« Ce très beau système du soleil, des planètes et des comètes » ne doit pas être attribué à quelque « nécessité métaphysique aveugle », mais « ne peut venir que du conseil et de l’empire d’un Être intelligent et puissant » qui gouverne toute chose « non pas comme l’âme du monde, mais comme Seigneur de tout.»

Isaac Newton,
Philosophiae naturalis principia mathematica (Principes mathématiques de la philosophie naturelle)



Au siècle des Lumières, le christianisme et l’esprit de « fanatisme » que certains l’accusaient de susciter firent l’objet de nombreuses critiques pénétrantes. Des penseurs comme Voltaire et Diderot s’en sont pris avec virulence à la superstition et à l’irrationalité de certaines parties de la vision du monde chrétienne. Cet assaut dévastateur a fait apparaître une nouvelle image de Jésus comme Pédagogue du sens Pour en lire plus
« Ce très beau système du soleil, des planètes et des comètes » ne doit pas être attribué à quelque « nécessité métaphysique aveugle », mais « ne peut venir que du conseil et de l’empire d’un Être intelligent et puissant » qui gouverne toute chose « non pas comme l’âme du monde, mais comme Seigneur de tout.»

Isaac Newton,
Philosophiae naturalis principia mathematica (Principes mathématiques de la philosophie naturelle)



Au siècle des Lumières, le christianisme et l’esprit de « fanatisme » que certains l’accusaient de susciter firent l’objet de nombreuses critiques pénétrantes. Des penseurs comme Voltaire et Diderot s’en sont pris avec virulence à la superstition et à l’irrationalité de certaines parties de la vision du monde chrétienne. Cet assaut dévastateur a fait apparaître une nouvelle image de Jésus comme Pédagogue du sens commun. Pour un grand nombre de penseurs des Lumières, la beauté et la sagesse du message de Jésus n’étaient pas liées à ses origines surnaturelles mais à son universalité et à sa compatibilité avec la raison. Les philosophes ont disséqué le Nouveau Testament et ont longuement scruté les documents historiques en quête du « vrai Jésus », l’individu en chair et en os, dont les enseignements éminemment rationnels étaient perçus comme la sécrétion d’une personne extraordinairement sensible. Les enseignements de Jésus faisaient autorité non pas parce qu’ils avaient été proférés par le Messie, mais en raison de leur validité intrinsèque.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Sermon sur la montagne

Comme les Dix Commandements de Dieu reçus par Moïse sur le mont Sinaï, le Sermon sur la montagne de Jésus est une révélation intime d'une sagesse dont la profondeur laisse l'esprit humain perplexe.

The Provincial Museum of Alberta

Lithographie coloriée
PMA:J99.1961
© The Provincial Museum of Alberta


« … l’Esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas ni ne le reconnaît. Vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous ; et en vous il sera. »

Jn 14, 17

Compte tenu de leur importance primordiale pour l’évolution de la culture occidentale, il est étrangement approprié que Jésus et Socrate aient mené des vies semblables. Ils ont tous les deux vécu simplement, mais ont eu la réputation d’être d’excellents pédagogues sans avoir écrit quoi que ce soit. Ils ont tous deux été considérés comme des traîtres par les communautés politiques et religieuses de leur temps. Ils ont tous deux été exécutés. Pour certains penseurs des Lumières, ce parallélisme donne à penser que la Vérité n’était pas la propriété exclusive de la religion chrétienne, ni nécessairement le résultat d’une r Pour en lire plus
« … l’Esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas ni ne le reconnaît. Vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous ; et en vous il sera. »

Jn 14, 17

Compte tenu de leur importance primordiale pour l’évolution de la culture occidentale, il est étrangement approprié que Jésus et Socrate aient mené des vies semblables. Ils ont tous les deux vécu simplement, mais ont eu la réputation d’être d’excellents pédagogues sans avoir écrit quoi que ce soit. Ils ont tous deux été considérés comme des traîtres par les communautés politiques et religieuses de leur temps. Ils ont tous deux été exécutés. Pour certains penseurs des Lumières, ce parallélisme donne à penser que la Vérité n’était pas la propriété exclusive de la religion chrétienne, ni nécessairement le résultat d’une révélation divine. La philosophie de Socrate était aussi libératrice - voire aussi salvatrice - que la religion de Jésus. Les érudits ne s’entendaient pas sur ce point. Certains d’entre eux, comme Joseph Priestley ont soutenu que la pensée de Socrate était peut-être élaborée et très belle mais que les idées et la vie de Jésus étaient la concrétisation même de Dieu sur cette terre. Forts de cette idée, les intellectuels chrétiens ont souvent insisté sur le fait qu’ils étaient des étudiants de Socrate et des disciples de Jésus.

