Les élèves étudieront la quantité et les types d'aliments consommés dans les camps de bûcherons dans les années 1800 et le début des années 1900, de même que les méthodes de préparation quotidienne utilisées par le très important cuisinier du camp.

Discussion en classe : La cuisine dans les camps
Commencer la discussion en classe sur le sujet de la cuisine de camp, comme en camping, dans un chalet ou un camp de chasse sans accès aux commodités modernes comme les réfrigérateurs, les poêles et les générateurs au propane. En quoi la cuisine de camp est-elle différente de la cuisine à la maison?
- les aliments et les ustensiles doivent être emballés et les déchets enlevés
- les repas doivent être simples à préparer et d’une variété limitée
- les qualités de cuisinier sont différentes parce que les repas sont cuisinés sur des feux à ciel ouvert ou des poêles à bois.

Discuter des raisons pour lesquelles les aliments deviennent d’autant plus importants lorsqu’on campe ou travaille fort physiquement et qu’on vit en plein air.

Discuter des camps de bûcherons. Qu’en savent les élèves?

Activité : Pour en lire plus

Les élèves étudieront la quantité et les types d'aliments consommés dans les camps de bûcherons dans les années 1800 et le début des années 1900, de même que les méthodes de préparation quotidienne utilisées par le très important cuisinier du camp.

Discussion en classe : La cuisine dans les camps
Commencer la discussion en classe sur le sujet de la cuisine de camp, comme en camping, dans un chalet ou un camp de chasse sans accès aux commodités modernes comme les réfrigérateurs, les poêles et les générateurs au propane. En quoi la cuisine de camp est-elle différente de la cuisine à la maison?
- les aliments et les ustensiles doivent être emballés et les déchets enlevés
- les repas doivent être simples à préparer et d’une variété limitée
- les qualités de cuisinier sont différentes parce que les repas sont cuisinés sur des feux à ciel ouvert ou des poêles à bois.

Discuter des raisons pour lesquelles les aliments deviennent d’autant plus importants lorsqu’on campe ou travaille fort physiquement et qu’on vit en plein air.

Discuter des camps de bûcherons. Qu’en savent les élèves?

Activité :
Partie 1 : Recherche sur les camps de bûcherons

Les élèves prennent des notes tout en écoutant des clips audio, en regardant des images et en lisant des extraits de différentes publications pour en apprendre davantage sur la vie dans les camps de bûcherons au début du Canada.

Partie 2 : Plan d'un camp de bûcherons,
Les élèves dessineront un plan typique de camp de bûcherons.

Partie 3 : Un jour dans la vie d'un cuisinier de camp de bûcherons
Les élèves élaboreront un calendrier d’une journée typique d'un cuisinier de camp et calculeront la quantité d'aliments nécessaires pour nourrir un certain nombre d'hommes dans un camp de bûcherons représentatif.


© 2007, Davenport Centre - Heritage Hall. Tous droits réservés.

Introduction
Durant les années 1800 et le début des années 1900, les bûcherons travaillaient dur en milieu sauvage pour approvisionner le tout nouveau secteur des produits forestiers du Canada. L’industrie forestière, qui compte toujours parmi l’un des piliers économiques de notre pays, facilitait la construction de navires et de bâtiments, de même que le développement de nombreux autres produits. Un approvisionnement facilement accessible signifiait aussi que le Canada pouvait exporter de grandes quantités de bois d’oeuvre à l’étranger pour aider à reconstruire l’Europe suite aux guerres napoléoniennes.

Situés en milieu sauvage, les chantiers étaient au coeur de chaque camp de bûcherons. Chaque chantier rustique servait de logement, de salle à manger et de cuisine aux bûcherons. En règle générale, de septembre à mai, jusqu’à 100 bûcherons vivaient, dormaient et mangeait ensemble dans des chantiers restreints. À la fin de cette période, la plupart des camps de bûcherons présentaient deux bâtiments : un pour dormir et l’autre pour cuisiner et manger (le cuisinier dormait dans ce bâtiment).

Au centre du chantier traditionnel, sous une Pour en lire plus

Introduction
Durant les années 1800 et le début des années 1900, les bûcherons travaillaient dur en milieu sauvage pour approvisionner le tout nouveau secteur des produits forestiers du Canada. L’industrie forestière, qui compte toujours parmi l’un des piliers économiques de notre pays, facilitait la construction de navires et de bâtiments, de même que le développement de nombreux autres produits. Un approvisionnement facilement accessible signifiait aussi que le Canada pouvait exporter de grandes quantités de bois d’oeuvre à l’étranger pour aider à reconstruire l’Europe suite aux guerres napoléoniennes.

