Ils sont un de ces grands groupes n’ayant pas survécu au passage du temps et ayant disparu au cours du Permien. Apparus à la fin de l’Ordovicien ou au début du Silurien, les acanthodiens ont quand même été présents durant 150 millions d’années dans les eaux du globe.

À l’instar des placodermes, on ne les connaît que sous la forme fossile. Leur nom vient du mot grec acanthos, signifiant épine, car les acanthodiens sont caractérisés par de fortes épines à l’avant de chacune de leurs nageoires. Des nageoires bien particulières, puisqu’elles sont dépourvues de rayons. Il s’agit en fait de petites membranes de peau recouvertes des mêmes écailles que sur le corps. Les acanthodiens se distinguent d’ailleurs par leurs toutes petites écailles en losange, rappelant vaguement celles des requins.

Les acanthodiens pourraient bien être les plus vieux gnathostomes connus du registre fossile, avec des restes fragmentaires remontant au tout début du Silurien et avec même des écailles de type acanthodien dans des couches ordoviciennes. Mais ils ont surtout prospéré au Dévonien, durant lequel ils ont atteint une distribution mondi Pour en lire plus
Ils sont un de ces grands groupes n’ayant pas survécu au passage du temps et ayant disparu au cours du Permien. Apparus à la fin de l’Ordovicien ou au début du Silurien, les acanthodiens ont quand même été présents durant 150 millions d’années dans les eaux du globe.

À l’instar des placodermes, on ne les connaît que sous la forme fossile. Leur nom vient du mot grec acanthos, signifiant épine, car les acanthodiens sont caractérisés par de fortes épines à l’avant de chacune de leurs nageoires. Des nageoires bien particulières, puisqu’elles sont dépourvues de rayons. Il s’agit en fait de petites membranes de peau recouvertes des mêmes écailles que sur le corps. Les acanthodiens se distinguent d’ailleurs par leurs toutes petites écailles en losange, rappelant vaguement celles des requins.

Les acanthodiens pourraient bien être les plus vieux gnathostomes connus du registre fossile, avec des restes fragmentaires remontant au tout début du Silurien et avec même des écailles de type acanthodien dans des couches ordoviciennes. Mais ils ont surtout prospéré au Dévonien, durant lequel ils ont atteint une distribution mondiale, sans toutefois être le groupe prédominant dans aucune région.

Les chercheurs reconnaissent trois groupes majeurs d’acanthodiens, regroupant une soixantaine de genres, pour 150 espèces différentes. Plusieurs d’entre elles sont toutefois connues uniquement par leurs épines, leurs dents ou leurs petites écailles. Leur squelette interne fait de fragile cartilage rend la fossilisation très rare et leurs fossiles souvent incomplets, d’où la précieuse importance des quatre espèces découvertes à Miguasha.

La plupart des acanthodiens ne dépassaient pas 25 cm, quoique Gyracanthus ait pu atteindre au Carbonifère la taille d’environ deux mètres. Leur corps était long et fusiforme, la bouche était terminale, les yeux étaient plutôt grands et placés loin vers l’avant et leur queue était épicerque. Cette morphologie suggère un sens de la vue très développé et un style de vie où la nage active prédominait. Plusieurs étaient carnivores, avec de nombreuses petites dents. D’autres, qui en étaient dépourvus, filtraient leur nourriture en nageant, comme c’est le cas des espèces de Miguasha. Leurs épines devaient sûrement les protéger contre la prédation, même si leurs restes sont parfois trouvés dans l’abdomen de d’autres espèces et dans des coprolithes.

© 2007, Parc national de Miguasha

<i>Diplacanthus</i>

Diplacanthus, un acanthodien de Miguasha.

Illustration de François Miville-Deschênes
2002
© Parc national de Miguasha


Poissons tout petits et vivant en bancs, les Triazeugacanthus affinis pourraient en quelque sorte être surnommés les « anchois du Dévonien ». Mais ces poissons étaient des acanthodiens, et non des actinoptérygiens, comme en témoignent leurs épines.

Longs d’un demi à six centimètres, toutes leurs nageoires sauf la caudale étaient munies de l’épine caractéristique du groupe. La nageoire dorsale est très reculée et l’anale, un peu plus vers l’avant. Ils avaient des pelviennes et des pectorales et entre ces deux paires se trouvait aussi une toute petite paire d’épines intermédiaires. La queue était épicerque comme tous les acanthodiens.