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Socrate

Jésus et Socrate ont tous deux été d'extraordinaires pédagogues enseignant une doctrine qui en vint à être considérée par beaucoup de gens comme la vérité universelle. Nombre de penseurs du siècle des Lumières étaient d'avis que l'esprit de vérité qui avait inspiré Jésus s'était déjà manifesté dans les opinions de Socrate.

The Provincial Museum of Alberta

PMA:J99.1836
© The Provincial Museum of Alberta


« … abstraire ce qui est réellement [de Jésus] du fatras dans lequel il est enfoui… et aussi séparable de ces scories que le diamant l’est du tas de fumier. »

Thomas Jefferson, Letter to William Short (Lettre à William Short)

La quête du Jésus historique au siècle des Lumières n’a pas été un phénomène exclusivement européen. En effet, un des personnages assez fameux qui a voulu trouver le Jésus « authentique » était nul autre que Thomas Jefferson, le troisième président des États-Unis. À l’instar de nombreux de ses contemporains, Jefferson croyait que la pureté cristalline de la vie et des doctrines de Jésus avait été contaminée par le fatras des évangélistes et des théologiens. Il a donc publié une version « purifiée » de la vie et des doctrines de Jésus à partir des récits évangéliques, dont il a supprimé tous Pour en lire plus
« … abstraire ce qui est réellement [de Jésus] du fatras dans lequel il est enfoui… et aussi séparable de ces scories que le diamant l’est du tas de fumier. »

Thomas Jefferson, Letter to William Short (Lettre à William Short)

La quête du Jésus historique au siècle des Lumières n’a pas été un phénomène exclusivement européen. En effet, un des personnages assez fameux qui a voulu trouver le Jésus « authentique » était nul autre que Thomas Jefferson, le troisième président des États-Unis. À l’instar de nombreux de ses contemporains, Jefferson croyait que la pureté cristalline de la vie et des doctrines de Jésus avait été contaminée par le fatras des évangélistes et des théologiens. Il a donc publié une version « purifiée » de la vie et des doctrines de Jésus à partir des récits évangéliques, dont il a supprimé tous les éléments plus ou moins miraculeux tels que la naissance virginale et la résurrection de Jésus, pour ne garder qu’une description spartiate de la vie de Jésus et de son exquis système moral. Cette façon de percevoir le Jésus authentique - qui selon Jefferson raffermirait la santé morale de l’Amérique - n’en était pas moins glorieuse du fait qu’elle avait été conçue par un homme. En fait, pour Jefferson, il était tout à fait possible qu’elle n’en fût que plus glorieuse.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Vie et morale de Jésus de Nazareth extraits textuellement des Évangiles en grec, latin, français et anglais

Jefferson a tenté de séparer les enseignements éthiques de Jésus des dogmes religieux, qui s'étaient greffés aux Évangiles, et des récits de miracles de Jésus.

Thomas Jefferson
extraits textuellement des Évangiles en grec, latin, français et anglais
vers 1816 - ?
PMA:J98.320
© The Provincial Museum of Alberta


« La Nature et ses lois se tapissaient dans la nuit, Dieu dit : ' Que Newton soit ' et tout fut illuminé. » [traduction]

Alexander Pope, Works of Alexander Pope (Œuvres d'Alexander Pope)

