerne à Morawetz le prix Jan V. Matajcek, catégorie musique de concert, qui honore un compositeur dont une grande variété d'œuvres ont été jouées en nombre insurpassé par des chefs d'orchestre et des interprètes de renommée mondiale. La musique de Morawetz a notamment été interprétée par d'émi Pour en lire plus
OSKAR MORAWETZ : Svetlá nad Sázavou, Tchécoslovaquie (aujourd'hui République tchèque), 17 janvier 1917; Toronto, 13 juin 2007

Le 13 juin 2007, Oskar Morawetz a succombé à la maladie de Parkinson, quelques mois après son 90e anniversaire. C'était sans conteste un des compositeurs les plus prisés et les plus souvent joués du Canada. Morawetz a reçu de nombreux prix et honneurs, notamment celui du Fonds Segal pour la culture juive au Canada pour From the Diary of Anne Frank, un prix Juno pour son concerto pour harpe, l'Ordre de l'Ontario, l'Ordre du Canada et, à trois reprises, une bourse du Conseil des Arts du Canada. En 1994, la SOCAN décerne à Morawetz le prix Jan V. Matajcek, catégorie musique de concert, qui honore un compositeur dont une grande variété d'œuvres ont été jouées en nombre insurpassé par des chefs d'orchestre et des interprètes de renommée mondiale. La musique de Morawetz a notamment été interprétée par d'éminents musiciens tels que Zubin Mehta, Kurt Masur, Seiji Ozawa, Jon Vickers, Glenn Gould, Anton Kuerti, Ben Heppner, Itzhak Perlman et Yo-Yo Ma et a été jouée par plus de 120 orchestres sur cinq continents. En 1979, à l'occasion du 50e anniversaire de Martin Luther King, 250 stations de radio des l'États-Unis et de nombreuses autres stations dans 24 pays du monde ont diffusé l'œuvre de Morawetz intitulée Memorial to Martin Luther King.

Morawetz était né dans un petit village situé à 175 kilomètres au sud-est de Prague. Après avoir fait des études en vue de faire carrière dans le domaine de la foresterie, il s'est dirigé vers la musique et a étudié à Prague, puis à Vienne et à Paris. Fuyant les nazis en Europe, Morawetz s'est réfugié d'abord en Italie, puis aux îles Canaries, puis en République Dominicaine. Arrivé au Canada en 1940, il a poursuivi ses études au Conservatoire royal de Toronto et à l'Université de Toronto. Bien qu'il ait obtenu un doctorat en 1953, Morawetz se considérait comme un compositeur autodidacte.
Si la musique de Morawetz est si bien acceptée par le public, c'est en grande partie grâce à sa volonté de privilégier une musique d'écoute facile, sans pour autant compromettre son intégrité artistique. Son esthétique musicale n'a que faire du sérialisme, des techniques d'avant-garde et de l'utilisation de formules mathématiques. Quand on le qualifiait de réactionnaire, de conservateur ou de néo-romantique il répondait : « Je ne pense pas que l'on puisse rejeter une œuvre parce qu'elle est vingt ans en avance ou en retard sur son temps. Les véritables chefs-d'œuvre sont ceux qui me bouleversent tellement que je n'ai envie de parler à personne pendant tout le reste de la soirée. » Morawetz était très sensible à la souffrance humaine et aux événements tragiques. Ses œuvres les plus connues sont From the Diary of Anne Frank (1970) et Memorial to Martin Luther King (1968), déjà mentionnées plus haut. La composition intitulée Overture to a Fairy Tale date de 1956 et fut créée le 8 février de l'année suivante par l'Orchestre symphonique de Halifax sous la direction de Thomas Mayer. Au cours des deux décennies qui suivirent, cette œuvre figurera parmi les compositions orchestrales canadiennes les plus souvent jouées. Morawetz prétend qu’il n'avait pas en tête un conte de fées particulier, mais qu'il voulait plutôt évoquer les caractéristiques traditionnelles de ce genre littéraire. « Dans l'exposition, des thèmes ayant la légèreté des elfes alternent avec d'autres motifs mystérieux. Dans la section du développement, les rôles changent et certains thèmes d'allure mystérieuse semblent désormais plus gais, tandis que les thèmes auparavant légers prennent une allure presque dramatique. Le compositeur obtient toutes ces transformations en déployant une gamme imaginative de couleurs et de textures orchestrales. Comme tous les contes de fées, cette composition a une fin heureuse. »

© 2010, Robert Markow.