Situés en milieu sauvage, les chantiers étaient au coeur de chaque camp de bûcherons. Chaque chantier rustique servait de logement, de salle à manger et de cuisine aux bûcherons. En règle générale, de septembre à mai, jusqu’à 100 bûcherons vivaient, dormaient et mangeait ensemble dans des chantiers restreints. À la fin de cette période, la plupart des camps de bûcherons présentaient deux bâtiments : un pour dormir et l’autre pour cuisiner et manger (le cuisinier dormait dans ce bâtiment).

Au centre du chantier traditionnel, sous une grande cheminée dans le toit, il y avait un foyer à ciel ouvert appelé cambuse. Ce foyer était ceinturé par un petit mur de rondins et rempli de sable sur lequel un feu brûlait continuellement. Plus tard, un poêle a remplacé le foyer, ce qui a permet de réduire la fumée dans le chantier.

Pour les bûcherons qui trimaient durs et avaient besoin d’être bien nourris, le cuisinier du camp était très important, et ses règlements, comme celui de ne pas parler durant les repas, étaient respectés. Lorsqu’ils en avaient l’occasion, les bûcherons choisissaient de travailler aux camps où les cuisiniers avaient la réputation de servir de bons repas!

Au début, il y avait peu de choix sur le menu des chantiers mais la nourriture était généralement chaude, nourrissante et abondante. Plus tard, la variété s’est accrue lorsque davantage de légumes et de fruits, ainsi que des produits supplémentaires comme le riz, le beurre et les raisins ont été introduits.

Activité :
Partie 1 : RECHERCHE SUR LES CAMPS DE BÛCHERONS

Avant de commencer ta recherche, lis les parties 2 et 3 ci-dessous pour mieux comprendre ce qu'il faut faire. Dès que tu comprends bien, commence à recueillir de l'information auprès de différentes sources pour en apprendre davantage sur le mode de vie et les habitudes alimentaires dans les camps de bûcherons.
1. Examine les cinq photos suivantes et prends des notes :
Photo 1 : Les hommes d’un camp Photo 2 : L’extérieur d’un camp de bûcherons
Photo 3 : L’intérieur d’un camp de bûcherons
Photo 4 : Le cuisinier du camp au foyer
Photo 5 : La salle à manger d’un camp de bûcherons

2. Écoute les clips audio suivants et prends des notes.
(Il convient de remarquer que les gens qui ont répondu aux questions au moment des enregistrements étaient âgés et sont décédés depuis. Leur façon de parler est parfois quelque peu différente de ce qu’on entend de nos jours. Sois respectueux s’il te plaît.)
Audio 1 : Hanna McGuey Hyland raconte à Rory MacKay la vie dans un camp
Audio 2 : Henry McGuey raconte à Rory MacKay la vie dans un chantier

3. Lis les extraits suivants :
Extrait 1 : provenant de Lumber Kings and Shantymen de David Lee
Extrait 2 : provenant de The Camboose Shanty de Charles Macnamara

Part 2 : PLAN D'UN CAMP DE BÛCHERONS
À l’aide d’une feuille de papier vierge, d’un crayon et d’une règle, dessine et identifie le plan d’un chantier représentatif. N’oublie pas les éléments suivants :
- l’entrée
- le foyer
- les cuisines et les réserves d’aliments
- les installations de nettoyage
- les bancs et les lits superposés
- les endroits destinés à l’affûtage des haches et au séchage des vêtements

Partie 3 : UNE JOURNÉE DANS LA VIE D'UN CUISINIER DE CAMP
1. Donne un bref aperçu d’une journée typique d’un cuisinier de camp de bûcherons en indiquant les heures approximatives, les aliments préparés et les tâches connexes. Tiens comptes des éléments suivants :
- À quelle heure le cuisinier doit-il se lever pour servir le déjeuner?
- Qui est chargé de surveiller le feu?
- À quelle heure les préparations du dîner devaient-elles être terminées?
- À quelle heure les hommes arrêtaient-ils de travailler?
- Quand le cuisinier cuisait-il le pain?
- Combien de temps prenait la cuisson des fèves?

