« … l’élément véritablement divin est la glorieuse clarté atteinte dans son âme par la grande idée qu’il venait exposer : que tout ce qui est fini demande une médiation supérieure pour être en accord avec la Divinité, et que pour l’homme, sous l’emprise du fini et du particulier, trop prêt à imaginer le divin lui-même sous cette forme, le salut ne se trouve que dans la Rédemption. »

Friedrich Schleiermacher, Discours sur la religion

Aux XVIIe et XIXe siècles, des artistes et des philosophes européens ont essayé de libérer Jésus de la prison rationnelle dans laquelle les penseurs du siècle des Lumières l’avaient enfermé. Les Romantiques ont vu en Jésus non un modèle de la raison, mais une image archétype de l’artiste - un être qui avait harmonieusement intégré toutes les dimensions de sa psyché et de son esprit au point d’avoir atteint le fonde Pour en lire plus
« … l’élément véritablement divin est la glorieuse clarté atteinte dans son âme par la grande idée qu’il venait exposer : que tout ce qui est fini demande une médiation supérieure pour être en accord avec la Divinité, et que pour l’homme, sous l’emprise du fini et du particulier, trop prêt à imaginer le divin lui-même sous cette forme, le salut ne se trouve que dans la Rédemption. »

Friedrich Schleiermacher, Discours sur la religion

Aux XVIIe et XIXe siècles, des artistes et des philosophes européens ont essayé de libérer Jésus de la prison rationnelle dans laquelle les penseurs du siècle des Lumières l’avaient enfermé. Les Romantiques ont vu en Jésus non un modèle de la raison, mais une image archétype de l’artiste - un être qui avait harmonieusement intégré toutes les dimensions de sa psyché et de son esprit au point d’avoir atteint le fondement de la réalité. Il était le lieu de la relation vitale entre l’homme et la nature, entre sujet et objet, entre l’esprit conscient et les intuitions inconscientes. Ce Jésus était la créativité transcendante qui unissait toutes les facettes de l’âme humaine, la muse qui inspirait poètes et peintres, l’élan artistique incarné.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Vision de la Croix

Le Christ a inspiré une foule de grands artistes dans le monde, notamment Dante Alighieri, qui a été envahi par une vision de la croix au cours de son fameux pèlerinage au travers du Royaume de Dieu.

Gustave Doré
La Vision du Purgatoire et du Paradis selon Dante Alighieri.
vers 1868
Gravure sur zinc
PMA: J98.330
© The Provincial Museum of Alberta


« Jésus et ses apôtres et disciples étaient tous des artistes… L'Ancien et le Nouveau Testament sont les grands Codes de l'art. L'art est l'arbre de la vie. DIEU est Jésus. La science est l'arbre de la mort. » [traduction]

William Blake, The Laocoon

Quand William Blake s'en est pris à la façon dont le siècle des Lumières avait compris Jésus, il l'a fait, comme pour tout le reste, avec une imagination et des excès rarement égalés. Dans L'Évangile éternel, il présente Jésus non comme un théoricien de la morale ou un philosophe prodigieux, mais comme l'incarnation du « poétique », comme un être d'une créativité suprême au-dessus de tout dogme rigide, de toute logique aride et même de toute moralité. Le Jésus qui jaillit de la poésie de Blake est foncièrement apocalyptique, image aux antipodes du Jésus éminemment rationnel des Lumières. Avec Blake, Jésus est plus qu'un simple penseur Pour en lire plus
« Jésus et ses apôtres et disciples étaient tous des artistes… L'Ancien et le Nouveau Testament sont les grands Codes de l'art. L'art est l'arbre de la vie. DIEU est Jésus. La science est l'arbre de la mort. » [traduction]

William Blake, The Laocoon

Quand William Blake s'en est pris à la façon dont le siècle des Lumières avait compris Jésus, il l'a fait, comme pour tout le reste, avec une imagination et des excès rarement égalés. Dans L'Évangile éternel, il présente Jésus non comme un théoricien de la morale ou un philosophe prodigieux, mais comme l'incarnation du « poétique », comme un être d'une créativité suprême au-dessus de tout dogme rigide, de toute logique aride et même de toute moralité. Le Jésus qui jaillit de la poésie de Blake est foncièrement apocalyptique, image aux antipodes du Jésus éminemment rationnel des Lumières. Avec Blake, Jésus est plus qu'un simple penseur ou moralisateur; il devient un symbole de l'être, du rapport vital et non dualiste entre la divinité et l'humanité.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Descente de la paix et Adoration de l'Enfant par la nature

L'illustration contorsionnée d'un poème de John Milton par Blake exprime bien le dynamisme et le lyrisme qui ont caractérisé les interprétations romantiques de Jésus.