GARY KULESHA: Né à Toronto le 22 août 1954; vit actuellement à Toronto

Gary Kulesha mène une carrière très active à la fois comme pianiste, organiste, chef d’orchestre, directeur de chorale, enseignant, réalisateur au réseau anglais de Radio Canada, radiodiffuseur, journaliste spécialisé en musique et compositeur. Ses œuvres ont été interprétées dans toute l’Amérique du Nord, ainsi qu’en Europe et en Australie, par des artistes et des ensembles aussi prestigieux que Maureen Forrester, James Campbell, l’Orchestre de Cleveland et l’Orchestre symphonique de Toronto. M. Kulesha a été compositeur en résidence à l’Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo de 1988 à 1991 et de la Compagnie d’opéra canadienne de 1993 à 1995. Il assume actuellement les fonctions de compositeur conseil auprès de l’Orchestre symphonique de Toronto, en plus d’enseigner à l’Université de Toronto.

En mars 2002, Gary Kulesha étai Pour en lire plus
GARY KULESHA: Né à Toronto le 22 août 1954; vit actuellement à Toronto

Gary Kulesha mène une carrière très active à la fois comme pianiste, organiste, chef d’orchestre, directeur de chorale, enseignant, réalisateur au réseau anglais de Radio Canada, radiodiffuseur, journaliste spécialisé en musique et compositeur. Ses œuvres ont été interprétées dans toute l’Amérique du Nord, ainsi qu’en Europe et en Australie, par des artistes et des ensembles aussi prestigieux que Maureen Forrester, James Campbell, l’Orchestre de Cleveland et l’Orchestre symphonique de Toronto. M. Kulesha a été compositeur en résidence à l’Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo de 1988 à 1991 et de la Compagnie d’opéra canadienne de 1993 à 1995. Il assume actuellement les fonctions de compositeur conseil auprès de l’Orchestre symphonique de Toronto, en plus d’enseigner à l’Université de Toronto.

En mars 2002, Gary Kulesha était un des trois lauréats du prix de composition du Centre national des Arts assorti d’une bourse de 75 000 $ (les deux autres lauréats étaient Alexina Louie et Denys Bouliane). Ce fut le début d'une longue et étroite collaboration avec cet orchestre. Dans le cadre de ce programme, il a composé pour l'Orchestre du CNA le Deuxième Concerto pour violon (2003), The Boughs of Music (2005) et la Troisième Symphonie (2007). Plusieurs de ses récentes compositions ont été créées en 2008, c'est le cas notamment de la Sonatine pour orgue créée par Thomas Annand à Ottawa; de Fugue et Postlude par le pianiste Andrew Burashko à Toronto; du Concerto pour trompette, cor et trombone par le Brass Band à Toronto; et de The Greatness of the New-Found Night, œuvre créée par le Toronto Wind Orchestra. En 2009, Kulesha a composé l'œuvre imposée au Concours international de musique de Montréal (voix), une pièce intitulée Darkness Comes.

Dans le domaine de la direction d'orchestre, Kulesha est très actif et il a créé des centaines d'œuvres. Il est souvent invité à diriger de grands orchestres du Canada et il a enregistré pour la radio et le disque. Il est bien connu en tant que spécialiste de la musique du XXe siècle, mais son répertoire s'étend des œuvres rares de la musique baroque jusqu'à la musique de notre temps.

Le compositeur présente The Boughs of Music de la manière suivante :

« Le titre provient d’un roman de Virginia Woolf intitulé The Waves (1931). Il s’agit selon moi du plus beau roman de langue anglaise. Le roman est une série de monologues intérieurs qui permettent de suivre six personnages tout au long de leur vie, de la naissance jusqu’à la mort. Le texte qui m’a inspiré le titre est prononcé par Rhoda, à un moment où les personnages quittent l’âge moyen pour aborder une autre étape de la vie : “ J’ai écarté les branches de la musique et j’ai vu la maison que nous avons construite…”. Il y a dans cette phrase une énergie automnale qui suggère à la fois la tristesse du temps qui passe et la satisfaction d’avoir vécu une vie productive. C’est très parlant pour quelqu’un comme moi qui aborde actuellement la cinquantaine. Un heureux hasard a fait que cette phrase se rapporte expressément à la musique.