Comme il est courant dans les temps modernes de considérer que la science et la religion sont des modes de pensées très différents - voire opposés -, il est plutôt surprenant de constater qu'Isaac Newton, « père » de la science moderne, a écrit plus d'ouvrages théologiques que d'études scientifiques. Pour lui, comme pour un grand nombre de penseurs de son époque, la science ne contredisait pas la foi mais la complétait et l'enrichissait. Explorer la création de Dieu était une façon de se sensibiliser aux œuvres splendides de Dieu dont les pouvoirs créateurs illimités laissaient partout des traces évidentes bien que nulle part pleinement explicables. On exagère à peine en affirmant que Newton a mené ses recherches scientifiques dans les limites du mys Pour en lire plus
« La Nature et ses lois se tapissaient dans la nuit, Dieu dit : ' Que Newton soit ' et tout fut illuminé. » [traduction]

Alexander Pope, Works of Alexander Pope (Œuvres d'Alexander Pope)

Comme il est courant dans les temps modernes de considérer que la science et la religion sont des modes de pensées très différents - voire opposés -, il est plutôt surprenant de constater qu'Isaac Newton, « père » de la science moderne, a écrit plus d'ouvrages théologiques que d'études scientifiques. Pour lui, comme pour un grand nombre de penseurs de son époque, la science ne contredisait pas la foi mais la complétait et l'enrichissait. Explorer la création de Dieu était une façon de se sensibiliser aux œuvres splendides de Dieu dont les pouvoirs créateurs illimités laissaient partout des traces évidentes bien que nulle part pleinement explicables. On exagère à peine en affirmant que Newton a mené ses recherches scientifiques dans les limites du mystère de sa foi. Comme Jésus et le message chrétien illuminaient la vie de Newton, ainsi celui-ci a projeté une nouvelle lumière sur des côtés plus sombres de la compréhension humaine.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Sir Isaac Newton

Newton a soutenu que nous devions croire en un seul Dieu et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, qui partage la même puissance et gloire.

Sir Godfrey Kneller
Musée national du portrait
vers 1702
Huile sur toile
PMA:J99.1825
© Musée national du portrait


« Ce qu’il y a d’invisible depuis la création du monde se laisse voir à l’intelligence à travers ses œuvres, son éternelle puissance et sa divinité… »

Rm 1, 20

Ce serait une grave erreur de supposer que le mépris des biens matériels affiché par saint François impliquait un quelconque dédain à l’égard du monde matériel lui-même. Bien au contraire, la nature n’a peut-être jamais été aimée d’un amour aussi sincère et entier. Il prêchait aux oiseaux, et bénissait les poissons, les oiseaux et un lapin pris au piège et effrayé ; et il a la réputation d’avoir convaincu un loup de laisser la ville de Gubbio vivre en paix. Depuis des siècles, le christianisme cherchait à bannir de l’Europe la vénération de la nature et voici qu’avec François il trouvait une nouvelle approche du monde naturel perçu comme une collaboration au souffle de vie du Cr&ea Pour en lire plus
« Ce qu’il y a d’invisible depuis la création du monde se laisse voir à l’intelligence à travers ses œuvres, son éternelle puissance et sa divinité… »

Rm 1, 20

Ce serait une grave erreur de supposer que le mépris des biens matériels affiché par saint François impliquait un quelconque dédain à l’égard du monde matériel lui-même. Bien au contraire, la nature n’a peut-être jamais été aimée d’un amour aussi sincère et entier. Il prêchait aux oiseaux, et bénissait les poissons, les oiseaux et un lapin pris au piège et effrayé ; et il a la réputation d’avoir convaincu un loup de laisser la ville de Gubbio vivre en paix. Depuis des siècles, le christianisme cherchait à bannir de l’Europe la vénération de la nature et voici qu’avec François il trouvait une nouvelle approche du monde naturel perçu comme une collaboration au souffle de vie du Créateur. Pour saint François, toutes les créatures terrestres et toutes les forces vitales de la Nature étaient des frères et des sœurs, des manifestations de la même vitalité compatissante qui avait créé la nature humaine.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Saint François prêchant aux oiseaux

Saint François a aimé tous les êtres vivants en ce qu'il voyait des créatures de Dieu et particulièrement les oiseaux, les êtres les plus éthérés de la terre.

Giotto

Gravure
PMA: J99.1795
© The Provincial Museum of Alberta


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • décrire comment Jésus était perçu durant le siècle des Lumières ;
  • décrire Jésus, perçu par Thomas Jefferson et Sir Isaac Newton.

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