2. En utilisation l’information ci-dessous, calcule quelle quantité de chaque type d’aliment serait nécessaire pour nourrir 105 hommes pendant une seule saison de coupe (de septembre à mai), si chaque homme consommait :
- 0,79 barils de porc salé
- 0,88 boisseaux de fèves
- 7,1 livres de thé
- 0,85 barils de farine
- 3,6 gallons de sirop de maïs ou de mélasse
- 5,7 livres de tabac

(L’information pour la question 2 provient de l’ouvrage Spirits of the Little Bonnechere (page 49). Roderick MacKay, Friends of Bonnechere Parks. Pembroke, Ontario, 1996.)


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Partie 2 : PLAN D'UN CAMP DE BÛCHERONS
Le plan d’un camp de bûcherons doit comporter les éléments suivants :
- des murs en rondins
- une petite porte
- une cambuse (foyer central à ciel ouvert ceinturé de rondins et rempli de sable)
- une pile de bois de chauffage
- des lits superposés le long des murs extérieurs (et des bancs devant sur lesquels s’asseoir pour manger)
- des lits superposés pour le cuisinier et l’aide-cuisinier
- une cuisine se composant d’une table de travail et de comptoirs; de barils d’eau avec drain vers l’extérieur; d’aliments conservés comme des barils de porc et des sacs de farine
- un endroit de lavage pour les soins personnels avec cuvette; baril d’eau et drain vers l’extérieur
- un endroit servant à l’affûtage des haches à l’aide d’une meule
- un bureau de commis et une armoire pour articles divers

Partie 3 : UNE JOURNÉE DANS LA VIE D'UN CUISINIER DE CAMP

1.
Pour en lire plus

Partie 2 : PLAN D'UN CAMP DE BÛCHERONS
Le plan d’un camp de bûcherons doit comporter les éléments suivants :
- des murs en rondins
- une petite porte
- une cambuse (foyer central à ciel ouvert ceinturé de rondins et rempli de sable)
- une pile de bois de chauffage
- des lits superposés le long des murs extérieurs (et des bancs devant sur lesquels s’asseoir pour manger)
- des lits superposés pour le cuisinier et l’aide-cuisinier
- une cuisine se composant d’une table de travail et de comptoirs; de barils d’eau avec drain vers l’extérieur; d’aliments conservés comme des barils de porc et des sacs de farine
- un endroit de lavage pour les soins personnels avec cuvette; baril d’eau et drain vers l’extérieur
- un endroit servant à l’affûtage des haches à l’aide d’une meule
- un bureau de commis et une armoire pour articles divers

Partie 3 : UNE JOURNÉE DANS LA VIE D'UN CUISINIER DE CAMP

1.
3 h à 4 h : le cuisinier se réveille

4 h à 5 h :
- il s’occupe du feu
- il sert le déjeuner chaud (fèves, pain et thé) aux bûcherons
- il prépare les dîners du groupe qui se compose de porc salé, de pain, de feuilles de thé séchées (le thé chaud était fait sur le terrain) et de sirop de maïs ou de mélasse s’il y en avait

17 h à 18 h
- il s’occupe du feu
- il cuit le pain, fait bouillir le porc salé, trempe les fèves pour le déjeuner du lendemain
- il range la cuisine
- il fait une sieste de mi-journée
- il prépare le souper qui se compose de pommes de terre et de boeuf bouillis, de pouding au riz ou de compote de pommes

18 h à 21 h
- il s’occupe du feu
- il sert le souper chaud
- il range la cuisine
- il met les fèves trempées au feu pour le déjeuner du lendemain

21 h : le cuisinier se couche

2.
En une saison (de septembre à mai), un camp de bûcherons comptant 105 hommes consommerait :
- 83 barils de porc salé
- 9,2 boisseaux de fèves
- 745,5 livres de thé
- 89,3 barils de farine
- 378 gallons de sirop de maïs ou de mélasse
- 598,5 livres de tabac


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Accomplir un dur labeur par temps froid nécessite un grand apport de calories pour donner de l’énergie. Les propriétaires de chantiers lésinaient rarement sur la quantité mais la nourriture offerte était ordinaire et monotone parce qu’il était dispendieux d’ajouter du piquant et de la variété au menu dans les régions éloignées. Au tout début, les hommes se contentaient pratiquement de porc salé, de biscuits de mer (biscuits pour le thé), de mélasse, de poisson séché et de thé. Vers les années 1850, les propriétaires ont apporté quelques améliorations alimentaires, notamment : du pain, cuit dans le sable du foyer, a remplacé les biscuits de mer; les fèves ont agrémenté la ration de porc; et les poudings au riz et raisins ont permis d’ajouter un dessert aux repas quotidiens. En dernier lieu, à la fin du siècle, la construction de chemins de fer a permis de transporter des denrées plus lourdes, volumineuses et périssables... À titre d’exemple, on pouvait dorénavant transporter le bœuf sur pied, ce qui permettait d’ajouter de la viande fraîche au menu des chantiers. Le beurre, le sucre, les pommes de terre pour les ragoûts, les pois pour les soupes et même des produits en conserves Pour en lire plus