L’œuvre est orchestrée pour trompette solo avec orchestre à cordes et deux flûtes concertantes qui jouent un rôle de médiation entre la trompette et l’orchestre à cordes. La composition comprend trois parties : une ouverture lente et méditative suivie d’une section rapide et rythmique rappelant une danse et enfin une conclusion qui accueille le retour du matériau d’ouverture. La trompette est utilisée de manière plutôt inhabituelle puisque la partie solo est lyrique de part en part. Il n’y a ni fanfare ni exhortation éclatante; dans toutes ses interventions, la trompette chante une douce mélodie. »

© 2010, Robert Markow.

VIOLET ARCHER : Montréal, 24 avril 1913; Ottawa, 21 février 2000

Les pièces de Shakespeare ont inspiré une quantité phénoménale d'œuvres musicales, surtout le Songe d'une nuit d'été. Malgré son titre générique, c'est le cas de cette œuvre de Violet Archer, une évocation instrumentale de trois chœurs de fées provenant de cette fantaisie dramatique où les confusions d'identité viennent exacerber les querelles conjugales.

À part William Shakespeare, aucune autre figure littéraire n'a inspiré autant d’œuvres musicales de la part d'aussi nombreux compositeurs. À lui seul, le Songe d'une nuit d'été contient au moins vingt passages différents qui ont été mis en musique. Benjamin Britten, Carl Orff, Franz von Suppé et une douzaine d'autres compositeurs ont repris l’argument du Songe pour cr&e Pour en lire plus
VIOLET ARCHER : Montréal, 24 avril 1913; Ottawa, 21 février 2000

Les pièces de Shakespeare ont inspiré une quantité phénoménale d'œuvres musicales, surtout le Songe d'une nuit d'été. Malgré son titre générique, c'est le cas de cette œuvre de Violet Archer, une évocation instrumentale de trois chœurs de fées provenant de cette fantaisie dramatique où les confusions d'identité viennent exacerber les querelles conjugales.

À part William Shakespeare, aucune autre figure littéraire n'a inspiré autant d’œuvres musicales de la part d'aussi nombreux compositeurs. À lui seul, le Songe d'une nuit d'été contient au moins vingt passages différents qui ont été mis en musique. Benjamin Britten, Carl Orff, Franz von Suppé et une douzaine d'autres compositeurs ont repris l’argument du Songe pour créer des opéras, sans parler de l'incomparable musique de scène que la pièce a inspirée à Mendelssohn. Le merveilleux monde féerique imaginé par Shakespeare a fait vibrer la corde poétique de nombreux compositeurs, dont Violet Archer. Dans le cadre des célébrations du 400e anniversaire du « Barde de Stratford », en 1964, l'Orchestre symphonique d'Edmonton commanda à Archer la composition de Prélude-Incantation, dont l'inspiration repose sur trois des chansons du Songe d'une nuit d'été. L'orchestre donna la première mondiale de cette œuvre sous la baguette de Pierre Hétu, son directeur musical de l'époque, le 28 novembre de « l'année Shakespeare ».

Cette œuvre d'une douzaine de minutes comprend deux parties distinctes reliées par un passage de transition. Si les deux parties exploitent le même matériau mélodique et harmonique, elles sont de nature totalement différente. Le Prélude est rapide, puissant, énergique, agité et fait appel la plupart du temps à l'orchestre au complet. Les passages de transition mettent en vedette d'abord la clarinette, puis la clarinette basse, et ensuite la flûte, avant de laisser place à l'Incantation, une musique lente, calme et solennelle qui prend l'allure d'une procession rituelle.

Les poèmes des fées qui ont inspiré Prélude-Incantation sont « Over hill, over dale » (II/1), « Now the hungry lion roars » (V/1) et « You spotted snakes with double tongues » (II/2), qui est une berceuse. La partition de Violet Archer est purement instrumentale, mais les auditeurs curieux pourront écouter la musique de scène composée par Mendelssohn où ces poèmes sont mis en musique.

© 2010, Robert Markow.

ROBERT TURNER : Né à Montréal, le 6 juin 1920; vit actuellement à Winnipeg.

Dans son œuvre intitulée A Group of Seven, Robert Turner a créé un environnement musical pour sept poèmes qui sont récités par un narrateur invisible. Un alto solo qui intervient dans quatre numéros fournit un commentaire supplémentaire, un peu à la manière d'un second narrateur qui, lui, n’utilise pas la parole. Turner se sert également de l'orchestre avec beaucoup de raffinement pour commenter en quelque sorte à la fois les poèmes et la toile qui fut créée parallèlement à cette composition.