Triazeugacanthus était l’espèce d’acanthodiens la plus abondante du paléoestuaire. Des phénomènes encore inconnus semblent avoir provoqué des mortalités de masse, car on les trouve parfois en de grandes concentrations avec jusqu’à 600 individus par mètre carré dans certaines surfaces de laminites.

Cette espèce avait des écailles relativement grosses pour sa taille et on peut disti Pour en lire plus
Poissons tout petits et vivant en bancs, les Triazeugacanthus affinis pourraient en quelque sorte être surnommés les « anchois du Dévonien ». Mais ces poissons étaient des acanthodiens, et non des actinoptérygiens, comme en témoignent leurs épines.

Longs d’un demi à six centimètres, toutes leurs nageoires sauf la caudale étaient munies de l’épine caractéristique du groupe. La nageoire dorsale est très reculée et l’anale, un peu plus vers l’avant. Ils avaient des pelviennes et des pectorales et entre ces deux paires se trouvait aussi une toute petite paire d’épines intermédiaires. La queue était épicerque comme tous les acanthodiens.

Triazeugacanthus était l’espèce d’acanthodiens la plus abondante du paléoestuaire. Des phénomènes encore inconnus semblent avoir provoqué des mortalités de masse, car on les trouve parfois en de grandes concentrations avec jusqu’à 600 individus par mètre carré dans certaines surfaces de laminites.

Cette espèce avait des écailles relativement grosses pour sa taille et on peut distinguer à travers elles la ligne latérale, l’organe sensoriel typique des poissons, qui s’étire sur toute la longueur du corps. Une simple loupe permet bien souvent d’apercevoir les otolithes des Triazeugacanthus. Ces petits os, situés dans l’oreille interne de la majorité des poissons, sont responsables de l’équilibre. Ils sont au nombre de six, soit trois dans chaque oreille, ce qui signifie que ces poissons avaient trois canaux semi-circulaires. Ils étaient donc équipés pour une bonne perception des mouvements et de leur position en trois dimensions dans l’espace, comme tous les poissons bons nageurs. Ce caractère rapproche les acanthodiens des poissons osseux.

En 1935, le paléontologue britannique W.Graham-Smith a décrit une petite espèce énigmatique de Miguasha qu’il a baptisée Scaumenella mesacanthi. Cette espèce semblait être étroitement associée de son vivant à Triazeugacanthus, puisqu’on la trouve avec la même abondance dans les mêmes couches sédimentaires. Constituée seulement de quelques faibles traces carbonées, il supposa qu’il s’agissait d’un vertébré très primitif. D’autres chercheurs proposèrent d’autres interprétations pour cet animal, comme des larves d’ostracodermes ou des prochordés, c’est-à-dire des invertébrés dont la morphologie est proche de celle des vertébrés.

C’est une étude minutieuse réalisée en 1985 qui a permis de constater que les Scaumenella n’étaient en fait que de petits Triazeugacanthus à différents stades de décomposition. L’un des indices qui a permis d’élucider ce mystère a été la présence d’otolithes identiques. Le nom de Scaumenella a donc été retiré, mais le terme de "scaumenellisation" est encore utilisé pour désigner toute dégradation de ce type chez les poissons de Miguasha.

© 2007, Parc national de Miguasha

<i>Triazeugacanthus affinis</i>

Cette espèce de petite taille était très abondante dans l’ancien estuaire de Miguasha.

Illustration de François Miville-Deschênes
2003
© Parc national de Miguasha


Homalacanthus concinnus est le plus grand acanthodien à avoir nagé dans les eaux de l’estuaire de Miguasha. Avec ses 30 centimètres, il était une version géante de Triazeugacanthus affinis. Il se distingue toutefois de son petit cousin par l’absence de la paire d’épines intermédiaires entre les nageoires pectorales et pelviennes.
L’espèce est commune dans certaines strates de laminites, mais est rarement trouvée dans les concrétions calcaires. Certains spécimens sont assez bien conservés pour donner de l’information sur le système digestif qui était fort simple. Il partait de la ceinture pectorale, formait une ligne juste en dessous de la ligne latérale et descendait vers le bas au niveau des nageoires pelviennes, ce qui représente à peine le quart de la longueur du poisson. Quelques spécimens ont d’ailleurs été découverts avec ce tube digestif rempli des petits crustacés Asmusia membranacea.