Accomplir un dur labeur par temps froid nécessite un grand apport de calories pour donner de l’énergie. Les propriétaires de chantiers lésinaient rarement sur la quantité mais la nourriture offerte était ordinaire et monotone parce qu’il était dispendieux d’ajouter du piquant et de la variété au menu dans les régions éloignées. Au tout début, les hommes se contentaient pratiquement de porc salé, de biscuits de mer (biscuits pour le thé), de mélasse, de poisson séché et de thé. Vers les années 1850, les propriétaires ont apporté quelques améliorations alimentaires, notamment : du pain, cuit dans le sable du foyer, a remplacé les biscuits de mer; les fèves ont agrémenté la ration de porc; et les poudings au riz et raisins ont permis d’ajouter un dessert aux repas quotidiens. En dernier lieu, à la fin du siècle, la construction de chemins de fer a permis de transporter des denrées plus lourdes, volumineuses et périssables... À titre d’exemple, on pouvait dorénavant transporter le bœuf sur pied, ce qui permettait d’ajouter de la viande fraîche au menu des chantiers. Le beurre, le sucre, les pommes de terre pour les ragoûts, les pois pour les soupes et même des produits en conserves se sont ajoutés, à la grande satisfaction des travailleurs...

Deux produits essentiels – le thé et le porc salé – ont dominés les menus des chantiers dans la vallée de l’Outaouais pendant plus d’un siècle. Selon un voyageur, les travailleurs forestiers insistaient pour avoir un thé potable « assez fort pour qu’une hache puisse y flotter. » Un autre a décrit le thé que l’on trouvait dans les chantiers comme n’étant « pas l’eau de vaisselle que nous buvons [dans les villes]. Il s’agit, comme les médicaments brevetés, d’un extrait d’herbes chinoises doublement distillé à très forte concentration. Il s’agit en réalité d’une soupe au thé... Ce thé est alcalin et il a une saveur décidément cuivrée... Dans la vallée de l’Outaouais, il y a des milliers d’hommes qui boivent leur livre de thé par semaine, et plusieurs doublent cette quantité. »

Les hommes buvaient du thé plusieurs fois par jour, avec du sucre mais sans lait. Le thé représentait probablement la principale source de vitamine C de ces travailleurs, ce qui les sauvait des ravages du scorbut. De plus, puisqu’ils mangeaient habituellement leur dîner dans la forêt, le thé était important pour maintenir une quantité suffisante de liquide et de chaleur pour le corps par temps froid.

L’autre produit essentiel, le porc en baril conservé en saumure, représentait la principale source de protéines des bûcherons. Le porc était soit bouilli et servi directement ou cuit dans des ragoûts. Cependant, avant que les fèves soient introduites, peu de choses outre la farine et la graisse de porc étaient ajoutées aux ragoûts. Les hommes préféraient manger du porc frit mais les propriétaires de chantiers considéraient cette méthode ruineuse pour un aliment qu’il était si difficile de livrer en régions éloignées. En 1857, un certain nombre d’exploitants forestiers de la vallée de l’Outaouais ont déclaré conjointement qu’ils ne voulaient plus frire le porc dans leurs chantiers. Toutefois, l’interdiction a entraîné une forte opposition de la part des travailleurs et la politique a été assouplie pendant un certain temps. La question du porc frit a néanmoins été une source de litige pour le reste du siècle. Parfois, les travailleurs de la vallée recevaient du porc le dimanche.


© 2006, James Lorimer & Company Ltd. Tous droits réservés.

La cambuse type, qui accueillait de 50 à 60 hommes, était un bâtiment de rondins bas d’environ 35 pieds sur 40 et dont les murs latéraux mesuraient six pieds et les pignons environ 10 pieds au sommet... L’unique entrée au chantier était une porte assez petite à l’extrémité du bâtiment... Il y avait rarement des fenêtres... et même, la plupart du temps il n’y en avait pas du tout... La lumière et l’aération (en réalité, pas tant la lumière que beaucoup d’aération) provenaient d’un grand trou de 12 pieds carrés dans le toit, entouré d’une cheminée carrée. Cette ouverture permettait de sortir la fumée de la cambuse...