Le titre A Group of Seven ne se rapporte pas au célèbre groupe de peintres qui ont immortalisé les paysages du Canada (Arthur Lismer, A.Y. Jackson, Lawren Harris, etc.), mais à sept poèmes d'auteurs canadiens-anglais du XXe siècle. Les poèmes ne sont pas chant&eacut Pour en lire plus
ROBERT TURNER : Né à Montréal, le 6 juin 1920; vit actuellement à Winnipeg.

Dans son œuvre intitulée A Group of Seven, Robert Turner a créé un environnement musical pour sept poèmes qui sont récités par un narrateur invisible. Un alto solo qui intervient dans quatre numéros fournit un commentaire supplémentaire, un peu à la manière d'un second narrateur qui, lui, n’utilise pas la parole. Turner se sert également de l'orchestre avec beaucoup de raffinement pour commenter en quelque sorte à la fois les poèmes et la toile qui fut créée parallèlement à cette composition.


Le titre A Group of Seven ne se rapporte pas au célèbre groupe de peintres qui ont immortalisé les paysages du Canada (Arthur Lismer, A.Y. Jackson, Lawren Harris, etc.), mais à sept poèmes d'auteurs canadiens-anglais du XXe siècle. Les poèmes ne sont pas chantés mais plutôt lus, tandis que la musique se déroule autour et en arrière-plan. La partition sous-titrée « Poems of Love and Nature by Canadian Poets », (« Poèmes sur le thème de l'amour et de la nature par des poètes canadiens ») est destinée à un alto solo, un « narrateur » et un orchestre. Rivka Golani, le sénateur Royce Frith et l'Orchestre du Centre national des Arts dirigé par Derrick Inouye ont créé cette œuvre le 28 octobre 1992. Turner souhaite que le narrateur soit invisible pour le public et que sa voix soit amplifiée.

Rivka Golani, l'altiste pour laquelle Turner a composé A Group of Seven, est aussi une artiste peintre accomplie. Au départ, elle devait peindre sept toiles pour illustrer les poèmes choisis et ces toiles devaient être présentées au moment de l'exécution de la musique. Cependant, n'étant pas satisfaite des sept peintures qu'elle avait produites, elle décida de les remplacer par une seule œuvre qu'elle créa par la suite, une toile immense mesurant environ 8,40 m sur 2,40 m. Pour des raisons pratiques, il fallut découper cette toile en sept panneaux afin d'en faciliter le transport. Cependant, Mme Golani n'avait pas prévu que chaque panneau corresponde à un poème particulier. Le soir de la première, cette œuvre d'art fut suspendue au-dessus de la scène.

Les trois éléments que représentent l'alto solo, la voix et l'orchestre sont agencés de manière parfaitement symétrique, comme suit :
Prélude et Postlude – alto et orchestre (pas de voix)
Poèmes I et VII – orchestre et voix (pas d’alto)
Poèmes II et VI – alto et voix (pas d’orchestre)
Poèmes III et V – alto, voix et orchestre
Poème IV – voix et orchestre (pas d’alto)

Dans ces sept arrangements fortement contrastés, l’alto solo fournit un commentaire supplémentaire, un peu à la manière d'un second narrateur, sans paroles, mais dans un style très incisif. L'orchestre propose une panoplie colorée, entremêlant les lignes solos avec le texte récité et déployant à l'occasion toutes ses ressources pour produire des effets surprenants comme dans le violent climax du cinquième poème sur le thème de la mort, du meurtre et de l'annihilation. Les arrangements du quatrième et du septième poème développent un matériau musical déjà entendu dans le Prélude – dans le quatrième, sur une musique coquine et impertinente dans le style « hot jazz », pour le seul poème rimé des sept; dans le septième, avec des sonorités enjouées et pleines de vie qui illustrent parfaitement l'image d'une rivière évoquée par le poème.

© 2010, Robert Markow.

Objectifs d'apprentissage

"Du texte à la musique" est un module d’apprentissage conçu de manière à permettre aux élèves et aux enseignants d’atteindre les objectifs suivants :
  • Comprendre comment la musique peut servir à mieux comprendre l’esprit d’une histoire, à renforcer la narration ou à inspirer le climat d’une composition musicale.
  • Examiner pourquoi la littérature est une source importante d’inspiration pour les compositeurs.
  • Créer des compositions à partir d’une source littéraire.

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