Un Eusthenopteron a déjà été retrouvé avec un Pour en lire plus
Homalacanthus concinnus est le plus grand acanthodien à avoir nagé dans les eaux de l’estuaire de Miguasha. Avec ses 30 centimètres, il était une version géante de Triazeugacanthus affinis. Il se distingue toutefois de son petit cousin par l’absence de la paire d’épines intermédiaires entre les nageoires pectorales et pelviennes.
L’espèce est commune dans certaines strates de laminites, mais est rarement trouvée dans les concrétions calcaires. Certains spécimens sont assez bien conservés pour donner de l’information sur le système digestif qui était fort simple. Il partait de la ceinture pectorale, formait une ligne juste en dessous de la ligne latérale et descendait vers le bas au niveau des nageoires pelviennes, ce qui représente à peine le quart de la longueur du poisson. Quelques spécimens ont d’ailleurs été découverts avec ce tube digestif rempli des petits crustacés Asmusia membranacea.

Un Eusthenopteron a déjà été retrouvé avec un Homalacanthus "dans la gorge". Cette évidence de relation trophique entre différentes espèces de l’estuaire a fait l’objet en 1982 du premier article scientifique sur Miguasha rédigé par un Québécois, l’ancien directeur du parc de Miguasha, M. Marius Arsenault. Après 100 ans d’études par des spécialistes d’ailleurs, voilà enfin qu’était lancée une vague de recherches par des gens d’ici. Un travail qui se poursuit encore de nos jours.

© 2007, Parc national de Miguasha

<i>Homalacanthus concinnus</i>

Homalacanthus concinnus est le plus grand acanthodien à avoir nagé dans les eaux de l’estuaire de Miguasha. Il atteignait 30 centimètres.

Illustration de François Miville-Deschênes
2003
© Parc national de Miguasha


<i>Homalacanthus concinnus</i>

Homalacanthus concinnus est le plus grand acanthodien à avoir nagé dans les eaux de l’estuaire de Miguasha. Il atteignait 30 centimètres.

Illustration de François Miville-Deschênes
2002
© Parc national de Miguasha


Des quatre espèces d’acanthodiens connues à Miguasha, deux sont du même genre et se ressemblent beaucoup. Diplacanthus horridus et Diplacanthus ellsi étaient tous deux dotés de deux grandes épines dorsales qui soutenaient des voiles triangulaires dont la hauteur est importante en comparaison avec la longueur du poisson. Une allure de petite caravelle espagnole du 15e siècle qui les rend aisément reconnaissables.

Les deux espèces étaient rares et pouvaient atteindre une quinzaine de cm de long. Les épines sont très développées et comportent sur toute leur longueur des sillons assez profonds. Le nom Diplacanthus réfère à l’épine pectorale qui était doublée d’une petite épine placée sous le ventre.

On distingue les deux espèces de Diplacanthus de Miguasha par l’aspect de leurs épines, ornées de sillons plus nombreux et profonds chez D. ellsi. Cette dernière n’a été nommée que récemment en l’honneur du géologue de l Pour en lire plus
Des quatre espèces d’acanthodiens connues à Miguasha, deux sont du même genre et se ressemblent beaucoup. Diplacanthus horridus et Diplacanthus ellsi étaient tous deux dotés de deux grandes épines dorsales qui soutenaient des voiles triangulaires dont la hauteur est importante en comparaison avec la longueur du poisson. Une allure de petite caravelle espagnole du 15e siècle qui les rend aisément reconnaissables.

Les deux espèces étaient rares et pouvaient atteindre une quinzaine de cm de long. Les épines sont très développées et comportent sur toute leur longueur des sillons assez profonds. Le nom Diplacanthus réfère à l’épine pectorale qui était doublée d’une petite épine placée sous le ventre.

On distingue les deux espèces de Diplacanthus de Miguasha par l’aspect de leurs épines, ornées de sillons plus nombreux et profonds chez D. ellsi. Cette dernière n’a été nommée que récemment en l’honneur du géologue de la Commission géologique du Canada R. W. Ells, qui en a découvert le premier spécimen lors de son expédition à Miguasha en 1881.

© 2007, Parc national de Miguasha

<i>Diplacanthus horridus</i>

Les épines spectaculaires de cette espèce rare s’inséraient profondément dans le corps de l’animal.

Parc national de Miguasha
2002
© Parc national de Miguasha


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va:
  • identifier et classer différents types de fossiles;
  • expliquer les étapes de la fossilisation ainsi que les conditions propices à celle-ci;
  • formuler des hypothèses quant à l’évolution des êtres vivants;
  • formuler des hypothèses quant à l’explication de la disparition de certaines espèces.

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