L’aménagement intérieur d’un chantier n’était pas toujours pareil mais ce qui suit était assez commun... À la droite de la porte en entrant, se trouvait une pile de bois de chauffage d’une hauteur de 4 pieds. Le garçon de peine, qui abattait beaucoup de besogne, devait fournir environ une corde de bois et demi aux 24 heures, de même que six gros rondis « de réserve ». Devant la porte, entre celle-ci et le foyer, se trouvait les meules, généralement deux, qui le soir venu étaient toujours utilisées pour affûter les haches... À la gauche de la porte se trou Pour en lire plus

La cambuse type, qui accueillait de 50 à 60 hommes, était un bâtiment de rondins bas d’environ 35 pieds sur 40 et dont les murs latéraux mesuraient six pieds et les pignons environ 10 pieds au sommet... L’unique entrée au chantier était une porte assez petite à l’extrémité du bâtiment... Il y avait rarement des fenêtres... et même, la plupart du temps il n’y en avait pas du tout... La lumière et l’aération (en réalité, pas tant la lumière que beaucoup d’aération) provenaient d’un grand trou de 12 pieds carrés dans le toit, entouré d’une cheminée carrée. Cette ouverture permettait de sortir la fumée de la cambuse...

L’aménagement intérieur d’un chantier n’était pas toujours pareil mais ce qui suit était assez commun... À la droite de la porte en entrant, se trouvait une pile de bois de chauffage d’une hauteur de 4 pieds. Le garçon de peine, qui abattait beaucoup de besogne, devait fournir environ une corde de bois et demi aux 24 heures, de même que six gros rondis « de réserve ». Devant la porte, entre celle-ci et le foyer, se trouvait les meules, généralement deux, qui le soir venu étaient toujours utilisées pour affûter les haches... À la gauche de la porte se trouvaient deux barils d’eau de lavage ainsi qu’un comptoir sur lequel se trouvaient deux cuvettes. Il y avait un drain dans les rondins pour vider l’eau sale. Il gelait souvent l’hiver et on devait y retirer la glace. À côté, dans le coin, se trouvait le baril d’eau destiné au cuisinier et le long du mur les tablettes réservées à la viande et autres, la table de travail du cuisinier et la tablette pour le pain. Plus loin sur ce côté, se trouvait le bureau du commis et à côté, l’armoire dans laquelle se trouvaient le tabac, les mocassins, les vêtements et les articles divers à vendre pour les travailleurs. Le côté droit du bâtiment était occupé par deux rangées de lits superposés, six ou sept dans chaque rangée, puis de l’autre côté, au point le plus éloigné de la porte, se trouvaient deux autres rangées de sept lits superposés dans lesquels les hommes dormaient, les pieds en direction du feu. En continuant le long du mur de gauche, avant d’arriver au bureau du commis, il y avait parfois quatre autres lits superposés et c’est là que le contremaître dormait. Son lit était souvent seul dans ce coin. Un banc de bille aplanie et appuyée sur des blocs se trouvait devant les lits superposés....

Et maintenant, parlons du foyer, le coeur du chantier... Il s’agissait d’un carré de rondins situé au milieu du bâtiment, mesurant 12 pieds de chaque côté, qui retenait environ un pied de terre et de sable sur lequel un feu pour chauffer et cuisiner brûlait jour et nuit. Quatre colonnes situées aux quatre coins s’élevaient jusqu’au plafond bas et sur l’une d’elle était fixée la crémaillère… le pivot ingénieux qui permettait de mettre les pots sur le feu. Une extrémité du foyer était séparée par un rondin pour créer un bac distinct rempli de sable. À cet endroit, connu sous le nom de bean poles en anglais, les fèves et le pain étaient cuits dans des marmites en fonte enfouies dans le sable chaud. La « pelle du cuisinier » utilisée pour enfouir les marmites avait un bout arrondi muni d’un culot dans lequel le cuisinier passait une longue poignée droite...

[Les cuisiniers vérifiaient la chaleur du sable en crachant dessus. Si le crachat émettait un sifflement, le sable était suffisamment chaud. Plus tard, lorsque les poêles à bois ont remplacé les feux à ciel ouvert, les cuisiniers vérifiaient la température à l’intérieur des fours en y mettant la main.]