William Blake
Whitworth Art Gallery

Dessin
PMA:J99.1841
© The Provincial Museum of Alberta


« … Marthe, la sœur du mort lui dit : « Seigneur, il sent déjà; c’est le quatrième jour… [Jésus] s’écria d’une voix forte : ’Lazare, viens dehors !’ Le mort sortit… »

Jn 11, 39 et 43-44
Alors que la véracité des récits de miracle n’avait pas été prise au sérieux par les penseurs du siècle des Lumières, le miraculeux était pour nombre d’artistes romantiques et postromantiques non seulement une possibilité mais une vérité d’une grande portée spirituelle et personnelle. Cette croyance dans le miraculeux trouve une expression très vigoureuse dans la fameuse scène de Crime et Châtiment de Dostoïevsky dans laquelle Sonia lit à Raskolnikov le récit de la résurrection de Lazare par Jésus. La scène a réellement quelque chose d’étrange : une courtisane qui lit un passage des Saintes Écritures à un meurtrier. Pourtant, cette sc& Pour en lire plus
« … Marthe, la sœur du mort lui dit : « Seigneur, il sent déjà; c’est le quatrième jour… [Jésus] s’écria d’une voix forte : ’Lazare, viens dehors !’ Le mort sortit… »

Jn 11, 39 et 43-44
Alors que la véracité des récits de miracle n’avait pas été prise au sérieux par les penseurs du siècle des Lumières, le miraculeux était pour nombre d’artistes romantiques et postromantiques non seulement une possibilité mais une vérité d’une grande portée spirituelle et personnelle. Cette croyance dans le miraculeux trouve une expression très vigoureuse dans la fameuse scène de Crime et Châtiment de Dostoïevsky dans laquelle Sonia lit à Raskolnikov le récit de la résurrection de Lazare par Jésus. La scène a réellement quelque chose d’étrange : une courtisane qui lit un passage des Saintes Écritures à un meurtrier. Pourtant, cette scène traduit, avec une intensité et une tension incroyables, le sens de la foi dans l’inexplicable. Par sa foi en la résurrection de Lazare, Raskolnikov arrive à comprendre qu’il est possible d’être purifié et de renaître, d’être réunifié à la terre qu’il a souillée au point de ne plus pouvoir en saisir le sens spirituel.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Résurrection de Lazare

Dans le roman de Dostoïevski, Crime et Châtiment, Raskolnikov est amené à se confesser et à se repentir par son identification mythique à Lazare, cet homme mort qui a été ressuscité par le Christ.

Martyn Pepyn
Collection Musée des beaux-arts de l'Ontario, Don de Joey et Toby Tanenbaum, 1995.
17e siècle
Huile sur panneau
N° d'acq. 95/149 PMA:J99.1631.
© Collection Musée des beaux-arts de l'Ontario


« … cherchez dans l’Esprit votre plénitude. Récitez entre vous des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur. »

Ep 5, 18-19

Jean-Sébastien Bach est depuis longtemps reconnu comme l’un des plus grands compositeurs de l’histoire. Cette constatation et le fait qu’il ait vécu plus d’un siècle après Luther expliquent peut-être que l’on ait si souvent oublié la grande influence de la Réforme sur son œuvre. Car la Réforme n’a pas eu pour seul effet d’inciter l’Église à se renouveler ; elle a eu aussi d’immenses répercussions sur la culture et les arts européens. La traduction de la Bible en allemand par Luther et sa foi en l’utilisation des arts pour louer Dieu ont inspiré une multitude d’hymnes en langue vernaculaire et mené à l’institution du choral luthérien. L’une des plus grandes réalisations de Bach a Pour en lire plus
« … cherchez dans l’Esprit votre plénitude. Récitez entre vous des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur. »

Ep 5, 18-19

Jean-Sébastien Bach est depuis longtemps reconnu comme l’un des plus grands compositeurs de l’histoire. Cette constatation et le fait qu’il ait vécu plus d’un siècle après Luther expliquent peut-être que l’on ait si souvent oublié la grande influence de la Réforme sur son œuvre. Car la Réforme n’a pas eu pour seul effet d’inciter l’Église à se renouveler ; elle a eu aussi d’immenses répercussions sur la culture et les arts européens. La traduction de la Bible en allemand par Luther et sa foi en l’utilisation des arts pour louer Dieu ont inspiré une multitude d’hymnes en langue vernaculaire et mené à l’institution du choral luthérien. L’une des plus grandes réalisations de Bach a été justement la puissante combinaison de ces deux éléments de la Réforme dans ses cantates, sa Passion selon saint Matthieu et sa Passion selon saint Jean. Pour certains, en évoquant avec une telle maîtrise les souffrances et la mort de Jésus, Bach a mérité le titre de cinquième évangéliste.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

La Passion selon Saint Matthieu

Pour Bach, la musique n'était qu'un instrument pour adorer Jésus, Miroir du Beau.

Jean-Sébastien Bach
vers 1729
PMA:J99.1840
© The Provincial Museum of Alberta


Jean-Sébastien Bach

Luthérien pratiquant, Bach a abandonné le poste prestigieux de Maître de chapelle du prince Léopold d'Anhalt-Cöthen pour devenir un simple chantre à la Thomasschule, à Leipzig, où sa principale occupation a consisté à composer des cantates pour les services célébrés le dimanche dans les églises de cette ville.

Inconnu

Gravure
PMA: J99.1827
© The Provincial Museum of Alberta


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • identifier et décrire Jésus durant la période Romantique ;
  • démontrer comment l’art de la période Romantique représentait Jésus en utilisant la littérature et la musique comme exemples.

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