La « cuisine » se composait d’environ quatre marmites de chantier, de grandes casseroles en fer de 10 ou 12 gallons munies de seaux et de couvercles d’étain, de sept ou huit marmites de cuisson, de « fours » en fonte de 14 à 16 pouces de diamètre et de 4 à 5 pouces de profondeur munis de couvercles et caissettes en fonte, d’un seau en étain de 5 gallons destiné au thé et d’un grand bac à laver la vaisselles. Parmi les autres éléments se trouvaient plusieurs paires de crochets à casseroles de différentes tailles pour manipuler les marmites et les casseroles. Ce qu’on aurait pu appeler les articles de table s’il y avait eu une table, ce qui n’était pas le cas, se composaient de tasses et plats en étain, et de cuillères à soupe. On ne fournissait ni couteau ni fourchette. Chaque homme amenait un petit couteau de boucher et une fourchette et les bûcherons les utilisaient avec soin et dextérité. Entre les repas, ils étaient accrochés au mur à côté du lit de camp de chaque travailleur.

Le soir, le feu fournissait la seule lumière... [et il] éclairait le chantier mieux que toute lampe aurait pu le faire. Il était aussi grand et chaleureux qu’un grand feu de camp, et il ne s’éteignait jamais... le cuisinier commençait sa journée entre trois et quatre heures du matin... À huit heures, la journée dans un chantier était déjà bien avancée. Tout le monde devait être à son poste [dans la forêt] à l’aube et plus il fallait aller loin, plus il fallait commencer tôt. Les bûcherons travaillaient jusqu’au coucher du soleil puis retournaient à pied vers le chantier, une marche qui représentait souvent plusieurs miles...

La cambuse est l’ancêtre de la cafétéria. Il n’y avait pas de table et tout le monde se servait. Prenant une tasse, un plat en étain et un morceau de pain des tablettes du cuisinier, les hommes prenaient la nourriture qu’ils voulaient des casseroles et marmites autour du feu puis ils s’asseyaient sur le banc avec une tasse pleine de thé à côté d’eux et une assiette toute aussi pleine sur leurs genoux. Ils mangeaient ensuite à l’aide de leur couteau de boucher. L’hospitalité était parfaite au chantier. La nourriture était toujours prête; personne n’insistait pour que vous mangiez et personne ne vous arrêtait. Vous pouviez manger tant que vous le vouliez à toute heure. Certains se levaient même la nuit pour une collation...

Avec un feu à ciel ouvert simple et quelques casseroles et marmites, il était surprenant de voir ce qu’un cuisinier de chantier chevronné réussissait à préparer. Tous ses plats étaient de bons exemples de cuisine simple et savoureuse et le pain cuit dans le sable était particulièrement bon. Il était dense mais à la fois léger et avait un goût de noisette délicieux. Les plus récents poêles modernes ne produisent rien de mieux, ni même d’équivalent...

Bien que la quantité des aliments était illimitée et leur qualité excellente, il y avait peu de variété... Le déjeuner était presque toujours le même, à savoir des fèves cuites, du pain et du thé, du thé vert; il n’y avait jamais de thé noir et de café. Certains hommes aimaient ajouter un peu de mélasse noire à leurs fèves...

Chaque groupe qui travaillait ensemble dans la forêt, les pareurs de billes, ceux qui déblayaient les routes et les débusqueurs, amenaient leur dîner dans un sac de coton. Il se composait simplement de porc bouilli salé, un met très lourd et gras, ainsi que de pain et de thé. Il était sage d’enfouir le sac dans la neige, à l’abri des grands corbeaux qui adoraient les ouvrir à l’aide de leur bec puissant et dévorer leur contenu... À midi, les hommes se réunissaient autour d’un feu de camp et faisaient chauffer leur thé. Il devait aussi parfois faire dégeler le pain en le tenant sur un bâton près des flammes. Le conducteur d’attelage donnait l’avoine à ses chevaux et les hommes mangeaient le porc gras et fumaient leur pipe un certain temps avant de retourner travailler. Cela semble frugal mais j’ai rarement apprécié autant un repas que ce pain et ce porc mangés à un feu de camp de bûcherons dans la forêt en hiver.

Le souper représentait le repas principal de la journée. Le plat principal était une marmite pleine de bœuf bouilli et une autre de pommes de terre bouillies. On pouvait aussi avoir du porc salé et du dessert, qui consistait en du riz bouilli avec des raisins et en une compote de pommes assaisonnée de cannelle... Il y avait toujours du pain à volonté et parfois du beurre très aromatisé. Le cipaille était un régal spécial le dimanche matin. Quelques marmites de cuisson étaient remplies de porc, de bœuf, de pain et de pâte avec beaucoup de gras puis enfouies dans le sable chaud pour la cuisson. Les vieux travailleurs de chantier se lèchent les doigts en pensant au cipaille. Un autre spécial du dimanche était les grillades : du porc coupé en lanières puis frits. C’était très bon mais aussi considéré comme une façon de cuisinier le porc qui entraînait du gaspillage... À l’occasion, on servait de la soupe aux pois; et s’il y avait de la poudre à pâte, le cuisinier faisait des énormes biscuits de la taille d’un plateau de thé. Ils étaient assez savoureux mais pas vraiment riches. Il y avait aussi généralement un baril de biscuits de mer qu’on pouvait manger avant que le cuisinier ait terminé la cuisson du pain ou en cas d’urgence et lors de voyages...

En règle générale, les hommes étaient satisfaits de leur vie et de leur travail et ils ne pensaient pas être particulièrement dans la misère. Ils se sentaient au chantier comme à la maison et profitaient de la liberté que cela leur apportait... Ils étaient contents d’être à l’écart du monde extérieur jusqu’à ce que les cours d’eau dégèlent au printemps et qu’il soit temps de préparer le gréage pour la drave.


© 1959 Ontario History: The Quarterly Journal of the Ontario Historical Society

Photo de bûcherons debout devant un chantier en hiver.

Bûcherons debout devant un chantier en hiver.

Charlton, John A.
vers 1900
CANADA
C-075264
© Bibliothèque et Archives Canada. Tous droits réservés.


Photo de l’extérieur d’un camp de bûcherons en hiver.

Un camp de bûcherons en hiver.

Charles Macnamara
vers 1900
CANADA
C 120-3-0-0-109, S 5154
© Archives publiques de l'Ontario. Tous droits réservés.


Photo des premiers bûcherons canadiens assis autour d’un foyer dans un camp.

Des bûcherons de la première heure assis autour d’un foyer à l’intérieur d’un camp.

W.H. Harmer
vers 1900
Ontario, CANADA
C-025718
© Bibliothèque at Archives Canada. Tous droits réservés.


Photo d’un cuisinier de camp s’occupant de marmites au-dessus d’un foyer.

Cuisinier de camp s’occupant de marmites au-dessus d’un foyer.

McLachlin Brothers
vers 1903
Ontario, CANADA
C 120-2, Acc. 2271
© Archives publiques de l'Ontario. Tous droits réservés.


Photo de cuisiniers debout à l’intérieur d’une cuisine et d’une salle à manger traditionnelles d’un camp de bûche

Cuisiniers debout à l’intérieur d’une cuisine et d’une salle à manger traditionnelles d’un camp de bûcherons.

inconnu
vers 1905
Ontario, CANADA
1026; Hist #134
© MNR Province de l’Ontario, ministère des Ressources naturelles. Tous droits réservés.


Henry McGuey raconte à Rory MacKay la vie dans un chantier

H : C’étaient toutes des baraques en bois rond, vous savez. Les hommes mangeaient et dormaient et tout dans une seule pièce. Dans ce temps-là, il n’y avait pas de poêle, il y avait des cambuses.
R : D’accord. Avez-vous déjà vu l’intérieur d’une de ces baraques?
H: Oh, oui.
R : À quoi ça ressemblait? Faisait-il bien noir à l’intérieur?
H : Il faisait noir. Oh oui, il faisait noir. Les lits étaient construits à même, au fond, sur toute la longueur du mur. Deux étages de lit et un banc devant pour s’asseoir. Chaque homme prenait son assiette, allait se servir dans la cambuse et revenait s’asseoir à son lit pour manger un repas consistant. Il n’y avait pas de tables, pas de chaises, rien du genre.
R : Je vois. Quel genre de lit était-ce? Y avait-il des matelas?
H : Non, quand j’étais petite, on mettait seulement de la broussaille, des branches d’épinette ou de sapin. Puis, ils ont commencé à récolter du foin des marais, c’était mieux que les broussailles, c’était plus doux. Mais je me rappelle, quand on a amené notre bétail. C’était seulement à quatre milles de chez nous, à peu près. Quand le chantier s’est déplacé et que tout le monde est parti, nous avons amené tout notre troupeau là-bas. Il est resté tout le printemps. Il restait beaucoup de foin, voyez-vous, dans les lits et tout, dans l’étable, partout. Ils avaient laissé plein de foin.

Hanna (McGuey) Hyland, Rory MacKay
vers 1900
Ontario, CANADA
© 1976, Friends of Algonquin Park. Tous droits réservés.


Henry McGuey raconte à Rory MacKay la vie dans un chantier

H : Il y avait une cambuse. On fait un feu dedans, en plein milieu. La cambuse est là et on fait un feu dedans comme dans un foyer, voyez-vous? Et il y avait un tuyau qui montait ici, voyez-vous, pour faire sortir la fumée.
R : Je vois.
H : Le feu était là et tout le monde s’installait autour pour faire sécher les vêtements. Oui, je les ai vus … je les ai vus, mais j’ai toujours été trop jeune pour travailler à l’époque où ça existait.
R : Pouvez-vous me donne une idée de l’atmosphère à l’intérieur? C’était bien éclairé ou …?
H : Ben, pour ça, c’est certainement très éclairé maintenant. En tout cas, c’était sûrement beaucoup plus éclairé qu’une cambuse sans feu. Car quand on l’allumait, ça faisait beaucoup de lumière dans la nuit.
R : Je vois.
H : Mais quand même … dans le temps, on n’avait rien d’autre que de l’huile de charbon.
R : Il y avait des courants d’air à l’intérieur?
H : Non. Ils avaient pensé à ça, il ne faut pas trop de courants d’air, vous savez. Ils voulaient un feu qui se consume lentement, pas un gros brasier. Ils avaient du bois franc, ils prenaient du bois franc, vous savez, du bois franc bien sec; ils le fumaient. Ça fait un feu qui dure et ça retient bien la chaleur. Mais n’oubliez pas qu’ils cuisinaient avec ça aussi. Ils faisaient des fèves au lard, du jambon. Ils laissaient le chaudron dans le sable brûlant toute la nuit et, le matin, il y avait de bonnes fèves au déjeuner. Oui monsieur, c’est ce qu’on faisait dans les cambuses. Bien carrée, la cambuse, assez grande, bien carrée, et il y avait un tuyau qui descendait ici, jusqu’au … qui montait jusqu’au toit. Et là-bas, là, il y avait un coude … ici, sur le côté. Vous savez, j’en ai vu plusieurs qui pliaient du fer sur le côté. Parfois, on battait du grain sur la machine. En fait, ces manteaux, accrochés là pour tirer toute la poussière. On les laisse suspendus autour de ce gros tuyau et le tuyau aspire la boue et la poussière. Tout sort par le tuyau, même les grains.
R : Je comprends.
H : Et si jamais le feu prend, il est aspiré lui aussi. Mais il n’y avait jamais d’étincelle à l’intérieur, juste beaucoup de chaleur. Ah, le camp était bien chaud et confortable.
R : Vous avez dit que les hommes se rassemblaient autour du feu pour faire sécher leurs vêtements. Avaient-ils un support quelconque pour accrocher leurs vêtements?
H: Ils avaient une série de poteaux.
R : Je vois.
H : Avec des crochets.
R : Quel genre de vêtements faisaient-ils sécher?
H : Ben … ils faisaient sécher … dans le temps, dans les camps de bûcherons, on portait seulement des pantalons en Mackinaw. Des gros pantalons en Mackinaw, des sous-vêtements épais, rien que des vêtements chauds. Il fallait être dehors à quatre heures du matin avec son attelage de chevaux et rester dehors des fois jusqu’à 9 heures du soir. Il fallait travailler fort pour gagner sa vie.

Henry McGuey, Rory MacKay
vers 1900
Ontario, CANADA
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Objectifs d'apprentissage

* faire preuve d’une compréhension de l’héritage alimentaire canadien
* déterminer la contribution des aliments culturels et régionaux dans le développement de l’héritage et de la culture alimentaires canadiens
* révéler une utilisation appropriée des méthodes de recherche en sciences sociales dans l’examen de questions associées à la nourriture
* organiser, interpréter et communiquer les résultats des questions à l’aide de différentes méthodes (par ex. des graphiques, des diagrammes, des présentations orales, des articles de presse, des présentations hypermédia et des vidéos)
* utiliser correctement la terminologie alimentaire et nutritionnelle (par ex. les éléments nutritifs, l’héritage alimentaire, les aliments du pays et les traditions alimentaires)


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